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''Moon's Spell'' s'inspire du roman ''Salem'' de Sandra Triname. Les autres sources sont diverses et variées.
Redécouvrez certaines races avec des manières de jeux exclusives qui pourront vous ravir. ''Moon's Spell'' cherche plusieurs
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This suffering never disappears

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Mary Thellier

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☽Loup-Garou☾
Meute du Sud



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¤ MEMBRE DEPUIS LE : 26/09/2018


MessageSujet: This suffering never disappears Mar 2 Oct - 7:41

Joanne & Mary ~ 15 Septembre 2018

Depuis quelques mois, l’atmosphère dans la meute était plutôt froide. L’origine était maintenant connue de tous. La chamane de la meute, Joanne Moore, avait enfin retrouvé son fiancé, du moins ce qu’il en restait. Le pauvre avait, semblait-il, été assassiné. C’était la déduction que Mary avait tiré des quelques paroles que Jack avait prononcé à ce sujet. Lorsqu’il avait accompagné la sorcière pour identifier le corps, tous les loups avaient ressenti cette atmosphère pesante, ce poids au fond de leurs entrailles. Sans savoir à quel point elle visait juste, la brune avait eu l’impression de connaître cette émotion, ce ressenti si écoeurant et éprouvant qui pouvait faire naître jusqu’à l’envie de disparaître chez un être. Toute la meute avait été affecté et continuait encore de l’être. Il est vrai que le lien entre un alpha et sa chamane était particulier. Et comme l’alpha était lié à tous les membres de la meute, cela avait eu un impact sur tous. Une telle douleur, un fait aussi horrible, ne pouvait être surmonté aisément. Seul le temps pouvait estomper la souffrance ou tout du moins en donner l'impression.

Une fois que Jack leur avait expliqué succinctement le problème, la jeune femme s’était réellement sentie mal. Ses vieux démons étaient réapparus et elle avait pris de la distance, encore plus que d’habitude, pour prendre le temps de balayer tout cela. Il lui était nécessaire de se recentrer pour ne pas plonger de nouveau dans sa souffrance et sa douleur marquées par l'absence de son époux. Elle était relativement bien placée pour comprendre la peine, la colère, le désespoir que devait ressentir Joanne suite à cette épreuve. C'est aussi la raison qui lui permettait d'être si compréhensive par rapport à l'absence de la chamane. Les loups nés loups connaissaient peu la perte d'un être cher, côtoyant majoritairement voir exclusivement leurs semblables. C'est aussi pour cela que les loups mordus étaient mal vus. Ils avaient les faiblesses des hommes comme certains disaient donc la peur de mourir ou de voir mourir l'autre. Mary mettait plutôt ça sur le compte de l'émotionnel qui était propre à chacun en fonction de son caractère.

Neko était restée silencieuse pendant un temps après cet événement. Elle n'avait pas vécu avec Mary ce fait qu'elle ressassait depuis que la sorcière avait connu le même destin. La louve avait donc préféré laisser la brune se dépatouiller comme elle voulait, la bourrant un coup de temps en temps pour qu'elle poursuive dans la bonne direction. Mais après ces quelques mois, Joanne se faisait toujours aussi absente. Jack n'en parlait pas à la meute. Le connaissant, Mary se doutait qu'il prenait ses nouvelles régulièrement mais était-ce suffisant ? Rien n'était moins sûr…

Étant donné que c'était samedi, premier jour du week-end, la jeune femme avait du temps devant elle et en profita pour faire des courses. Elle avait une envie de cuisiner qui ne l'avait pas prise depuis un long moment. Dans la petite épicerie, elle en profita pour faire le plein de courses mais également pour acheter de quoi faire un bon ragoût d'agneau et une tarte au citron meringuée. Mary cuisinait des choses relativement basiques pour elle seule. Elle avait perdu l'habitude de faire ses bons petits plats au quotidien à la mort de Joachim. Il lui était arrivé de cuisiner pour Jack aussi mais de manière ponctuelle uniquement.

De retour de ses courses, la louve se mit au travail rapidement. Le ragoût avait un temps de cuisson d'au minimum quatre heures. Découper la viande en dès après l’avoir désossée, couper tous les légumes en fines lanières, faire chauffer la base de la sauce et tout mélanger afin de mettre à mijoter à petits feux : Mary eut fini après une heure et demie tout cela. Elle pouvait maintenant passer à la tarte tout en remuant son ragoût régulièrement. Cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas fait ces recettes mais tout comme le vélo, cuisiner ne s’oubliait pas. Une fois la tarte fin prête, il ne restait plus que le coup de chalumeau qu'elle donnerait au dernier moment.

Quel prétexte allait-elle pouvoir inventer pour s'incruster chez la chamane ? Le but était de vérifier qu'elle arrivait à remonter la pente à son rythme. Même si elles se connaissaient, elles n'étaient pas des amies proches pour autant. Il fallait dire ce qui était, Mary avait de toute manière peu d'amis. D'un autre côté, avait elle vraiment besoin d'un prétexte pour rendre visite à Joanne ? Après tout, dans le pire des cas elle aurait juste l'air ridicule mais jusqu'à présent, personne n'était mort d'une overdose de ridicule. C'est ainsi qu'elle flamba sa tarte, mit un peu de ragoût dans un Tupperware et prit sa voiture en direction de l'appartement de Joanne. Une fois arrivée devant l'entrée de sa charmante maison, la louve flaira la présence de la sorcière et hésita un instant avant de frapper à la porte. Elle attendit patiemment que l'on vienne lui ouvrir réfléchissant à la meilleure façon de la saluer. Le soucis c'est qu'elle ne pensait pas la voir à l'état de zombie. Avait-elle était comme ça elle aussi à cette époque ?

Bonjour Joanne. J'espère que je ne te dérange pas, j'avais besoin de te parler.

Mary s’était retenue de dire “Wahou tu ressembles à un zombie”. Mais elle n’en pensait pas moins. Le souvenir d’elle au moment le plus critique de sa vie lui revint en tête et n’était pas si loin que ça de l’état actuel de la chamane. Cependant, il allait falloir qu’elle trouve quelque chose à quoi se raccrocher rapidement si ça n’était pas déjà fait. Pénétrant chez la jeune sorcière, la louve constata que les lieux semblaient être à l’image de leur habitant : simple, coquet et chaleureux. Elle tendit la tarte à son hôte lui adressant un petit sourire.

Etant donné que j’avais quelque chose à te demander, je trouvais qu’il était mal venu de te rendre visite les mains vides. Je voulais savoir si tu aurais des herbes à prendre en infusion par exemple pour tout ce qui est stress, angoisse, tristesse.

