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''Moon's Spell'' s'inspire du roman ''Salem'' de Sandra Triname. Les autres sources sont diverses et variées.
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En attendant les temps - April

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Isaiah Campbell

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☽Loup-Garou☾
Bêta du Centre



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MessageSujet: En attendant les temps - April Mer 19 Déc - 2:24




«En attendant les temps »


April & Isaiah








Une douleur atroce, continue et vive, rependue à travers son corps. Des entailles sur ses bras, sur son buste, au visage, cette sensation de malaise, ces nausées, cette impression d'être au bord de la mort. Rares furent les fois où Isaiah se sentit si mal et pourtant, il en avait connu des blessures, des guerres et des atrocités. Le siècle qui l'avait vu naître fut loin d'être le plus chaleureux, le plus doux, le plus calme ou le plus pacifique. Seule régnait la loi du plus fort, celle de la jungle, les bien-nés se pensaient supérieur, faisant parti de l'élite simplement parce qu'ils avaient été touchés par la providence. Après tout, qu'est-ce qui différenciait un enfant noble d'un enfant paysan, si ce n'était la chance ? Tout deux étaient fait de la même façon, sortis d'un endroit similaire. Les nantis, eux, sur les champs de batailles, étaient bien cachés, derrière plusieurs rangées d'archer, de cavalerie et d'infanterie. Les cul-terreux, eux, étaient au front, affublés d'équipement vétuste, usés et dont les armures avaient vu passé de nombreux possesseurs avant eux. Si les épées étaient affûtée, cela révélaient du miracle. C'est dans cette misère que le loup vécu ses premiers combats, frôlant la mort un nombre inimaginable de fois durant la seule guerre de cent ans. Nombre qui explosa au cours de ses vagabondages à travers les âges, mais il resta toujours debout, entier. Cette fois-là, c'était différent. En plus de la douleur et de ses entailles, c'était comme si, le sang dans ses veines était prêt à exploser, tant il semblait brûlant. Les rares moments conscients lui procurèrent un mal de crâne à se taper le front contre des murs, mais aussi une sensation particulièrement pénible d'avoir tous les orifices qui crachaient du sang, à commencer par la bouche et les yeux. Quelle terrible sensation.

Qu'avait-il bien pu se passer pour qu'Isaiah se retrouve dans pareil état ? Lui-même n'en était pas sûr. Tout ce dont il se souvint, par la suite, ce fut une altercation. Un petit groupe de loups, sans doutes des solitaires, qui se disaient heureux de l'avoir retrouvé, après toutes ses années. Qui étaient-ils ? Que voulaient-ils ? L'ancien n'en avait pas la moindre idée, du moins, avant de les voir dégainer leurs armes. Des poignard en argent et, à en croire l'odeur, ces dernières étaient recouvertes d'aconit, chose qui le mit de très mauvais poil. De sa longue vie, notre homme n'avait eu que peu de fois la chance de connaître les effets de ce poison et, à chaque fois, en très petite dose. Ces hommes-là, avec leurs armes, la dose serait nettement moins petite. Pourquoi lui voulaient-ils tant de mal ? L'un d'eux évoqua un nom, inconnu de la cible de leur haine. De ce qu'ils disaient, il l'avait tué de ses mains et ils réclamaient vengeance. L'étranger n'avait pas la moindre idée de quoi il était question. Les gens qu'il avait eu l'occasion de tuer au cours de sa vie étaient innombrables. Lorsqu'il se perdait à tenter, en vain, de se remémorer de toutes ses vies perdues, Isaiah était quelque fois pris de vertige. Ainsi, devoir retrouver un seul nom dans ce bordel était impossible. Sachant le raisonnement impossible, il frappa le premier, brisant les genoux puis la nuque du premier homme, dans le but de pouvoir se défendre et récupérer un arme. Malheureusement, le combat bien trop inégal tourna en sa défaveur, chaque coup le rendait plus faible encore et, même s'il finit par trancher la gorge du dernier survivant, le poison et les blessures eurent raison de lui, le faisant tomber, inconscient, dans un bien triste état au sol, dans une ruelle crasseuse, sous la pluie battante. Etait-ce là qu'il mourrait ? Après plus de six siècles passées sur Terre, à combattre durant les plus grand conflits de chaque ère ? En ayant côtoyé les grands de chaque époque ? Dans une ruelle sans nom, loin de tout, perdant la vie dans l'anonymat le plus total.

La fièvre lui fit voir et imaginer bon nombre de choses. Allongé dans ce lit qu'il ne connaissait pas, en ouvrant quelques fois les yeux, le loup ne put que se perdre dans les traits si délicat de ce visage penché sur lui, semblant avoir été sculpté par le plus habile des artistes, tant celui-ci ne pouvait avoir nul égal. Des yeux d'un bleu à se damner, à se noyer. Sans doutes était-ce son état, mais notre homme se crut, à plusieurs reprises arrivé au porte du paradis et qu'un être céleste, divin même, était venu pour le récupérer. Ange, Valkyrie, chérubin, sylphide, fée. Quelle que puisse être cette créature, elle ne pouvait décemment pas appartenir à notre pauvre monde crasseux. Mort, l'était-il ? Cette question et cette sensation indescriptible lui firent croire à cela, entre deux sommeils tous plus ou moins long, ne se réveillant que pour contempler ce visage, prenant même de temps à autre la parole, difficilement, en crachant du sang. « Un … Ange ... »  ou encore « Suis-je … A … Arrivé au … Bout du … Du tunnel ? ». L'Histoire seule retiendra le nombre des phrases hasardeuses envoyées envers cette silhouette aux allures enchanteresses qui semblaient s'occuper de lui. S'il n'était pas mort, qui pouvait-elle bien être ? A moins que … A moins que celle-ci soit en réalité la Grande Faucheuse, habilement déguisé sous la plus belle des formes dans le seul but de le berner et de le préparer au Grand Voyage ? Peut-être.

Isaiah n'aurait su dire combien de temps il était resté dans ce lit, mais cela lui sembla être une éternité, voire même une seconde. Retrouvant peu à peu ses esprits en se réveillant finalement dans l'obscurité, le loup tenta de faire jouer ses sens pour essayer de comprendre où il était et comment il en était arrivé. La douleur continuait à l'étreindre mais, à en touchant ses plaies, celles-ci semblaient commencer à guérir, l'effet du poison et de l'argent semblait commencer à se dissiper. Il n'était donc pas mort, et ne le serait pas en ce jour, du moins il l'espérait. Son odorat ne reconnaissait, ni ce lieu, ni l'odeur d'un des membres de sa meute. Où avait-il bien pu tomber ? Ce manque d'information le dérangeait terriblement mais, la pire des choses était cette odeur qui lui rappelait vaguement quelque chose. Un lointain souvenir, enfoui dans sa mémoire auquel il n'arrivait pas à accéder. Ses sens, encore bien trop affaiblis, ne discernèrent que très peu cette odeur vampirique, comme si, celle-ci n'appartenait qu'à une personne éloignée.