Cela pourrait convenir à Joanne mais la jeune femme pensait à Cassiopée en faisant sa demande. Contrairement à cette dernière, elle ne pouvait pas imposer une conversation du même acabit à sa chamane. Elles ne se connaissaient pas assez, Mary n’avait aucune idée de si elle allait réussir à prendre la température avec la sorcière. Mais n’étant pas à Londres depuis bien longtemps, la louve se doutait qu’elle n’avait pas forcément beaucoup de connaissances et encore moins d’amis proches permettant ce genre de conversation. Elle voulait lui ouvrir une porte, lui donnait l’occasion de potentiellement extérioriser.
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Joanne M. Moore

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☽Chamane☾
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• Son Animal totem est un Hibou nommé Isha. • Son prénom indien est Ashaisha. • Elle est originaire du Canada. • Chamane de la Meute du Sud ; Chamane par intérim de la Meute du Centre. •


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MessageSujet: Re: This suffering never disappears Mer 3 Oct - 16:38



This suffering never disappears
Joanne ft. @Mary Thellier


54 jours. Autant de nuits et de journées à pleurer, à souffrir. Des heures, longues, à ne penser qu’à ce mardi 24 juillet 2018. En fermant les yeux, Joanne pouvait encore revivre cette soirée maudite, celle qui avait changé sa vie à tout jamais. Des morts, elle en avait pleuré beaucoup par le passé. Mais le dernier était celui qu’elle n’aurait jamais voulu pleurer, jamais voulu voir allongé, sans vie, immobile, froid. Lui qui dégageait toujours une chaleur si agréable… Joanne se rappelait de l’odeur de la morgue, du froid qui avait fait frissonner tout son corps. Elle se rappelait du tic-tac de la montre, du visage du médecin, de la voix de Charlie. Elle se rappelait la chaleur de Jack. Et la mort, de Yuma. Cette mort donc elle ne parvenait pas à se remettre. Cette mort qui, chaque jour, la faisait souffrir. Et rien ne semblait pouvoir réparer son cœur brisé, son âme détruite. Le 24 juillet 2018 avait marqué la fin d’une vie, la fin d’un espoir, la fin d’un amour. Grâce à Jack, la Chamane avait pu veiller son fiancé, lui offrir une cérémonie digne de ce nom, digne d’eux et de leurs traditions amérindiennes. Durant quatre jours, elle avait veillé la dépouille du loup. Pendant quatre jours, elle avait jeûné, n’avait pas dit un mot en dehors des prières psalmodiée dans la langue de ses ancêtres. Pendant toutes ces heures, elle avait veillé l’âme du défunt, lui permettant de rejoindre les anciens. La pluie était tombée sur son corps tremblant de froid. Mais la Chamane n’avait pas bougé. Rien, ni personne, n’aurait pu lui faire quitter cette veillée funèbre. Et puis au bout des quatre jours, le corps de Yuma avait été brûlé par la Chamane. Ce fut suite à ça, qu’elle s’était effondrée. Jack avait pris soin d’elle, durant plusieurs heures. Et le deuil avait pu commencer.

49 jours plus tard, Joanne ne parvenait toujours pas à surmonter la mort de Yuma. Le deuil, elle y était habituée. Et pourtant elle ne parvenait à dépasser certaines étapes, bloquée par la douleur et la culpabilité. Étape deux, sur les sept à traversée, selon les psychologues. Incapable de passer à la trois, celle de la colère. Étape deux donc, la plus chaotique, effrayante et douloureuse. Celle que Joanne compensait avec de l’alcool à défaut de se nourrir convenablement ; ainsi qu’avec quelques médicaments et plantes lui permettant de dormir. Culpabilités, remords, venaient submerger la Chamane. Elle s’en voulait et ne parvenait pas à changer sa façon de voir les choses. Même si ses Ancêtres et Jack disaient le contraire, Joanne était encore et toujours, persuadée d’être responsable de la mort de son fiancé. Elle ne parvenait pas à penser autrement, à voir dans tout ça un triste sort du destin, un signe. Comment pouvait-on y voir un signe ? Comment pouvait-on accepter de telles choses ? Joanne n’y parvenait pas. Elle n’acceptait pas qu’après sa meute, c’était son fiancé qu’elle avait perdu. Elle n’acceptait pas de n’avoir pas assez cherché, de n’avoir pas su le retrouver. C’était de sa faute. Du moins, c’était ce qu’elle se disait. La perte de Yuma était la pire chose qu’elle avait à vivre, à surmonter.

Elle savait, pourtant, qu’elle devait prendre sur elle. Alors, face à Jack, ses sourires étaient faux. Même si le vieux loup n’était pas dupe. Mais elle ne voulait l’inquiéter plus que de raison. En surface, Joanne portait le deuil, mais semblait forte, malgré le visage creusé par le manque de nourriture et les yeux cernés par le manque de sommeil. Elle continuait à travailler dans sa librairie, même si elle s’était accordée des heures en moins. Elle fréquentait moins la meute, mais chacun savait ce qu’elle était entrain de vivre et tous respectait son temps de deuil. La Chamane avait d’ailleurs eu bien des messages de condoléances, des petits plats, des étreintes sincères ou des coups de fil amicaux. Oui, sa meute la soutenait, mais ils n’étaient pas encore assez proches pour qu’elle puisse se reposer entièrement sur eux. Et puis ce n’est pas à eux de supporter ça. Ce n’est pas à eux d’endosser ma souffrance, de la porter pour moi. Pas à eux de souffrir. De toute manière, ils seraient certainement bien mieux sans moi, sans une Chamane incapable de protéger les siens... Joanne broyait du noir en permanence. Les heures passées à pleurer étaient bien plus nombreuses que celles à sourire. D’ailleurs, depuis 54 jours, les rires de Joanne n’existaient plus.

Ce jour-là, la Chamane s’était réveillée, comme bien souvent, en hurlant, après l’un des cauchemars qui rythmaient ses nuits trop courtes. Le 15 septembre était un jour particulier. Cela faisait exactement neuf années que sa mère était décédée. Une date à laquelle elle pensa en se réveillant en sursaut, les larmes inondant son visage. La souffrance fut insupportable ce jour-là. Les souvenirs se bousculaient. Yuma. Sa mère. La meute. Le sang. Les morts et l’odeur de la mort… À chaque seconde d’égarement, un nouveau souvenir venait la frapper. Et la journée s’écoula ainsi, entre crises de larmes et crises de nerfs. Même Isha, son hibou, ne parvenait plus à lui apporter le soutien nécessaire. Parce que Joanne gardait tout pour elle, qu’elle se renfermait dans sa douleur, dans sa culpabilité. Alors, ce jour-là, Joanne décida d’en finir.

Douée en plantes, elle se concocta un petit cocktail qui tairait les battements de son cœur. Elle pourrait alors rejoindre son loup et ses ancêtres, sans souffrance. Elle pourrait reposer en paix. Joanne passa le reste de la journée à écrire des lettres d’adieu. Une pour Jack, lui disant à quel point elle l’aimait et à quel point elle lui était reconnaissante. Une pour Katherine, pour la remercier de sa confiance. Puis il y avait Milo aussi. C’est alors qu’elle terminait sa lettre pour Jack qu’on sonna à sa porte. L’idée de ne pas ouvrir lui traversa l’esprit, mais elle sentit la présence d’un loup de l’autre côté du mur… Un loup de sa meute. Ce n’était pas Jack, mais il s’agissait bel et bien de l’un des siens. Alors elle se sentit obligée d’aller ouvrir. Ce fut Mary qui se trouvait derrière la porte que la Chamane entrouvrit, lui souriant tant bien que mal. Si Mary, tu me déranges. Tu tombes vraiment mal en réalité. Mais Joanne ne pouvait le lui dire pas vrai ?

- Bonjour Mary … Non .. Non, tu ne me déranges pas. Je …

Mais Mary pénétra déjà dans sa maison, relativement bien rangée malgré le chaos en elle. Et Joanne se sentit donc obligée de l’accueillir, espérant se débarrasser d’elle assez rapidement. Mais sa conscience de Chamane la poussait à aider la louve qui semblait en avoir besoin. Et puis, comment lui refuser quoi que ce soit, avec ce sourire lumineux et l’effort qu’elle avait fait en apportant une tarte ? Joanne la remercia en souriant.

- Merci Mary. En quoi puis-je t’aider ?

Même si Joanne voulait quitter ce monde, fatiguée par la souffrance et de la douleur qu’elle ressentait en permanence, elle ne pouvait abandonner ainsi Mary, se disant qu’elle l’aiderait pour la dernière fois. La louve lui demanda alors si elle pouvait l’aider, lui fournir de quoi soulager des maux qu’elle ne connaissait que trop bien.

- Oui j’ai ça, évidemment. Viens avec moi, je vais te préparer ça.

Joanne invita Mary à la suivre jusque dans sa cave, soigneusement aménagée. Sur le sol, un tapis beau et ancien servait aux rituels et méditations. Aux murs, de nombreuses étagères abritaient bibelots, pots d’herbes, bougies, objets sacrés, que la Chamane utilisait régulièrement. S’approchant de son petit établit, elle prépara un sac en toile, attrapant ensuite plusieurs pots dans lesquels se trouvaient ses herbes.

- La Mélisse et la passiflore, pour le stress… Valériane et Millepertuis, pour la tristesse, et un peu de safran. Avec ça, ça devrait vite aller mieux. Enfin, tout dépend pour qui et pourquoi, c’est utilisé. On sait tous que le mental joue beaucoup. dit-elle en préparant le sac qui lui permettrait de faire plusieurs infusions. À boire deux fois par jour. Une fois le matin, et une fois le soir avant le coucher.

Joanne tendit le sac à la louve, avec un sourire.

- Est-ce que tout va bien Mary ?

C’était du Joanne tout craché. Alors qu’elle souffrait au point de, parfois, avec l’impression de ne plus pouvoir respirer, elle parvenait à s’oublier un peu pour penser aux siens.

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MessageSujet: Re: This suffering never disappears Ven 5 Oct - 9:35

Joanne & Mary ~ 15 Septembre 2018

Le contraste entre l’intérieur de sa maison et l’apparence extérieure de Joanne était impressionnant. Il est clair que la chamane cherchait simplement à être polie. La présence de la louve semblait l’étouffer, l’envahir, l’emmerder quoi. Mary s’excuserait bien, mais elle préférait attendre la fin de leur entrevue. Le sourire qui se dessina sur ses lèvres illumina son visage. La sincérité était de rigueur de toute évidence. Malheureusement, cela ne dura pas. Chaque seconde que la brune passait à observer la jeune sorcière était une seconde de souffrance, douleur qui s’accentuait avec le temps. La louve se rendait compte que plusieurs années auparavant, elle aurait été en train de se regarder dans un miroir. Sa détresse était palpable. La descendante de la noble famille Blanc semblait s’enfouir dans un amas de souvenir qui ne datait pas d’hier. Mais la plaie était toujours présente, n’attendant que le bon moment pour se ré-ouvrir et faire souffrir sa porteuse. L’arrivée des vampires, les coups portés à l’homme de sa vie, leur séparation dans leur immense demeure, l’incendie : tout se ravivait dans son esprit comme si ce tragique événement avait eu lieu trois jours auparavant. Elle n’avait pas guéri de ses blessures, elle avait bien compris que jamais elle ne le pourrait. Le temps apaise les maux, mais en aucun cas il les guérit.

La louve se demandait sérieusement comment Jack avait vécu ce moment lorsqu’elle avait été à la place de Joanne. Evidemment chaque individu était unique et ressentait chaque chose à sa façon. Le caractère et la perception des choses influençaient grandement la façon d’interpréter, d’appréhender et de réagir aux événements de la vie. Mais cela ne rendait pas l’épreuve plus facile à surmonter. Une personne sensible pourrait presque pleurer la disparition de son pire ennemi. Alors la perte de son meilleur ami ou de l’amour de sa vie, pouvait détruire une vie entière. D’un point de vue extérieur, comment pouvait-on supporter de rester impuissant dans une telle situation ? Parce que c’est que Mary avait l’impression d’être, impuissante. Alors qu’elle connaissait la douleur d’un si tragique événement, la brune n’avait pas l’impression de pouvoir faire quoi que ce soit pour sa chamane que discuter. Ce sentiment faisait naître petit à petit une frustration en elle. Elle était déjà passée par là, mais ça ne lui permettait aucunement d’aider plus que n’importe qui. La cruelle vérité était qu’il n’y avait pas grand chose à faire à part laisser le temps agir.

Le deuil comportait sept phases, sept étapes que chacun franchissait à son rythme et à sa façon : le déni, la culpabilité, la colère, le blâme, la dépression, la reconstruction et enfin l’acceptation. Chaque personne traverse ces étapes à sa façon. Pour Mary, la plus difficile avait été la troisième. Sa récente transformation n’avait en rien aidé à canaliser toutes ses émotions évidemment. Cette étape avait été la plus longue et difficile à traverser parce que la jeune femme en voulait à ceux qui leur avaient fait subir ça, ses propres parents ainsi que ce groupe de vampires, mais aussi à tous les autres qui n’avaient rien fait. Aujourd’hui, elle était parfaitement consciente que sa colère envers tous était injustifiée. Avec le recul, elle s’en voulait surtout d’avoir éprouvé ce sentiment envers Jack. Il avait été aisé de lui reprocher de ne pas avoir sauvé son mari mais qu’elle seule à l’époque. Mais ce qui était sûre, c’est que sa vie, elle lui devait bel et bien. L’alpha était celui qui l’avait sauvé tant physiquement que psychologiquement. Revenant dans cette réalité où l’atmosphère pesante lui rappelait tant de souvenirs, la louve suivit sa chamane jusque dans sa cave où cette dernière avait installé ce qu’on pouvait dire être son atelier, son antre. Joanne était passive, elle semblait même morte à ce stade. Un android agirait probablement de la même façon qu’elle à vrai dire. Tous ses souvenirs et toutes ses pensées commençaient à se dépeindre sur le visage de la jeune femme. Elle compatissait, il n’y avait aucun doute là-dessus, mais cela n’aiderait en rien la sorcière à se sentir mieux, à avancer. La jeune fiancée en deuil tendit un sachet à Mary avec un sourire forcé alors qu’elle lui demanda si ça allait avec une pointe d’inquiétude. La louve ne put s’empêcher d’échapper un petit rictus, un petit rire faisant ressortir le comique ou plutôt le ridicule de la situation. Plantant ses prunelles vertes dans les yeux de sa chamane, elle reprit :

Ne trouves-tu pas qu’il serait mieux que toi tu répondes à cette question Joanne ? En fait non, je connais déjà la réponse. Merci pour ça en tout cas.

Attrapant le petit sachet, Mary fit demi-tour, faisant trois pas le temps de trouver ses mots. Qu’elle passe pour une intruse, une méchante ou quoi que ce soit d’autres, cela ne la dérangeait. Mais la jeune femme ressentait à nouveau cette douleur aiguë dans sa poitrine, Ce trou béant qui s’ouvrait à chaque occasion pour lui rappeler que Joachim était parti. Elle se tourna à nouveau de moitié, regardant les alentours plutôt que de fixer son regard sur la sorcière et triturant le sachet d’herbes qu’elle lui avait confectionné.

Je suppose qu’en tant que chamane il t’est facile de savoir quel loup est né, quel loup est réincarné et quel loup a été mordu. Mais comme tout le monde dans la meute, tu ne dois pas savoir ni comment je suis arrivée là ni pourquoi j’ai été mordu.