Pourtant, cette odeur finit par s'approcher, encore, encore, toujours plus près, jusqu'à ce qu'une porte ne s'ouvre, avant que la lumière ne fut, l'éblouissant un bref instant. Pourquoi un vampire l'aurait-il sauvé ? Une fois la vue retrouvée, cette odeur que ses narines avaient reconnues semblèrent tout à coup se rappeler, en voyant ce visage. Ce fameux visage qu'il perçut dans sa fièvre, n'ayant que peu perdu ces traits qu'il se plut à qualifier d'angélique. Cette femme, cette vampire, il la connaissait. Se relevant difficilement de sa position allongée, le loup toussa doucement avant de sourire à celle qui semblait être sa bienfaitrice. « Ainsi donc, ces yeux empreint d'une essence divine n'étaient pas que le fruit de mon imagination, me voilà rassuré. » Riant doucement et, surtout, maladivement, une nouvelle toux se montra, un peu plus sanglante cette fois. Doucement, le survivant récupéra un linge, posé sur sa table de nuit pour s'éponger, avant de boire un peu de l'eau présente à son côté. Enfin, l'attention se porta sur la belle, face à lui. « Nous nous connaissons, n'est-ce pas ? Vingt-cinq, ou trente années plus tôt à … San Diego ? A moins que cela ne soit à Sacramento ... » Ses sourcils se froncèrent tandis que son index ne vint gratter nerveusement sa barbe naissante quelques instants. Ne trouvant pas de réponse à sa question, un soupir s'échappa finalement de ses lèvres. « Je ne sais plus, ma mémoire n'est plus ce qu'elle était mais, je suis quasiment certain que c'était en Californie. Quant à votre nom ... » Une grimace, puis un petit rire. « J'ai bien peur que la seule chose dont je me souvienne soit le fait que ce soit un mois de l'année, mais mes souvenirs s'arrêtent là, je m'en excuse. Vous n'êtes pas une femme que l'on oublie, très chère. Vous ne semblez pas avoir bien changé depuis cette époque, si ce n'est … Disons, une nouvelle dentition. » Ponctuant ses mots par un petit sourire en coin, chaleureux et, quelques peu taquin, le regard d'Isaiah se porta finalement sur quelque chose qui lui semblait bien moins important ; le reste de la salle. Tentant de détailler le lieu qui semblait bien plus être un appartement qu'un hôpital, ou une clinique. « C'est à vous que je dois mon salut je suppose ? Il me faut donc vous remercier, cependant, j'ai bien peur que de simples mots ne suffisent à vous exprimer ma gratitude pour votre geste. Nul doute que je vous serai éternellement reconnaissant pour cela, gente dame. Cela dit, je me dois de vous demander quelque chose. Une question qui me brûle les lèvres, au vu de la situation. Je ... » Fronçant le nez nerveusement, avant de se gratter l'arrête de celui-ci, Isaiah resta silencieux, un bref instant, tentant de trouver la formulation la plus adéquate. « Bien que particulièrement heureux de me savoir vivant, je me demande bien pourquoi vous avez pris ce risque de me soigner. D'aucuns diraient que, de part nos … Différences, nous nous retrouvions ennemis. Mortels, même, selon les dire. N'est-ce pas là un pari risqué que de me ramener … Dans ce qui semble être votre demeure ? D'autant plus qu'il me semble que, du moins, de ce que e me souviens, mes ennemis étaient nombreux. J'aurais très bien pu en rater un, voire deux. Ne vous mettant que plus en danger de mort, la moindre morsure aurait pu vous conduire à une fin prématurée. Perte qui, aurait été une bien triste nouvelle pour notre monde. » Un petit rire doux et agréable, comme pour détendre l'atmosphère et le patient reprit en douceur. « Ne vous inquiétez cependant pas, nul mal ne vous sera fait. Je ferais un bien mauvais hôte, si c'était le cas et, il semblerait que mes promesses de remerciement ultérieurs n'aient été que mensonges et, je n'ai rien contre les vôtres. Pour ne rien vous cacher, j'ai même élevé, plus d'une fois, de jeunes vampires. Mais ... Je m'égare, encore. Veuillez m'excuser pour tout cela. »

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April Blackwood

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MessageSujet: Re: En attendant les temps - April Jeu 20 Déc - 15:37



En attendant les temps
Isaiah & April

Le hasard fait-il vraiment bien les choses ? On pourrait se poser la question. C’est après tout lui qui m’a conduit sur cette route, alors que je tourne en rond en voiture sous cette pluie battante depuis plus de dix minutes et évidemment il fallait que mon téléphone n’ait plus de batterie. Oui les vampires aussi peuvent avoir un manque cruel du sens de l’orientation, j’en suis la preuve même. Quoi qu’il en soit je ne me serais jamais retrouvée dans cette rue, à cette heure précise si je ne m’étais pas perdue. L’odeur du sang de loup brutalise mes narines par sa quantité, il ne m’est pas difficile de remonter jusqu’à la bataille qui a eu lieu. Je sais ce que vous vous dites, une femme seule qui suit des odeurs de sang ne peut qu’être suicidaire sauf que non, c’est simplement que je ne peux décemment pas abandonner un être en danger, si tant est qu’il y ait des survivants. Ou peut-être aussi est-ce un piège pour attirer les crédules comme moi mais je suis prête à prendre le risque.

Je descends de voiture et plaque une main contre ma bouche face au carnage qui se présente devant moi. Plusieurs cadavres de loups, des os brisés, une tête tranchée, des corps déchiquetés... Un véritable carnage. Si je n’étais pas habituée à la chaire et au sang j’aurais probablement vomi mon dîner face à une telle vision d’horreur mais mes fonctions de médecin me poussent à rechercher un pouls parmi tous ces cadavres et je finis par en trouver un encore vivant, agonisant certes, mais j’ai une chance de le sauver. Alors je m’approche de ce corps et ni la pluie ni la boue ne m’empêchent de reconnaître le visage qui se trouve devant moi, pourtant je ne l’ai vu qu’une seule fois mais je ne saurais oublier les traits d’une personne qui m’a apporté son aide. Ni même le nom.

- Isaiah...

Il faut que je le soigne et vite si je veux avoir une chance de le voir rouvrir les yeux. Isaiah est dans un bien mauvais état et je ne peux décemment l’abandonner à son sort. Je m’interrogerai plus tard sur le fait qu’il soit un loup. Ni une, ni deux, j’use de ma force vampirique pour le porter jusqu’à ma voiture et le glisser sur la banquette arrière avant d’appuyer sur l’accélérateur. Allez savoir pourquoi mais il semblerait que l’empressement me fasse divinement retrouver mon chemin et c’est tant mieux car chaque minute compte à présent. Je déboule dans mon appartement et dépose son corps dans le lit de la chambre d’ami avant de lui retirer veste et chemise. Isaiah est dans un très mauvais état, des entailles de partout, des morceaux d’une lame semblent être restés bloqués entre ses côtes mais ce qui m’inquiète le plus est le sang qui coule de ses orifices, signe d’un poison qui circule dans ses veines, ce qui explique le fait qu’il ne guérisse pas. Alors il ne me reste qu’une seule chose à faire, purifier son sang.

Je reviens peu de temps après dans la pièce avec le matériel nécessaire et voilà que j’enfonce un drain dans le bras droit du loup, le reliant à un saut dans lequel s’écoulera son sang. Son autre bras est relié au mien, de quoi faire glisser mon propre sang dans ses veines et tant pis si ça ne plaît pas au loup, je suis donneuse universelle et ce n’est pas comme s’il y avait d’autres personnes autour de nous. Mon sang lui aurait sans doute était plus bénéfique s’il avait été humain car de par nos natures du sang de vampire ne guérira pas miraculeusement un loup. Néanmoins c’est toujours mieux que rien. Pendant que le drainage est en train de se faire, j’attrape une pince et tente de trouver les morceaux de la lame qui sont restés dans l’une de ses plaies. La sensation désagréable pousse Isaiah à rouvrir les yeux et gigoter un peu et si j’aurais pu sourire au fait qu’il me compare à un ange, je suis bien trop concentrée sur son état de santé pour prendre en compte ses compliments.