Prenant une nouvelle inspiration, les images de l’incendie et des vampires lui revenaient petit à petit en tête, comme si elle retournait à cette horrible époque où on lui avait arraché l’homme de sa vie. Mais ce souvenir cruel, elle avait appris avec le temps à le chasser de son esprit : se concentrer sur les bons souvenirs avec Joachim et après sa mort, aux côtés de Jack entre autres, et de Cassiopée également.

C’est Jack qui m’a transformé après m’avoir sauvé d’un incendie et d’une attaque de vampires. Cette nuit-là j’ai perdu tout ce que j’avais, y compris celui que j’aimais.

Mary avait fait court, le but n’était que de faire passer le message comme quoi elle comprenait, elle connaissait. Aujourd’hui c’était à Joanne de s’en sortir face à cette épreuve. Elle se tourna pour faire face à sa chamane, la regardant au plus profond de ses prunelles. Avait-elle le moindre impact sur cette coquille vide ? La louve n’en avait aucune idée. Mais elle méritait qu’on la tire vers le haut, ça elle en était bizarrement persuadée. Malgré le fait qu’elle ne la connaissait pas plus que ça, restant à l’écart de tous, Jack l’avait pris sous son aile et s’était suffisant aux yeux de la brune.

Cette souffrance Joanne, j’aimerais te dire que cela passe. Mais elle ne disparaîtra pas. Il faut que tu trouves à quoi te rattacher pour avancer et laisser le temps t’apprendre à vivre avec.

Mary guettait la moindre réaction chez la sorcière. Probablement ne s’attendait-elle pas à tant d'honnêteté de la part de la louve. Il faut dire qu’aux premiers abords, elle passait plus pour celle qui vivait dans son coin à se préoccuper uniquement de ses affaires. Mais la louve restait toujours prête à intervenir lorsqu’il y en avait besoin. Elle donnerait tout pour protéger les siens, et Joanne en faisait partie.
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Joanne M. Moore

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MessageSujet: Re: This suffering never disappears Ven 12 Oct - 19:12



This suffering never disappears
Joanne ft. @Mary Thellier


Joanne n’était pas connue pour être une femme faible, baissant les bras à a la première difficulté. Ceux qui avaient connu la Chamane, savaient qu’elle était une bonne vivante, une femme forte et déterminée, qui n’abandonnait pas facilement, voir pas du tout. C’était pour ça, aussi, qu’elle n’avait cessé de chercher Yuma depuis sa disparition. Pour ça qu’à une époque, elle n’avait cessé d’avertir sa meute sur les dangers qui pesaient sur eux. Mais cette fois, la Canadienne était fatiguée, lassée de se battre, de s’accrocher. Elle avait perdu tout ce qu’elle avait eu de plus cher : ses parents, sa meute, son amour. Bien évidemment, elle avait sa nouvelle meute, son nouvel Alpha et sa place au sein du Conseil des Sorcières de la ville. Mais elle se sentait seule. En réalité, elle ne s’était jamais sentie si seule durant toute sa vie. Pas même lorsqu’elle était partie en road-trip entre 2012 et 2015. La souffrance et la solitude pesaient sur ses épaules qui ne parvenaient plus à supporter ce poids, trop lourd pour elle. Joanne se sentait seule car elle n’avait personne à qui vraiment se confier. Elle n’avait pas de vrais amis, ni de meilleure amie à qui conter ses soucis, ses peines, ses doutes. Elle avait passé ces mois, à Londres, à vivre avec Yuma, à travailler, puis à chercher Yuma, encore et encore. Elle ne s’était liée qu’à très peu de personne et elle s’en rendait compte maintenant qu’elle avait inhumé son fiancé décédé. En dehors de Jack qui prenait de ses nouvelles, Joanne ne parlait qu’à peu de personnes. Quelques loups de la meute étaient venus, avaient eu besoin d’elle. Mais c’était tout. Et la belle s’était alors enfermée dans sa bulle de souffrance, ne parvenant pas à avancer dans son deuil.

Joanne, était-elle capable de mettre fin à ses jours ? Peut-être. Mais rien n’était certain. En réalité, la Chamane avait besoin de réconfort et de repos. Beaucoup de repos. Des nuits entières, sans rêves, pour apaiser son cœur, son corps, son âme. Elle avait besoin de dormir, sans cauchemars, d’oublier la souffrance, pour repartir à zéro. Joanne avait besoin d’évacuer sa peine, de tourner la page pour en écrire une nouvelle. Alors oui, la paix offerte par la mort l’attirait. Elle avait tout prévu. Mais aurait-elle le courage de franchir ce pas, d’avaler les substances qui mettraient fin à sa vie ? Rien n’était certain. Et de toute manière, Mary était arrivée, perturbant son petit programme qu’elle comptait reprendre rapidement une fois la louve partie de chez elle. Car, à aucun moment, Joanne n’aurait pensé que Mary était venue là pour elle, pour savoir comment elle allait réellement, pour lui apporter du réconfort. Les liens avec la meute étaient réels, mais Joanne n’était pas intime avec beaucoup de loups. Mary était très proche de Jack, ça Joanne le savait et le sentait. Mais les deux femmes ne s’étaient jamais laissé aller à de grandes conversations et la Chamane ne savait pas grand-chose de la louve. Mais peu importe, Joanne prenait son rôle à cœur. Si la louve avait besoin d’elle, alors elle se devait d’être là, de l’aider, de l’écouter. Elle pouvait, l’espace d’un instant, mettre sa propre souffrance de côté, pour soulager celle des autres.

Pourtant, rien ne se déroula comme Joanne l’aurait imaginé. Un rire, étrange, s’échappa des lippes de la belle brune qui planta son regard dans celui de la fille à la peau caramel. Plissant les yeux, Joanne écouta les mots qu’elle ne voulait pas accepter. Non, elle ne voulait pas se poser de questions et elle ne voulait pas qu’on lui en pose. Et alors que Mary semblait vouloir s’en aller, elle s’arrêta, observant autour d’elle avant de reprendre la parole. Joanne écouta sans rien dire, les mots de la louve mordue. Étrangement, la Chamane pu ressentir la douleur de la louve. Mary lui raconta, en partie, ce que Joanne savait déjà, ayant des liens particuliers avec les Ancêtres qui eux savaient tout. Oui, elle savait que Jack avait mordu Mary pour la sauver, mais elle ne connaissait pas grand-chose d’autre de son histoire personnelle. Joanne resta pudique, en retrait, ne voulant pas violer l’intimité des loups de la meute, ne posant que très peu de questions. La louve lui apprit donc que Jack l’avait sauvé d’un incendie, d’une attaque de Vampire. Elle apprit que Mary avait perdu l’homme qu’elle aimait. Et la douleur, vive, lui poignarda le cœur. Joanne ne voulait pas l’accepter, mais elle comprenait où Mary voulait en venir. Perdre l’homme que l’on aime. À cause de Vampire. Connaître la violence, la souffrance, liées à la perte.

La Chamane sentit les larmes pointer le bout de leur nez, humidifiant son regard fatigué. Les mots de la louve l’assommèrent, la mettant à nouveau face à cette souffrance qui la rongeait depuis la mort de Yuma. Retenant ses larmes, Joanne se mordit l’intérieur de la joue, sentant sa respiration se faire plus difficile, signe que les sanglots voulaient prendre le dessus. Haussement d’épaules lasse, Joanne se sentait perdue.

- Comment ? Comment tu as fait ? Pour surmonter ça ? demanda-t-elle d’une voix tremblante. J’ai réussi à surmonter la mort de toute ma meute… Mais je ne sais pas si … si je pourrais surmonter… sa… sa … Je n’peux pas.

Je ne peux pas accepter qu’il soit mort. Je ne peux pas le tolérer. Je ne peux plus le dire à voix haute. Je ne peux plus dire qu’il est mort. Le dire c’est l’accepter. Je ne l’accepte pas. Je ne peux pas l’accepter parce que je suis responsable. Parce que...

- C’est de ma faute... Lâcha-t-elle finalement alors que les larmes se mirent à couler le long de ses joues. Tout est de ma faute. Je n’ai pas… pas su le protéger. Mauvaise compagne. Mauvaise Chamane.

Honteuse, gênée, Joanne tourna le dos à Mary, posa ses mains sur son atelier, le corps secoué par les sanglots. Et soudain, dans un élan de colère, elle fit tout valser en hurlant. Les pots et ustensiles se mirent à voler et à se briser autour d’elles.


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MessageSujet: Re: This suffering never disappears Mer 17 Oct - 7:17

Joanne & Mary ~ 15 Septembre 2018

La provocation n’avait jamais été le fort de Mary. Les gens qui s’y essayaient avec elle finissaient généralement bien déçus. De même, le faire aux autres n’était pas du tout un passe-temps. La jeune femme ne le faisait généralement que par nécessité. Pour le coup, bousculer Joanne commençait à devenir une nécessité de toute évidence. La première chose qu’elle comprit était que son intervention n’était pas sans conséquence. Elle semblait avoir rapidement capter l’attention de la chamane. La brune avait parlé d’une voix douce mais aussi un peu incisive, comme une vérité implacable. Evidemment, elle n’avait pas la science infuse, et même si Joanne était en train de vivre une situation similaire à ce qu’elle avait vécu, chacun l'interprétait et le ressentait à sa manière. Sa première question était légitime mais la réponse était vague. Elle lui avait déjà donné d’ailleurs. La louve s’était tout simplement accrochée à ce qui lui paraissait important. Dans son cas, il avait s’agit de Jack. Elle n’avait eu que lui à cette époque mais il avait été d’une grande aide et d’un grand soutien. Son silence et sa présence étaient apaisants. Mais surtout, il l’avait laissé gérer, il lui avait laissé le temps. Evidemment, perdre des proches et l’homme de sa vie n’apportait pas le même degré de souffrance. Mary ne connaissait pas la relation que Joanne partageait avec son fiancé, leur complicité, leur façon d’être ensemble au quotidien. Mais perdre la personne qui s’assimile le plus à sa moitié paraissait clairement comme l’épreuve la plus difficile qu’il soit. Surtout lorsqu’il n’était pas encore l’heure et qu’il était arraché aussi brutalement. Sa voix tremblante lui déchirait le coeur mais elle se devait de continuer, d’essayer de la tirer vers le haut, de la forcer à avancer.

Seul le temps te permettra de supporter cette souffrance, le temps et les gens qui peuvent encore t’entourer aujourd’hui.

Il était fort à parier que la jeune métisse lui réponde qu’elle avait personne. Il vient un moment où l’on a l’impression que le monde s’acharne. Et même si elle avait perdu toute SA meute, elle avait encore la meute de Jack. Il y avait aussi les autres chamanes des meutes environnantes. Joanne trouverait forcément au moins une personne qui pourrait lui donner envie d’avancer si cela était bien ce qu’elle désirait. Mais assez rapidement, Mary comprit que sa chamane ne bloquait pas au même endroit qu’elle. La louve avait été consumé par la colère, cette colère qu’elle infligeait à toutes les personnes qui avaient le malheur de croiser son chemin. La métisse était restée coincée au stade précédent. Malgré le fait qu’elle avait survécu contrairement à son époux, la jeune femme n’avait pas eu le syndrome du survivant. Elle s’était résolu au fait qu’elle ne s’en était pas sortie par ses propres moyens. Mais c’est ce qui avait accentué sa colère et sa rage. Avec sa récente transformation, cela n’avait en rien arrangé les autres. Pendant un long moment, elle en avait voulu à Jack de l’avoir tiré des flammes à la place de sa moitié. Se rappeler de son état à cette époque et de la souffrance qui l’envahissait en permanence commença à lui faire monter les larmes aux yeux, fait qu’elle retint au mieux pour ne pas flancher. Se raccrochant aux paroles de Joanne pour rester dans le présent, la brune fut surprise des mots de sa chamane. Elle ne connaissait pas son fiancé mais il y avait presque aucune chance qu’il souhaite lui reprocher sa mort, cela aurait été injuste. On avait tous été dans l’incapacité de le retrouver. Mais il n’y avait rien de vraiment logique dans la réaction d’un homme face à la mort. Mary ne s’attendait tout de même pas à la violence du geste de la métisse. Alors qu’elle lui avait tourné le dos, elle envoya valser l’intégralité de ce qui se trouvait sur la table. La louve ne cilla pas ni ne sursauta. Elle était presque sûre que la chamane venait de faire un pas en avant, de franchir une étape. La jeune femme n’était certaine d’être la meilleure personne mais de toute évidence elle l’avait poussé à réagir. Sans faire un seul mouvement, elle lui parla d’une voix calme et posée, sans douceur ni agressivité.

Parle-moi Joanne. Qu’éprouves-tu actuellement ?

Son immobilité était surprenante mais la brune ne pensait pas que le moindre geste n’aide à la situation. La chamane ne franchirait probablement pas toutes les étapes aujourd’hui, c’était même une quasi-certitude. Pour autant, elle avait réussi à la faire avancer et il serait bête de ne pas en profiter pour la tirer vers le haut comme Jack avait fait pour elle. Toute cette souffrance était en train de s’emparer de son corps la ramenant plus de cent ans en arrière. Le manque de l’autre, la douleur de la perte, la culpabilité du survivant, la colère voir la haine envers tous pour ne pas avoir sauvé l’homme qu’elle aimait, envers elle pour avoir été cette chose si insignifiante et faible et envers lui, Joachim, pour l’avoir abandonné. Ce souvenir amer avait toujours été difficile à gérer et voir Joanne dans cet état la ramena à ses propres démons petit à petit jusqu’à avoir l’impression de sentir cette fumée oppressante.