- Vous n’êtes pas encore mort et je ne laisserai pas une telle chose se produire alors ne bougez pas et laissez-moi m’occuper de vous.

De toute façon il perd à nouveau bien assez vite connaissance, je ne suis même pas sûre qu’il ait entendu mes mots. Au moins il ne risque pas de s'agiter comme ça. Le labeur aura été long et épuisant mais lorsque j’en ai terminé, je suis au moins sûre qu’il n’est plus en danger de mort. Je retire les drains et me dis qu’il ne reste plus qu’à attendre que son corps guérisse de lui-même des plaies que je l’ai bien aidé à refermer. Une fois le plus gros du travail terminé, je m’applique à laver son corps de toute cette boue, ce sang et ces bactéries qui ne l’aideront pas à cicatriser plus vite, et puis quand on survit de peu à la mort, c’est quand même bien plus agréable de se réveiller propre. Alors oui, pas de vêtements sur lui hormis un pantalon d’hôpital bleu que j’avais à mon appartement, ses fringues font un tour dans le lave-linge, du moins pour ceux qui n’étaient pas complètement détruits. Une fois tout ça terminé c’est moi-même qui me dirige à la douche pour me laver de toutes ces traces rouge et marron, de toute façon il ne se réveillera pas avant un moment alors je pense pouvoir prendre ce petit temps pour moi. L’idéal aurait surtout été de me nourrir après avoir donné autant de sang mais comme je ne prends jamais de poches et que je n’ai pas de colocataire, je ne risque pas de me faire les dents sur quoi que ce soit, d’autant qu’il fait jour maintenant. Tant pis, un jour de jeun ne fait de mal à personne.

Lorsque je reviens dans la chambre vêtue d’un jean et d’un pull propre, Isaiah semble enfin s’être réveillé. Je m’approche de lui et pose ma main contre son front pour prendre sa température. La fièvre semble retomber, c’est au moins ça de rassurant. Devant ma présence le loup veut se redresser trop vite et son corps le lui fait payer avec une quinte de toux.

- Allez-y doucement, votre corps n’est pas encore remis du traumatisme qu’il a subi.

Mais Isaiah ne semble pas tellement s’inquiéter pour lui et cette fois je ne peux m’empêcher d’arborer un petit sourire face à ses mots. Je secoue doucement la tête et l’aide à boire ce verre d’eau avant de le reposer sur la table de chevet et alors que je m’apprête à lui demander comment il se sent, il me prend de court en me demandant si nous nous connaissons, cherchant à se souvenir la ville et même mon nom. Une fois de plus je souris à ses mots en même temps que je me penche vers lui pour vérifier l’état de ses plaies.

- Sacramento, c’est bien ça et mon nom est April Sullivan. Mais il semblerait que je ne sois pas la seule à avoir changé, du moins j’étais persuadée avoir à faire à un humain cette nuit-là.

Cela dit je n’ai aucun problème avec l’état de sa nature, je ne suis pas comme la plupart de mes congénères à détester les loups simplement parce que ce serait dans nos gênes ou que sais-je encore. Je n’ai jamais aimé la guerre et la violence et être vampire ne changera pas celle que je suis. Isaiah détail un peu mieux la pièce dans laquelle nous nous trouvons alors que je replace un nouveau bandage propre sur l’une de ses plaies. Il semble surprit que je l’ai ramené en ces lieux, dans mon propre appartement. Il parle sans réellement me laisser l’occasion de répondre et ça m’amuse assez parce qu’en général c’est plutôt moi qui parle trop et qui m’excuse ensuite. Alors lorsqu’il s’excuse, je place mon index contre ses lèvres pour le faire taire gentiment et me laisser m’exprimer.

- Je vous dois beaucoup Isaiah, vous ne vous en rappelez peut-être pas mais il y a vingt-six ans vous m’avez sauvé des griffes d’un homme rempli de mauvaises intentions. Vous m’avez aidé, vous m’avez rassuré et vous m’avez ramené. Personne n’en a jamais fait autant pour moi. J’aurais aimé qu’il me sauve aussi des griffes de cet homme que je pensais être bon, que je pensais aimer, mais c’est après tout ma faute de ne pas avoir vu avant ce qu’il était, qui il était. Et de toute façon en tant qu’infirmière je n’aurais pu vous laisser mourir là-bas, les loups ne sont pas mes ennemis et vous n’êtes pas le premier que je soigne. Peut-être que ça ne plaît pas à tout le monde mais c’est ainsi, ô grand jamais je n’abandonnerai une vie en danger. Je me rends compte que ma main traîne toujours sur son torse et la retire doucement, un peu gênée. Par contre il faudra m’excuser pour le fil... Ce qu’il ne semble pas avoir encore remarqué jusque-là. Je n’avais plus de couleur noire et en fait l’état d’urgence m’a fait attraper le premier rouleau que j’avais sous la main. Cela dit la couleur jaune vous va très bien ! Et puis mieux vaut du fil jaune qu’une plaie dégoulinante, non ? Je me redresse un peu et m’écarte du lit, sans trop oser croiser son regard, allez savoir pourquoi. J’ai plus de facilités à affronter un corps abîmé qu’un patient qui me dévisage. Vous avez faim ? Je n’ai rien dans mon frigo mais je peux vous commander quelque chose.

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Isaiah Campbell

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MessageSujet: Re: En attendant les temps - April Sam 22 Déc - 18:06




«En attendant les temps »


April & Isaiah








Rares étaient celles à pouvoir se vanter d'avoir pareil sourire. Doux, chaleureux, contagieux même. Sans doutes était-ce dû à ses traits fins, sans doutes aussi était-ce dû à ses yeux si particuliers, notre homme n'aurait su dire. Ce dont il était sûr, sur le moment, c'était que de sa longue vie, il n'avait vu que peu de gens capable de pareille prouesse. Une telle simplicité et pourtant, tant de splendeur. Si léger, si éphémère, tout ça grâce à des petits mots balancés maladroitement par le convalescent. Déclencher pareille merveille le mit en joie, un bref instant, alors même que la jeune femme tentait de l'aider à boire, à se relever et même en s'approchant bien près pour s'assurer de sa santé. Peu de choses, certes mais qui, avec la fatigue, le reste de fièvre et même ce reste de poison qui coulait encore probablement en lui, suffit à le rendre heureux. Sans doutes était-ce tout cela, aussi, qui le rendit si réceptif à ces charmes, qui lui semblaient même plus grands encore que lors de leur première rencontre. Sans doutes aussi que sa mémoire lui faisait de plus en plus défaut, au fur et à mesure que les décennies défilaient. Peut-être aussi que, le fait d'être devenue vampire jouait sur sa perception. A dire vrai, il n'en savait rien, ne s'en préoccupant de toute façons pas vraiment, se contentant de parler et de profiter de ce court moment de proximité. Aurait-il vu rêver meilleure infirmière ? Probablement pas. L'idée lui traversa d'ailleurs, un court moment, de l'originalité d'une telle profession avec sa nature. Combattre cette faim dévorante alors qu'on devait, en premier lieu, se concentrer sur la survie de ses patients, cela relevait du tour de force, ni plus, ni moins. En y repensant un moment de plus, le blessé y vit aussi une occasion rêvée de pouvoir profiter de poches de sang, avec facilité. Du moins, si l'on disposait d'un esprit rusé et roublard. Cette demoiselle – chose dont il se perdit même un court instant à espérer, d'ailleurs – semblait loin d'être bête et, avait très certainement du trouver un moyen pour se nourrir sans attirer l'attention. Après un bref échange, l'héroïne de notre histoire corrigea, délicatement, son interlocuteur, sur le lieu et son nom, pour finalement se montrer, quelques peu surprise, de sa condition de loup. Un long soupir s'échappa des lèvres d'Isaiah, à mi-chemin entre la déception et la honte. « April, April, April … Vous n'êtes pourtant pas une de ces femmes que l'on peut oublier. » Un petit sourire en coin, qu'il tenta de se faire charmeur, malgré la fatigue et la douleur sur son visage, qui, au final, ne ressemblait plus à grand chose. Pendant ce temps, l'infirmière s'occupait de replacer un bandage, comme il le fallait sur son torse, tout en laissant traîner sa main sur celui-ci, oubliant probablement de l'ôter, aspirée par la conversation. Geste qui, vous l'aurez imaginé, ne dérangea pas le moins du monde l'alité. « J'ai bien peur de toujours avoir été un loup. En plus de six siècles, on apprend à se fondre dans la masse et de ne prétendre qu'être un simple humain. Chose à laquelle vous avez certainement dû faire face, depuis, n'est-ce pas ? »