Il faut que ça sorte. Ca peut pas te faire plus de mal, ça ne peut pas plus de ronger que maintenant.
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Joanne M. Moore

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MessageSujet: Re: This suffering never disappears Lun 22 Oct - 19:59



This suffering never disappears
Joanne ft. @Mary Thellier


Il y avait cette colère en elle, mélangée à la tristesse, qui rongeaient son être comme un chien rongeant un os balancé par son maître. Elle brûlait de l’intérieur et s’en voulait tellement. La vie lui semblait si injuste depuis la mort de Yuma. Avant déjà, elle s’était souvent demandé pourquoi on lui avait arraché sa meute. Elle s’en était voulue, s’était donné la faute, alors qu’elle ne fut pas responsable du massacre. Ni elle, ni les Ancêtres. Juste la vie. Et ce foutu clan de Vampire à qui elle souhaitait la pire des morts. Mais Joanne était à nouveau bloquée dans cette phase pleine du culpabilité, incapable d’avancer sans se dire qu’elle était responsable de la mort de Yuma ; obligée de se dire qu’elle aurait pu et du faire quelque chose pour l’aider, le trouver, le sauver. Si elle en voulait à la Terre entière, c’était surtout à elle qu’elle en voulait. Incapable de garder sa famille. Incapable de garder l’homme de sa vie. Et, à son poignet, elle observa ce ruban rouge, encore bien accroché, symbole de son deuil. Elle ne pourrait reprendre sa vie d’avant que lorsqu’il serait tombé de lui-même. À croire que l’impuissance et la culpabilité de Joanne étaient liées à ce bout de tissu qui ne voulait tomber de son poignet gauche. Cette colère, qu’elle ne parvenait pas à évacuer. Ni par les gestes, ni par les mots. Avec qui aurait-elle pu ? Des amis ? Elle n’en avait pas, ou alors que très peu et pas suffisamment proches pour qu’elle puisse se permettre de disjoncter. Son Initié ? Porté disparu. Même les sorts de Katherine ne semblaient parvenir à retrouver Aslander qui avait comme disparu de la surface de la Terre. À croire que tout ceux qui me côtoient de trop près sont voués à disparaître... Voilà ce qu’elle pensait. Joanne se sentait maudite. Ou alors néfaste. Et Jack avait beau lui dire qu’elle n’était en rien responsable de tout ça, qu’elle n’aurait pas pu changer l’ordre des choses, la Chamane n’y croyait pas. Ou plutôt si, la Chamane y croyait. Raisonnable, elle savait que les choses avaient toujours une raison d’être. Mais la femme, la fiancée endeuillée, ne parvenait pas à accepter de tels propos qui n’avaient finalement aucune logique à ses yeux. Comment pouvait-elle accepter les choses si violentes ? Impossible.

Pourtant, les mots de Mary trouvèrent écho en elle, venant titiller ses émotions dévastatrices. Des mots pour expliquer ses mots. L’avenir serait-il un jour meilleur ? Souffrirait-elle moins dans les mois à venir ? Joanne parvenait difficilement à s’imager pouvoir vivre sans cette souffrance qu’elle s’infligeait, au fond, en refusant d’avancer, en refusant d’accepter qu’elle n’y fût pour rien. Et cette colère, cette rage, s’évacuèrent, sans prévenir. Celle qu’on connaissait comme étant une femme agréable, solaire, souriante et drôle, était dévastée par la perte de celui qu’elle aimait. « Promis Amour, je resterais à tes côtés. » Joanne pouvait encore entendre la voix de Yuma lui souffler ces mots, lors de leurs retrouvailles en Italie, quelques années plus tôt. Promesse qu’il n’avait pu tenir. Ce fut à ces retrouvailles qu’elle songea, en faisant valser tout ce qui se trouvait sur son plan de travail. Les pots se brisèrent, explosant contre le mur ou sur le sol, explosant comme son cœur l’avait fait en voyant le corps mort de Yuma… Image qu’elle ne parvenait pas à évacuer de son esprit, tout comme celle du corps prenant feu sous ses images.

La réaction du Joanne fut imprévisible, surprenante. Mais Mary ne bougea visiblement pas. Si Joanne n’allait pas mieux, elle avait malgré tout évacué un peu de colère et de tension. Malgré les sanglots, elle entendit la voix de la louve, calme, neutre, lui demandant ce qu’elle éprouvait. Les doigts de la Chamane se crispèrent sur le meuble, cherchant à calmer ses larmes, essuyant ses yeux rougis.

- De la colère. Pas contre lui. Contre moi...

Relevant la tête, fermant les yeux si fort, Joanne soupira avant de se retourner vers Mary, haussant les épaules.

- Je m’en veux tellement, si tu savais. Lâcha-t-elle dans un soupir. J’ai l’impression que tout est de ma faute. L’impression de l’avoir abandonné, de n’avoir pas su l’aider, de n’avoir pas fait ce qu’il fallait. S’il est mort, c’est parce que je suis une mauvaise Chamane, une mauvaise compagne. Confessait-elle. Comment pourrais-je encore respirer alors qu’il est mort, vivre alors qu’il n’est plus qu’un esprit errant en quête de la paix éternelle ?

Comment pouvait-elle avancer dans un monde où Yuma n’existait plus ? Eux qui se connaissaient depuis toujours, qui ne s’étaient séparés que quelques années. Elle avait tout fait à ses côtés. Il avait tout été. Le grand frère d’abord. Le protecteur. L’ami. L’amoureux. L’amant. Le fiancé. Comment pouvait-elle respirer dans un monde où elle ne sentait plus son odeur ? Comment pouvait-elle se retourner dans un lit où il ne se trouvait pas ? Elle n’y parvenait plus. Elle s’était privée de tout ça.

- Si je pouvais échanger ma vie contre la sienne, je le ferai sans hésiter. Il méritait de vivre. Bien plus que moi… Lui aurait tout fait pour me retrouver. Et il est mort. Assassiné. Torturé. Pendant que je faisais quoi ? Je travaillais, je buvais un verre avec un inconnu ? Je ne mérite pas d’avoir la paix.

Je ne mérite pas de vivre encore.


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MessageSujet: Re: This suffering never disappears Sam 27 Oct - 6:59

Joanne & Mary ~ 15 Septembre 2018

Sa douleur, son écoeurement, sa solitude, sa future perte d’elle-même, tous ses sentiments étaient d’une telle violence et d’une telle intensité que la pièce en était remplie. La lourdeur du ressenti de Joanne était palpable, presque suffoquant. Depuis que la louve avait connu une douleur aussi aïgue et incisive que celle que la chamane ressentait actuellement, elle s’était jurée de protéger au mieux tous ceux qui l’entouraient pour les protéger de cela. Bien évidemment, cela était bien plus simple à penser qu’à concrétiser. Mary ne pouvait être partout pour empêcher le mal d’agir. Elle était comme tout le monde, elle restait faible face à la cruauté du genre humain. La sorcière semblait rester perplexe face à la réflexion de la brune sur le temps. Oui le temps, il n’y avait que ça qui avait permis à la jeune femme d’éloigner ses pensées orientées vers Joachim d’elle. Elle ne l’avait pas oublié, cela n’arriverait probablement jamais. Mais avec les jours, les mois puis les années qui se sont écoulés, elle pensa de moins en moins régulièrement à lui et de moins en moins longtemps, laissant ce souvenir cruel la submerger que dans les pires moments comme celui qu’elle vivait actuellement avec la métisse. Non pas que cela soit de sa faute à elle, sa souffrance, sa peine, tout était compréhensible et excusable. Mais cela faisait remonter de vieux souvenirs chez Marie-Louise qui la prenaient aux tripes, qui enserraient son coeur pour mieux l’étouffer. La louve se retrouvait beaucoup plus qu’elle ne l’aurait cru en sa chamane qu’elle connaissait peu même si elle la respectait fortement pour soutenir Jack dans sa tâche ainsi. Elle savait que ce dernier avait été présent pour elle mais elle connaissait l’alpha qui était plus que discret sur ses sentiments. Il ne faisait pas de grandes déclarations ni de consolations. Une tape sur l’épaule était pour lui probablement le plus grand signe d’affection et de respect qu’il était capable de faire. Mais face à la fragilité et la désolation d’une épouse meurtrie par l’absence de son mari, cela pouvait ne pas suffir selon le caractère de chacun.