Sans doutes que, là aussi, la cause était la fatigue mais, notre ami semblait bien plus bavard qu'à son habitude. Pourtant si calme, et discret en temps normal, en ce moment, le français semblait inarrêtable. Peut-être aussi était-il heureux d'être en vie, tout simplement ? Ou bien était-ce à cause de ses retrouvailles improbables ? Ou encore, d'être en si bonne compagnie ? Lui-même n'aurait su dire. Une chose était certaine, cependant, c'est que la belle, qui avait toujours sa main délicatement posée sur son torse, trouva facilement la parade à ce flot continu de mots, en apposant avec douceur son index sur les lèvres de son hôte qui s'excusait. Profitant de ce silence inopiné, April tenta de lui rappeler ce qu'il avait fait, des années auparavant pour elle, glissant même le fait que jamais personne n'avait eu pareil geste pour elle. C'est avec un grand sourire que notre ami rebondit sur cette fin de phrase, sans réaliser ce qu'il racontait. « Me voilà particulièrement heureux de vous avoir tant marqué et d'être votre premier ... » Sur ses mots, l'homme eut un froncement de sourcil, avant de comprendre, enfin, le sous-entendu de sa phrase. Dépité, une main vint frotter son front, tandis qu'un soupir, empli de lassitude vint accompagner le tout. « Je m’excuse, sincèrement, de cette formulation. Il semblerait que je n'ai toujours pas récupéré mes pleines capacités. » N'osant regarder son interlocutrice dans les yeux, son regard se baissa sur cette main toujours posée sur son torse, ce qui, étrangement, lui redonna un semblant de contenance. « Pour répondre à ce que vous disiez plus tôt, je me souviens de notre rencontre, ainsi que de l'acte malheureux qui nous mena à celle-ci. Quant au reste, quel homme aurais-je été de ne pas me préoccuper de votre bien, après avoir corrigé ce fier-à-bras ? Vous sembliez terrorisée et surtout, choquée, par tout cela. Vous laisser ainsi ne vous aurait qu'exposer à bien d'autres dangers. Non, cela me semble être la plus naturelle des choses. Et puis ... » Un sourire malicieux se dessina petit à petit, au fur et à mesure que son regard remonta, le long de la vampire pour venir se planter dans l'incroyable bleu de ses yeux. « N'est-ce pas le fantasme de tout homme que de pouvoir secourir une demoiselle en détresse ? » Un petit rire, léger et chaleureux ponctua ses mots avant d’apposer une douce main sur l'épaule de celle qui l'avait sauvé. « Cela serait à refaire, avec dix fois plus d'hommes, que je le ferais. Cela me semble impensable que de passer à côté de pareille scène pour ne rien faire. Pour être tout à fait franc, gamin, je rêvais d'être chevalier mais … Je suis arrivé un peu trop tard, alors, autant agir avec des codes similaires, n'est-ce pas ? » Une idée farfelue qui, à une époque si lointaine que celle qui l'avait vu naître, pouvait paraître comme clichée, ou idiote. Même si l'honneur au combat fut un précepte rapidement abandonné par le loup, notre homme essayait, le plus possible, d'être un homme droit. Quelqu'un de parole, de bon et surtout, de prêt à mettre sa vie en jeu pour sauver la veuve et l'orphelin. Sans doutes n'était-ce là qu'un doux rêve, mais, ce fut-là un moteur important au cour de son interminable existence, que de vouloir aider les gens sur son chemin.

Bientôt, April énonça sa façon de voir les choses, quant à la relation entre les loups et les vampires, mais aussi le fait qu'elle n'abandonnerait jamais personne, sinon, à quoi bon être infirmière ? Une bien belle manière de penser. Sans aucun doute que le monde avait besoin de plus de gens comme elle. Dotée d'un si grand cœur, n'hésitant pas à mettre sa vie en péril pour sauver autrui, quitte à ce que les siens voient mal la chose. A dire vrai, lui-même n'avait jamais réellement compris cette tension entre ces deux races, alors que tout deux pouvaient fort bien vivre en harmonie en y travaillant un peu. A quoi bon se faire la guerre quand la paix était possible ? Ne disait-on pas que les guerres inutiles étaient le propre de l'Homme ? Nombreux étaient à se penser supérieur à l'humain, de part leur capacités et leur longévité, pourquoi diable ne pas essayer de démontrer cela sous tous les aspects ? Alors qu'Isaiah s'apprêtait à répondre quelque chose à tout cela, une certaine gêne s'installa sur ce doux visage face à lui, alors que son interlocutrice se rendait compte que sa main traînait encore sur le corps de son patient, pour finalement la retirer et parler d'autre chose. Essayait-elle de détourner la conversation pour qu'il ne s'attarde pas sur sa gêne visible ? Le loup trouvait la démarche adorable, mignonne même et, afin de ne pas mettre cette infirmière encore plus dans l’embarras, préféra jouer le jeu. « Nul besoin de s'inquiéter pour la couleur. Je préfère et, de loin, être en vie avec du jaune sur mes plaies, plutôt que mort. D'autant plus que d'ici peu, j'aurais fini par cicatriser et je pourrais les enlever, comme si rien ne s'était jamais passé. » Peut-être était-ce là une occasion, simple et facile de revoir la vampire, sans que cela paraisse suspect, ou pire, qu'il semble profiter de la situation.

C'est alors que la propriétaire des lieux, toujours aussi prévenante, finit par demander s'il avait faim. Malgré son frigo vide, il lui était possible de commander quelque chose. Intrigué, le regard su loup passa par les volets où il remarqua que le jour était déjà levé. Revenant à la question, une main vint tapoter doucement son estomac. « Je dois bien avouer avoir un peu faim, cependant j'ignore si je serais capable de beaucoup manger. Et vous que ... » Un nouveau soupir, accompagné d'un froncement de sourcil, dépité. « J'allais demander ce que vous préfériez manger mais, je suis presque certain que n'importe quelle nourriture doit avoir un goût fade pour vous désormais. Désolé. En y repensant … Depuis combien de temps vous occupez-vous de moi ? Avez-vous eu le temps de boire quelque chose ? En parlant de frigo vide, je suggère que vous n'avez pas de réserve, n'est-ce pas ? Peut-être que … » Se grattant la tête, en réfléchissant à une solution, Isaiah fronça successivement le nez, plusieurs fois, avant d'offrir ce qu'il avait en tête. « Peut-être que je devrais manger et vous offrir un peu du mien. L'on raconte que le goût est … Loin d'être délicieux, mais cela sera sans doutes mieux que rien, vous devez être épuisée et, probablement affamée aussi. Je suis désolé pour tout ça. »


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MessageSujet: Re: En attendant les temps - April Lun 24 Déc - 14:37



En attendant les temps
Isaiah & April

Isaiah semble honteux d’avoir oublié ainsi mon prénom mais ce n’est pas comme si j’allais lui en vouloir, je n’ai été que de passage dans sa vie et même s’il a marqué la mienne, je doute avoir marqué la sienne de la même façon. A mon avis je ne dois pas être la première femme qu’il ait secouru de la sorte et c’est tout à son honneur, ce monde a besoin de gens braves comme lui pour apporter un peu de lumière lorsque l’obscurité devient trop importante. Voilà pourquoi je m’exerce aussi à sauver des vies, peu importe l’espèce, j’estime que chaque vie est essentielle autrement pourquoi existerait-on ? Je ne comprendrais jamais ceux qui prônent la guerre et ne risque pas d’appartenir à un clan un jour ou l’autre. Je ne choisirai pas les vampires aux loups ou aux humains, il n’y a pas de race supérieure comme peuvent beaucoup le penser. Cela dit je ne peux m’empêcher d’ouvrir de grands yeux, impressionnée par son âge.

- Six siècles ? Fascinant, vous devez avoir vécu tant de choses passionnantes ! Plus d’une fois il m’est arrivé de penser que je n’étais pas née à la bonne époque, et si mes goûts musicaux vont vers les années 80, il y a bien des choses que j’aurais aimé découvrir des siècles plus loin. Peut-être qu’un jour vous pourriez me raconter quelques anecdotes ? J’adorerai en entendre. Quoi de mieux qu’un homme qui a vécu l’histoire pour raconter l’histoire, ce genre de témoignage est bien plus précieux que toutes les recherches que l’Homme pourrait être amené à faire. Et effectivement je comprends qu’il faille cacher ce que nous sommes, malheureusement tout le monde n’est pas ouvert d’esprit. Pourtant les choses seraient bien plus simples si toutes les espèces étaient capables de cohabiter en paix, mais ce n’est déjà pas le cas entre immortels alors je doute que les choses puissent être possibles en y ajoutant également les mortels. L’Homme aime bien trop faire la guerre pour cela.

Quoi qu’il en soit je comprends mieux le vocabulaire du loup qui m’avait intrigué à l’époque. Pas étonnant que son vocabulaire soit si soutenu et quelques fois un peu ancien s’il vient d’aussi loin. Je dois dire que je trouve cela tout à fait charmant. Lorsqu’Isaiah reprend la parole, je ne peux m’empêcher d’être un peu amusée à ses mots et sa manière de s’excuser d’une telle formulation. J’ai déjà vu des hommes draguer avec bien moins de tact que ça, cela dit je ne prétends pas qu’il me drague, ou peut-être est-ce le cas ? Je crois que je préfère ne rien savoir, sinon mon cerveau risque de s’emmêler et ça ne donne jamais rien de bon dans ces cas-là.

- Inutile de vous excuser, vous n’avez rien dit de mal.

Pas à mes yeux en tous cas, à vrai dire même si Isaiah semble un peu s’en vouloir, il y a bien longtemps que je n’ai pas croisé homme si courtois et bienveillant. Si par nos temps certains doutent qu’il puisse encore y avoir de bonnes personnes, Isaiah est la preuve que le bien ne compte pas disparaître de sitôt. Le fait qu’il se souvienne de moi me fait un peu rougir, j’aurais préféré que notre rencontre se fasse dans d’autres circonstances cela dit. Je n’oublierai jamais ce que le loup a fait pour moi cette nuit-là et jamais je n’aurais pu le laisser à son sort après un acte de bravoure pareille, mais à vrai dire même s’il n’avait jamais rien fait pour moi je n’aurais pas pu le laisser mourir de toute façon, ma conscience ne me l’aurait pas permis.

- Vous êtes un homme bien Isaiah, ce monde manque de personnes comme vous. Surtout à notre époque ou le mot guerre semble pendre à toutes les lèvres. Et je suis sûr que le casque, l’épée et la monture vous iriez à merveille, mais nul besoin de tous ces artifices pour faire de vous un brave chevalier, vous l’êtes déjà dans votre cœur. N’est-ce pas le plus important ?

A mes yeux ça l’est en tous cas. Isaiah est parfait tel qu’il est et pour rien au monde je ne souhaiterai qu’il soit différent. Ce n’est qu’après tous ces échanges que je me rends compte de ma main posée sur son torse et la retire, un peu gênée, le loup a la courtoisie de ne pas le relever. Je m’excuse au passage pour la couleur jaune qui orne sa peau en guise de fil de couture, mais comme il le dit, mieux vaut ça que d’être mort.

- Je préférerai que vous me laissiez les retirer, j’ai l’habitude et je pourrais vérifier votre état de santé par la même occasion. Les douleurs risquent de persister encore une journée à cause du poison, mais si elles continuent après ça c’est que j’ai manqué un morceau de lame restée dans l’une de vos plaies et dans ce cas il faudra venir me voir d’urgence.

Et j’espère qu’il prendra au sérieux son état de santé, il ne faut jamais plaisanter avec sa propre vie ni celle des autres d’ailleurs. Cela dit je ne pense pas avoir oublié de morceau mais l’erreur reste tout de même possible. En attendant, j’attrape l’ancien bandage et le jette à la poubelle tout en proposant à Isaiah de commander quelque chose à manger pour lui. Comme je le pensais son estomac réclame de la nourriture, ce qui est tout à fait normal, son corps a besoin d’énergie pour vite s’en remettre. Il semble vouloir me demander ce que je désire comme plat mais s’arrête lui-même, se souvenant que les vampires ne se nourrissent que de sang, même si nous pouvons aussi faire semblant de manger de la nourriture humaine pour paraître normal mais ce n’est plus aussi appétissant que lorsqu’on était humain. Isaiah semble sincèrement s’inquiéter à mon sujet, pourtant ce n’est pas moi qui suis allongée dans un lit, recouvert de coutures, de bandages et de bleus.

- C’est tout à votre honneur de vouloir faire don de votre sang mais actuellement vous en avez bien plus besoin que moi. Et avant qu’il ne puisse prétexter que sacrifier quelques gouttes ne lui fera pas de mal ou que sais-je encore, je pose ma main dans la sienne et le coupe avant même qu’il n’ait eu le temps de prendre la parole. Je vais bien, croyez-moi, et la seule chose qui compte à mes yeux est que mon patient aille bien également. Alors dites-moi plutôt ce qui vous ferait envie, qu’on puisse s’occuper un peu de votre appétit. Je souris en prononçant ces mots et il n’y a aucune arrière-pensée dans cette phrase, je dois être un peu trop innocente pour ne pas me rendre compte des phrases tendancieuses que je pourrais glisser sans même m’en rendre compte. Peut-être quelque chose avec de la viande ? Histoire de satisfaire aussi votre loup. Ensuite vous pourrez me parler un peu plus de vous une fois que la commande sera passée, je serais ravie d’en apprendre plus à votre sujet.