Il faut dire que dans l’instant présent, malgré le fait qu’elle ne connaissait pas beaucoup la libraire, Mary ne reconnaissait pas du tout sa chamane au sourire et au regard pétillant, toujours pleine de vie. D’un autre côté, sa façon d’être avant que ce drame n’arrive, ressemblait énormément à son propre comportement lorsqu’elle était humaine. Mais le choc d’une telle douleur, d’une telle épreuve à surmonter si tôt dans la vie avait balayé tout cela. Elle espérait pouvoir sauver un peu de cette malice, de cette bonne humeur que Joanne avait au quotidien. Cela n’était pas gagné d’avance évidemment. Cependant, personne ne méritait qu’on le laisse se ronger pour la perte d’un être cher encore moins dans un cas comme celui-ci. Indirectement, la brune avait été responsable de la mort de son époux, mais pas la sorcière. Ces mots étaient lourds de sens. Ramenée près de cent cinquante ans en arrière, la brune se sentit envahir par ce sentiment puissant et destructeur qu’était la colère. A cette époque, elle en avait voulu à tout le monde sans exception à commencer par elle-même. Joanne tentait de se contenir, ses sanglots et la pression que ses doigts exercés sur le meuble en étaient des preuves flagrantes. La louve fut cependant surprise d’entendre la sorcière se mettre l’entière responsabilité sur le dos. Mary s’en était voulue plus qu’à quiconque et ce, même avant qu’elle apprenne la part de responsabilité de ses parents dans cette horrible événement qui lui avait pris Joachim. Mais elle avait également rendu responsable le monde entier ou presque. Alors que la brune allait parler, la chamane finit par se retourner en haussant les épaules. Respirant calmement, elle détailla l’état de Joanne qui semblait réellement critique.

En quoi es-tu une mauvaise chamane ou une mauvaise compagne ? Qu’est-ce que tu n’as pas fait dis moi ?

Mary s’était exprimée toujours avec cette voix neutre, calme, d’un oeil scrutateur. La question n’était pas de savoir si c’était elle ou quelqu’un d’autre. Il n’était question uniquement de la chamane et de la pousser à bout, au bout de sa réflexion. A aucun moment elle ne lui avait donné raison ou tort dans sa remarque. L'objectif était une simple confession qui était à la source de toute sa façon de penser et de justifier sa douleur. Il s'agissait du levier d'action qui devrait permettre à la jeune femme de tirer la sorcière vers le haut en la mettant simplement face à des faits qu'elle n'a probablement plus en tête, se voilant la face.

Si les rôles étaient inversés, penses-tu qu’il souhaiterait échanger sa vie contre la tienne lui ?

Seule Joanne pouvait réfléchir du point de vue de son amour perdu. Elle était celle qui le connaissait le mieux après tout. La métisse devait se persuader elle-même que son cheminement de pensées n’était pas le bon, qu’il y a parfois des forces extérieures qui entrent en jeux et qu’on ne peut maîtriser, comme les vampires … Après tout, la louve avait connu le même problème, la même douleur, la même difficulté à ne pas lâcher prise. Mary voyait bien que la jeune femme était en train de se torturer. Mais elle ne pouvait pas encore faire un geste amical et de soutien envers elle. La chamane n’était pas encore arrivée au stade où une possible remise en cause pourrait pointer le bout de son nez.

Que crois-tu que tu aurais pu faire pour le sauver ? Mais surtout, pourquoi tu ne l’as pas fait ?

La dernière question, plus agressive, avait laissé paraître un sentiment de froideur dans la voix de Marie-Louise. C’était de la pure provocation. Les recherches, la brune y avait participé pour retrouver le fiancé de sa chamane mais aussi tous les autres loups dont l’ancien alpha qui avaient disparu lors de la nuit de la St Patrick. Mais il n’y avait rien à y faire, personne n’avait trouvé la moindre traces des kidnappés exceptés lorsque le cadavre refaisait surface. Le temps avait pourtant été utilisé à bon escient. La louve regrettait la volonté de Jack de pérenniser les ententes avec les vampires dans ces cas là.
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Joanne M. Moore

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MessageSujet: Re: This suffering never disappears Ven 2 Nov - 17:21



This suffering never disappears
Joanne ft. @Mary Thellier


- Laisse la t’aider Ashaisha. Ne repousse pas les autres. Ta souffrance est légitime, mais tu dois accepter la mort. Tu ne rends pas hommage au Wakicuza...

Joanne soupirait, ignorant l’esprit de Nahima, la première Chamane de sa tribu. Elle ne voulait pas la voir. Ne voulait pas accepter son aide ou ses conseils. En réalité, Joanne avait du mal à accepter que l’on puisse l’aider, se sentant coupable de cette mort horrible. La meute avait été là. Cherchant Yuma pour aider la Chamane. Jack avait été là, dormant chez la Chamane le soir de la mort de Yuma, la laissant l’enterrer chez lui. La belle avait passé du temps dans la demeure de l’Alpha, se remettant des journées de jeûne et commençant son deuil. Jack avait beau être présent et aimant, cela ne suffisait pas pour réparer Joanne. Car c’était bien ça, elle était brisée et ne s’autorisait pas à être heureuse. Elle s’interdisait ce deuil et le pardon, alors que personne, pas même les Ancêtres, ne la jugeait. Mais, à force de toute garder en elle, Joanne était entrain d’exploser. Sa colère était trop forte et sa tristesse trop lourde à porter. Alors elle venait d’exploser, de libérer un peu ce poids et ses pensées, bien que cela ne pouvait suffire pour la soulager. Mais c’était un début, là, face à Mary qu’elle ne connaissait pas si bien que ça. C’était peut-être plus facile d’ailleurs, de se livrer à quelqu’un qui ne la connaissait pas vraiment. Joanne savait que ces mots, Jack ne pourrait les accepter. Il ne pourrait tolérer de l’entendre se flageller ainsi, de se donner comme la responsable de la mort de son fiancé.

Mary, quant à elle, resta calme, droite, usant d’un ton particulièrement neutre, sans jugement. Car Joanne n’avait évidemment pas besoin de ça et Mary semblait le savoir. Joanne écoutait, plissant les yeux. Les mots de la louve frappaient l’esprit de la Chamane qui ne savait quoi répondre. Ainsi, Mary eu le temps de poser plusieurs questions qui perturbèrent un peu plus l’esprit confus de la Sorcière. Cette confusion se lisait sur son visage, dans son regard rougi par les larmes trop nombreuses depuis la mort de Yuma.

- Je ...
- Ashaisha… Écoute là.
- LAISSE MOI TRANQUILLE !!! Hurla Joanne à l’esprit de la défunte, balançant à travers la pièce un objet à porté de main, traversant le corps invisible de l’indienne. C’est vous que je devrais blâmer ! Vous qui deviez m’aider, me guider. ILS SONT MORTS PAR VOTRE FAUTE ! Alors foutez moi la paix et aller hanter quelqu’un d’autre.

Mary ne comprendrait peut-être pas ce qui était entrain de se passer. Peut-être même qu’elle prendrait Joanne pour une folle. Après tout, cette dernière venait de hurler sur quelqu’un que la Louve ne pouvait pas voir.

- Je n’ai pas su guider mon peuple, lâcha-t-elle finalement à Mary. Les esprits ont essayé de me guider à l’époque. Mais la meute n’a pas écouté. Ils ne m’ont pas vraiment aidé pour sauver Yuma… Les miens m’ont abandonné. J’ai… Il aurait tout fait pour moi, il aurait donné sa vie pour moi. Et il est mort. Dans d’atroces souffrances. Parce que je n’ai pas su l’aider. Et j’ai fait quoi ? J’ai changé d’alpha, j’ai juré fidélité à une autre meute, coupant ainsi les ponts avec ses ancêtres.