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Isaiah Campbell

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MessageSujet: Re: En attendant les temps - April Mer 2 Jan - 20:34




«En attendant les temps »


April & Isaiah








À en juger de ses grands yeux bleus, la jeune vampire semblait étonnée et surprise de l'âge de son interlocuteur. Il était vrai que lui-même n'avait croisé que peu de gens ayant un âge supérieur au sien, en y réfléchissant un petit peu plus, il lui était même rare de rencontrer quelqu'un ayant un âge similaire. Les temps par lesquels était passé le loup avaient vu tomber d’innombrables âmes, déchues par la folie de l'Homme. Toujours plus avide de conflits, de guerres, mais aussi de concepts religieux et supposé éthiques pour ne créer que toujours plus de désolation, n'entraînant dans son sillage que plus de morts. Combien de surnaturels avait-il vu se faire brûler durant l'inquisition ? Combien de sorcières avaient étés jugées coupables d'accointances avec le Malin durant cette interminable chasse ? Passer à travers les mailles du filet durant si longtemps relevait au final d'un certain exploit et, cela peut paraître bête, mais notre homme n'avait jamais réellement réfléchi à sa longévité jusqu'à lors. Du moins, pas réellement. Bien entendu, le français s'était déjà estimé chanceux, quelques fois, d'avoir vécu si vieux mais, en comparaison à l’espérance de vie de nombre de ses compagnons, il semblerait pour l'ancien d'avoir gagné tous les paris. Ainsi, les quelques mots de l'infirmière lui tirèrent un sourire, amusé, mais aussi touché. Touché de voir que l'idée de se revoir ne lui déplaisait pas, une bien bonne chose de son point de vue. Malgré ce sourire, Isaiah fronça légèrement les sourcils, afin de retrouver dans sa mémoire ce qu'il pouvait bien évoquer, mais le constat se fit bien plus sombre que prévu, chose qui lui tira un bien long soupir. « Pour être tout à fait franc avec vous, j'ai principalement connu les conflits et les guerres de l'Homme. Je suis né en plein dedans, durant cet interminable conflit, j'ai tout de même eu la chance de rencontrer Jeanne d'Arc. Même si cela remonte à loin, je dirais que c'est la personne qui m'a le plus marqué au cours de ma vie. » Un doux sourire nostalgique se dessina doucement sur son visage lorsqu'il commença à évoquer cette simple humaine, le laissant rêveur quelques instants. « J'ai aussi eu la chance de rencontrer des personnages de l'Histoire, tel Gandhi, Beethoven, Lincoln, Garibaldi ou encore Musahi Miyamoto, bien que j'ignore si ce nom puisse vous évoquer quoi que ce soit. Chacune de ses rencontres m'a fait grandir, dans un sens. J'ai vécu l'Histoire, j'ai vu des empires naître et choir. Mon existence fut plutôt bien remplie de ce côté-ci, je vous l'accorde. Dans tous les cas, je me ferais un plaisir d'évoquer mes souvenirs avec vous. Je me dois cependant de vous mettre en garde, je n'ai jamais été un conteur doué, il se peut que mes récits ne soient guère … Intéressants, ainsi racontés. » Un petit sourire en coin, pour ponctuer ses mots, à mi-chemin entre la déception et le dépit. Isaiah ne faisait pas parti de ceux que l'on pouvait qualifier de maladroit avec les mots, mais raconter un vécu, une histoire ou un livre lui était parfois difficile, chose qui le gêna d'ailleurs plus d'une fois.

L'échange continua doucement et, April semblait avoir une grande estime de son interlocuteur, à en voir la façon dont elle le rassurait sur sa maladresse orale. Elle se mit même à vanter son grand cœur, allant même jusqu'à évoquer un meilleur monde, où plus de gens seraient comme lui. De bien charmants compliments qui, en plus de lui aller droit au cœur, se virent sur son visage, les yeux emplis d'étoile, ainsi qu'un sourire radieux. Il était toujours bon d'entendre de si beaux compliments, mais venu d'une si belle femme … Oui, Isaiah fut toujours particulièrement sensible à ce genre de choses. Peut-être cela pouvait-être perçu comme un signe de faiblesse, mais cela avait toujours eu un don certain pour le rendre enjoué et, mieux encore, lui remonter le moral. Le coup d'estoc vint alors, avec la suite de ses mots, lorsqu'elle le compara à un réel chevalier et qu'il n'avait pas besoin de tout le costume pour en être un. Ces derniers mots lui tirèrent un rire, très léger, particulièrement heureux et béât. « Je suis touché, sincèrement, par tous ces compliments, dame April, j'ignore même quoi répondre à cet étalage de bonnes chose dites à mon sujet. J'ignore, si j'ai l’étoffe pour être affilié à cet ordre, mais si à vos yeux j'en suis digne, sans aucun doutes que je suis devenu le genre de personne que je voulais, je vous remercie. ». Heureux, oui, il l'était. Il ne lui en fallait peut-être pas beaucoup, certes, mais au travers de sa vie emplie de de violence, de guerres et conflits en tout genre, savoir qu'il pouvait encore être vu comme quelqu'un au si grand cœur avait quelque chose de bénéfique pour l'âme. Chose qui, pouvait bien entendue paraître idiote, lui qui tentait de faire le bien autour de lui, cela pouvait paraître insensé de penser ne pas renvoyer cette image. Sans doutes était-ce là son manque de confiance flagrant, dans de nombreux domaines, mais, dans tous les cas, se l'entendre dire le rendait particulièrement enjouée.

Malheureusement, la belle finit par se rendre compte de cette main posée sur son torse et ôta celle-ci, accompagnée d'une gêne particulièrement visible sur son visage, chose qui ne put qu'amuser le patient. C'était-là, principalement, le genre de contact qui ne lui déplaisait pas, bien au contraire. Cependant, à en voir la réaction de la jeune vampire, il était probablement mieux de ne pas en rajouter une couche. Pensée qui, tristement, se fit vite éclipser à cause des mots que son hôte prononça, peu de temps après. Comment ne pas sauter sur l'occasion, après tout ? « Je reviendrais, dans ce cas. Moi qui tentait désespérément de trouver un prétexte pour vous revoir, vous venez de me l'offrir en toute simplicité. » Un doux rire amusé et quelques peu taquin laissa planer un bref instant de répit dans sa réponse. « Je me dois de vous remercier de votre prévenance, mais je suis presque certain que vous avez fait-là un travail exemplaire. J'ai déjà eu l'occasion, plus d'une fois, de me retrouver avec de l'argent dans le corps, je pense être capable de différencier le malaise que cela provoque, de celui laissé par l'aconit. Rassurez-vous, je vais bien, grâce à vous. » Bien vite, l'échange se tourna vers la nourriture et, la proposition d'Isaiah pour offrir un peu de son sang à sa bienfaitrice, malgré le goût que cela aurait, ne semblait pas lui aller. Non pas que l'idée lui déplaise, mais par bonté d'âme, certaine que lui aurait bien plus besoin de son sang qu'elle. Bien entendu, l'idée de la contredire lui traversa l'esprit mais, la demoiselle sembla prédire la chose, posant sa main sur la sienne, chose qui le fit sourire béatement, afin de lui expliquer que ce qui comptait le plus sur le moment, c'est que ses patients aillent bien. Un jeûne d'une journée ne pourrait pas lui faire de mal après tout. C'est alors que vint cette demande, étrange. Le choix des mots et de la formulation l'étaient en tout cas, sous-entendant bien des choses, le tout accompagné par un sourire radieux, rassurant le loup sur le fait qu'elle ne le fit pas exprès. Malgré tout, la formulation l'amusa, malgré son âge avancé, le français pouvait parfois être un grand enfant. « Pardonnez-moi, sincèrement. C'est simplement que, ainsi proposé, nombreux auraient-été à s'imaginer des choses, surtout de jeunes loups. » Un grand sourire s'afficha sur ses lèvres avant de tapoter cette main, toujours emprisonnée dans la sienne. « Cela dit, votre proposition me convient. Un bon burger ne me ferait pas de mal, cela fait bien longtemps que je n'en ai pas avalé d'ailleurs. Quant à parler de moi, j'ignore si je serais capable de rendre la chose intéressante, mais cela sera avec grand plaisir, à condition que j'en découvre un peu plus sur vous, bien entendu. »


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MessageSujet: Re: En attendant les temps - April Lun 7 Jan - 19:13



En attendant les temps
Isaiah & April

Six siècles, j’ai encore du mal à m’imaginer tout ce qu’il a pu vivre tellement ça me paraît énorme, mais au moins il n’a pas dû avoir l’occasion de s’ennuyer, ça c’est sûr. En revanche je dois dire que ça m’attriste un peu lorsqu’il m’annonce avoir principalement connu les conflits et la guerre. Mon sourire enjoué se perd pour afficher une mine un peu plus désolée. Vivre autant de siècles est passionnant mais visiblement il doit toujours y avoir des contreparties et je n’ose imaginer les traumatismes qu’il a pu subir en traversant les guerres au fil des siècles. Mais je retrouve tout de même un peu de mon sourire lorsqu’il évoque ces quelques grands noms qu’il a eu l’opportunité de rencontrer. Jeanne d’Arc ? Ghandi ? Sérieusement ? Mes yeux brillent face à l’évocation de ces grands noms, tant de personnes importantes que le loup a eu l’occasion de rencontrer en personne, j’en serais presque jalouse si je n’étais pas aussi enjouée pour lui.

- Vous voulez rire ? Rien que d’entendre ces grands noms me met des étoiles plein les yeux alors je suis convaincue qu’écouter vos récits à leurs côtés serait tout à fait passionnant.

De toute façon il ne peut plus revenir en arrière maintenant qu’il m’a donné l’eau à la bouche. Je veux savoir ce qu’il a appris de toutes ces rencontres différentes et passionnantes, que ce soit de ce maître de la musique ou encore ce grand samouraï du Japon. A peu de choses près je me sentirais comme une enfant à qui on promet de raconter les meilleures histoires qui soient. J’ai toujours été un peu différente du commun des mortels, déjà petite je voulais qu’on me raconte l’histoire de notre monde plutôt que des celles inventées pour les enfants, il faut dire que mes parents ont toujours été de très bon conteurs, jamais ils ne m’ont ennuyé avec une de leurs histoires. Mais je préfère les chasser de mon esprit, songer à eux a me rend toujours un peu nostalgique et je ne tiens pas à l’être devant Isaiah.

Au lieu de ça je ne peux m’empêcher de trouver assez adorable que le loup ait toujours voulu être un chevalier servant et même si tout ça n’est plus tellement de notre temps, à mes yeux il n’a ni besoin d’armure ni de monture pour en être un. Isaiah m’a sauvé cette nuit-là sans jamais rien attendre de moi en retour et ce n’est pas tout le monde qui commet des actes de bravoure en étant totalement désintéressé. Malheureusement beaucoup trop de personnes sont égoïstes de nos jours et si cet état de pensée n’est pas des plus optimiste, il est pourtant vrai. Alors oui, heureusement qu’il reste encore des personnes comme lui dans notre monde. Je ne peux m’empêcher d’esquisser un sourire lorsqu’il m’appelle dame April, c’est une appellation dont j’aurais facilement pu me faire si nous étions à la bonne époque, s’en est presque dommage.

- Oui, à mes yeux vous en êtes digne, chevalier Isaiah.

Je lui adresse un sourire sincère mais bien assez vite je m’inquiète à nouveau de l’état de mon patient. Si son état de santé s’est stabilisé, un bon repas devrait davantage l’aider à se remettre sur pieds plus rapidement et à ce moment-là je pourrais le revoir pour lui retirer tous ces fils jaunes. Si j’insiste pour le faire moi-même, ce n’est pas pour le revoir torse-nu, ou peut-être un tout petit peu, en même il faut bien admettre que cet homme est vraiment bien bâti, mais je n’oserai penser de la sorte concernant l’un de mes patients, ce ne serait pas très correct et encore moins professionnel. Dois-je me sentir flattée que le loup admette à voix haute rechercher désespérément un prétexte pour me revoir ? Je le suis à vrai dire.

- Je prends les devants sur le prochain rendez-vous, mais ce sera à vous de prévoir le suivant.

Est-ce que je viens vraiment de prononcer ces mots à voix haute ? J’ouvre de grands yeux ronds. Bon sang April, que t’arrive-t-il ? Je fais mine de ranger du matériel pour pouvoir me détourner sans qu’on ne remarque trop mes joues qui rougissent. Tu perds la tête April, reprends-toi ! Si Isaiah me rassure sur son état et le fait qu’il sache reconnaître la différence entre la douleur provoquée par l’argent et celle provoquée par l’aconit, je relance à nouveau bien vite un sujet pour ne pas laisser de silence gênant régner entre nous. Manger, c’est bien, il doit avoir faim et il en a besoin pour se remettre vite. Ce n’est qu’à ce moment-là que j’ose reposer le regard sur lui et même ma main sur la sienne à vrai dire, pour l’empêcher de s’inquiéter à mon sujet et se concentrer sur son propre état de santé. J’aperçois alors le sourire amusé pendre aux lèvres du loup et je me demande ce que j’ai pu dire d’étrange cette fois. Visiblement mes formulations ne sont pas les meilleures ce soir et je finis par me rendre compte de ce qu’il veut dire. Est-ce qu’on peut mettre toute cette maladresse sur le compte de la fatigue ? Non parce que j’aurais bien besoin d’une bonne excuse en l’occurrence.

- Désolée, je ne m’en étais pas rendue compte...

Et je ne peux pas m’empêcher de me demander si je fais souvent ça ou s’il s’agit de la première fois. Je ne tiens pas trop à avoir des psychopathes sur le dos juste parce que mes paroles auraient pu laisser penser certaines choses, un seul fou dans ma vie m’a déjà amplement suffit. Et c’est lorsqu’il me propose de parler de moi en échange que mon regard se baisse et se fait un peu plus triste.

- Vous savez, ma vie n’a rien de très palpitante.

Je suis encore trop jeune dans ce monde d’immortels et j’ai perdu bien trop d’années auprès d’un homme qui ne me voulait que pour lui, tout ça pour finir par me cacher les années suivantes dans un laboratoire pour occuper mon esprit et me sentir en sécurité. Non vraiment, la seule chose qu’il y a de fascinant dans ma vie sont les recherches que je mène et il ne s’agit pas forcément de sujets qui intéressent tout le monde. Je finis par me redresser et retire doucement ma main de celle du loup en lui adressant un sourire rassurant.

- Le téléphone est dans la pièce d’à côté, je passe commande et je reviens vers vous. Ne malmenez pas votre corps en mon absence.

Et sur ces mots je m’éclipse dans la pièce d’à côté et attrape le téléphone. Ma voix se veut un peu tremblante lorsque je passe commande et je n’apprécie pas cette sensation. Pourquoi est-ce que je me sens vulnérable à chaque fois que je repense à lui ? Peut-être parce qu’il n’est pas mort... mais au fond je ne saurais souhaiter sa mort, même s’il le mériterait. Je ne reviens pas tout de suite vers la chambre d’ami où se trouve Isaiah et c’est peut-être mon absence qui l’a poussé à en sortir pour me rejoindre. Je le vois dans le couloir et fronce les sourcils.

- Je croyais vous avoir dit de ne pas malmener votre corps. Mais peut-être qu’il doit en avoir marre de rester allongé dans ce lit. Je m’approche car je tiens à être près si jamais il a besoin de mon aide ou que son corps décide de ne pas suivre son esprit. Vous devriez au moins vous asseoir, je ne tiens pas à vous voir vous écrouler dans mon salon.

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MessageSujet: Re: En attendant les temps - April Dim 13 Jan - 20:21




«En attendant les temps »


April & Isaiah








Il était à la fois agréable et surprenant de voir cette douce vampire énoncer tant de bonnes choses à son égard. Son côté chevaleresque, ou encore l'intérêt que pouvait avoir son vécu pour autrui. Cela pouvait sembler idiot, voire étrange, mais le loup n'y avait guère réfléchit jusqu'à maintenant. Sa longue existence ne semblait présenter que peu d'intérêt, même pour lui. Après tout, de son point de vue, il n'avait connu que la guerre, l'horreur et le sang. Il avait vu l'humanité avancer, encore et toujours, dans le même but, celui de tuer encore plus de monde. C'était comme si, toutes les avancées que les grandes têtes pensantes de différentes ères étaient toujours détournées pour faire les pires choses possibles. Lui avait vécu tout ça, voyant de ses propres yeux les pires armes, les pires sévices et les pires atrocités. Pourtant, n'ayant connu que cela, Isaiah avait toujours cherché plus de combats, plus de guerres, plus de sang. Seule la maîtrise de l'épée et des tactiques militaires l'intéressaient, passant à côté de bien des merveilles des époques traversées. Alors oui, pourquoi cette insipide existence aurait pu intéresser qui que ce soit ? Et pourtant, cette jeune femme semblait intriguée, passionnée par les quelques noms qu'il évoqua. Cet engouement le fit d'ailleurs doucement sourire, se sentant comme soudainement plus léger de voir qu'en fin de compte, il avait peut-être accompli des choses par lui-même. Des belles choses, qui méritaient d'être racontées. Notre ami ne fut jamais quelqu'un de particulièrement confiant, du moins lorsque cela ne touchait pas les arts de la guerre. Un peu trop pessimiste, défaitiste et parfois avec une petite tendance à la dépression, l'idée qu'on lui montre pareil intérêt ne l'effleura que trop peu au cours de son existence. Ainsi, lorsque quelques instants plus tard, la belle évoqua deux rendez-vous, son visage s'illumina, souriant de la plus idiote des manières, charmé, ravi, surpris et surtout, attendri par la réaction de celle qui lui avait sauvé la vie qui, après s'être surprise elle-même par cette pseudo-proposition, se retourna, comme pour éviter de croiser son regard. Alors qu'elle faisait sembler de s'affairer à un peu de rangement, le convalescent put prendre un petit instant pour retrouver un peu de consistance, avant de se laisser aller à un ton particulièrement enjoué. « Quel chanceux fais-je. Alors que je ne m'imaginais pas avoir le moindre petit espoir, je me retrouve à avoir deux tentatives pour capter votre attention. J'ose espérer que je m'en montrerais digne. Je gage que la tentative de meurtre doit y être pour quelque chose mais, je ferais tout mon possible pour avoir droit à une troisième tête à tête. Peut-être que je pourrais évoquer les personnalités que j'ai eu la chance de rencontrer, afin de retrouver ces étoiles dans vos yeux. Oui, cela me semble être une plutôt bonne idée. »

Bien vite, la formulation de la jeune vampire ne put que tirer un petit sourire en coin Isaiah, en allant jusqu'à la taquiner doucement sur la chose, ce qui sembla la mettre à l'aise, faisant regretter au loup ses quelques mots, qui se voulaient bien loin de ce genre de réaction. Une petite grimace remplaça rapidement le sourire taquin, avant que sa main ne vienne tapoter celle de l'infirmière. « Allons, nul besoin de s'excuser pour une si petite chose. Je n'ai malheureusement pas la chance de vous connaître vraiment, mais je suis certain que vous ne pensiez pas à ce genre de choses, même si cela m'a amusé. C'est à moi de m'excuser, il me semble. » Un doux sourire chaleureux, alors que, machinalement, Isaiah caressa cette douce et froide main, prisonnière de sa poigne, sans vraiment se rendre compte de la profondeur du geste. Notre homme fut tenté d'évoquer la dangerosité de pareils mots, que nombreux auraient étés à prendre la chose pour une invitation, avant de laisser agir leur instinct bestial, mais l'ancien se retint. Nul besoin d'en rajouter, tant la belle semblait déjà mal à l'aise. Nul doutes, aussi, que cette jeune femme était maline et qu'elle y penserait toute seule, alors à quoi bon évoquer tout haut ce qui pourrait être ressenti comme un sermon ?

La suite de la conversation le rassura quant à son choix. Cela aurait été une très mauvaise idée d'en rajouter. La réaction qu'April eut lorsqu'il évoqua son envie d'en découvrir plus sur elle, faillit lui retourner le cœur, l'estomac et l'esprit, tant la tristesse et le malaise l'étreignirent en voyant ses yeux s'assombrir et se baisser. Il était probable que ces mots lui avaient rappelés de bien sombres événements. Peut-être était-ce lié à sa nouvelle nature, le loup n'en savait rien mais cette situation le mit au plus mal. Elle qui venait de lui sauver la vie, n'était-ce pas le plus terrible des remerciements que de la plonger dans un tel état ? Dans tous les cas, l'hôte fit s'échapper sa main de son emprise, après avoir évoqué le manque d'intérêt de sa vie, pour ensuite parler du coup de fil à passer pour passer commande, tout en lui interdisant de malmener son corps. Chose qu'il ne fit bien sûr pas. Rongé par le remord d'avoir touché le point sensible de la vampire, Isaiah se glissa hors du lit, toussota légèrement et avança difficilement, en se tenant au mur. Arrivant finalement près de la belle, il surprit un bout de conversation, ne pouvant que remarquer cette voix tremblotante qui lui mit un nouveau coup au cœur. Une fois le combiné raccroché, April se retourna pour remarquer cette présence et sermonna son patient, les yeux froncés, de ne pas l'avoir écouté, pour finalement lui demander d'au moins s'asseoir. Cela le fit d'ailleurs doucement rire, alors qu'il porta sa main sur son épaule. « Voilà, ainsi, je ne tomberais pas sur votre plancher, rassurez-vous. Je voulais juste ... » Fixant son doux regard, créant ainsi un lourd et pensant silence, Isaiah laissa s'échapper un long soupir, pour finalement reprendre, une mine étrange, à mi-chemin entre le malaise, le regret et la tristesse. « Je tenais à m'excuser. J'ignore l'image que vous avez eue mais, je suis certain de vous avoir rappelé de bien sombres souvenirs. Soyez sans crainte, je ne vous demanderai pas d'en parler, je crois bien en avoir assez fait. Cependant ... » Son air empli de tristesse se mua doucement en un charmant sourire, avant que son autre main ne vienne doucement se glisser sur son avant-bras. « Votre vie est bien plus intéressante que nombre de personnes que 'ai pu connaître. Vous sauvez des vies. Mieux encore, vous prenez des risques pour sauver celle d'un loup, bien que notre nature respective devrait vous pousser à la méfiance, voire à l'animosité. Nul doutes que cela va à l'encontre de ce que certaines personnes de votre entourage pourraient vouloir. En cela, vous êtes bien plus remarquables que tous ces gens qui se contentent d'attendre que les choses passent, sans rien faire. Puis, je me dois d'être franc, ma question ciblait surtout vos goûts, qui sait ? Peut-être avons nous des amours communs, que ce soit en littérature, en musique, en danse ou en films et séries. Et puis, cela me donnera peut-être des idées pour ma seconde chance. » Un petit rire doux et enjoué, avant que ses mains ne se retirent d'April, pour venir attraper une chaise, non loin d'eux, se voulant respecter les directives de son infirmière.

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