Un haussement d’épaules. Tremblante, Joanne se laissa glisser au sol, essuyant ses yeux larmoyants. Elle n’était pas belle à voir la Chamane.

- J’ai essayé, tu sais… Encore et encore. J’ai risqué ma vie pour le trouver. Je me suis fait attaquer par des Vampires pour lui, j’ai envoyé un loup au purgatoire pour le retrouver… Mais ça n’a pas suffit Mary… Alors… comment pourrais-je encore me regarder en face alors qu’il est mort par ma faute ?Si … Si j’avais abandonné ma magie, si je lui avais demandé de me transformer, peut-être… Peut-être que nous aurions pu vivre heureux. Lui… il n’a jamais vraiment voulu vivre dans une grande ville. Il est Jack, tu sais… Il aimait la nature et les grands espaces...

Un sourire nostalgique, presque tendre, étira les lèvres de la Chamane qui semblait revivre en pensées, quelques moments heureux passés avec son fiancé.

- J’ai peut-être fait l’erreur de le reprendre dans ma vie lorsqu’il est revenu à moi il y a quelques années. Peut-être que j’aurais dû lui rendre sa liberté… Alors il serait peut-être encore vivant.

Et les larmes se remirent à couler le long des joues de la Sorcière.

- C’est si… Douloureux. J’ai l’impression de ne plus arriver à respirer tant c’est douloureux. Je ne supporte plus ça… J’ai tellement envie que ça s’arrête...

À demi mot, elle crachait son envie d’en finir, fatiguée par la souffrance, par le poids de cette mort sur ses épaules.


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MessageSujet: Re: This suffering never disappears Dim 4 Nov - 11:31

Joanne & Mary ~ 15 Septembre 2018

La chamane semblait en proie à un dilemme intérieur que la brune connaissait que trop bien. Ses yeux humides, gonflés et rouges étaient le signe qu'elle avait pleuré et pas juste une fois. Un surplus de tristesse mélangé à un surplus de colère, ça pouvait faire de gros dégâts. Mary avait comme une sensation d'être arrivé au bon moment sans trop savoir pourquoi. Sortant de ses pensées, Joanne était en train de partir en vrille. Sa colère ne semblait pas tourner vers la louve qui resta immobile. De toute évidence, elle voyait quelqu'un qui échappait au regard de la française et lui reprochait tous les évènements. L'utilisation du pluriel intrigua toutefois la brune, se demandant si elle faisait également référence aux membres de la meute morts. Le fait qu'elle reproche à quelqu'un d'autre qu'à elle-même les faits étaient un autre bon signe. A priori, Joanne n'avait que besoin d'un déclencheur pour extérioriser tout cela et Mary était arrivée à point nommé. Puis elle reprit la parole, s'adressant de nouveau à la jeune femme qui était toute ouïe. Les reproches aux ancêtres mais aussi à son ancienne meute étaient évident. La chamane finissait toujours par se reprocher les choses à elle-même toutefois. Ses sentiments pour Yuma étaient vraiment forts et sincères. La jeune femme ne put empêcher Joachim de revenir dans ses pensées. Elle ne l'avait pas choisi, elle avait même été dégouté par ses parents qui l'avaient vendu télé une marchandise. Mais lui, il avait tout arrangé, son charme, sa gentillesse, son honnêteté, tout en lui n'avait été qu'amour. La brune aurait tout donné, jusqu'à sa vie entière, juste pour passer un instant avec lui, pouvoir s'excuser de ce que ses parents avaient fait, s'excuser d'avoir perdu leur enfant et de ne pas lui en avoir donné du tout… Il avait tellement de temps devant, tellement de choses à faire, mais la famille Blanc lui avait tout pris, ce groupe de vampires horrible leur avait tout pris…

Joanne pleurait à nouveau, son corps ne lui permettait plus de rester debout tant la fatigue, l'absence d'énergie se faisait ressentir. Ses paroles, son ressenti, tout chez elle rappelaient de douloureux souvenirs chez Mary. Il était tellement difficile de se remettre d'une telle épreuve, de continuer à avancer sans l'autre. Joachim était celui qui menait la danse dans leur couple. Peut-être était-ce la même chose pour Yuma et Joanne ? Des larmes vinrent remplacer le sourire naissant sur les lèvres de la chamane alors que celle ci évoquait ses regrets concernant le fait qu'ils s'étaient à priori séparés un temps. Elle pensait qu'elle aurait dû renoncer à lui au lieu de le retrouver mais cela aurait d'autant plus fait de temps en moins pour tous les deux. Mary décida de se mettre en mouvement, avançant pas à pas doucement, sans brutalité pour ne pas donner une sensation d'agression à sa chamane. Arrivée face à elle, la louve s'accroît devant la sorcière sans la toucher. Son regard planté au fond de celui de la métisse, elle s'apprêtait

En veux-tu à la meute de ne pas l'avoir retrouvé ? A Jack ? A moi ?

Une provocation de plus mais une provocation nécessaire, Mary devait la pousser à comprendre que ses reproches et ses regrets ne provenaient que de son amertume lié à la mort de l'homme de sa vie.

On fait tous des erreurs Joanne mais je ne pense pas qu'aimer en face partie.

Levant une main dans une douceur laissant presque paraître que la scène se déroulait au ralenti, elle la déposa sur une épaule à la chamane dans un geste compatissant, un peu à l'encontre des provocations verbales faites sur un ton neutre.

Tu peux faire que ça s'arrête et alors peut-être que tu retrouveras Yuma. Mais toutes les personnes qui tiennent à toi subiront la même chose que toi actuellement, et tu en seras responsable parce que cela aura été ton choix.

La brune sous-entendait que la disparition de Yuma n'avait été du choix de personne. Ce n'était pas réellement le cas, les vampires qui l'avaient torturés en avaient fait le choix, mais personne dans l'entourage de Joanne ne l'avait fait à leur place. Survivre à ce genre d'événement était potentiellement plus dur que d'être à la place de celui qui était parti. Il fallait énormément s'accrocher pour redémarrer et réussir à avancer sans la personne absente. Mary adoucit son regard, compatissante.

Je me doute que tu te sens abandonnée à l'heure actuelle, que tu te sens seule. Mais souhaites tu faire éprouver ça à tes proches ? Tu ne crois pas que ton fiancé aimerait que tu arrives à continuer même sans lui ?

Il s'agissait probablement de l'étape la plus difficile à franchir. Mais Joanne devait trouver ce à quoi se raccrocher et la louve ne pourrait pas franchement l'aider pour cela. Déjà qu'elle ne la connaissait pas beaucoup, mais cela restait une décision personnelle. Voir sa chamane dans cet état lui fendait le cœur.

Il n'y a que toi qui peut prendre la décision. Tu es la seule à pouvoir dire à quoi tu tiens et si tu souhaites t'y raccrocher ou pas.
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Joanne M. Moore

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MessageSujet: Re: This suffering never disappears Sam 10 Nov - 11:54



This suffering never disappears
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Joanne arrivait à un point où elle ne pouvait plus que remonter la pente. Il lui aurait été difficile de tomber encore plus bas, elle qui pensait à mourir pour en finir de cette vie, de ses souffrances. Elle n’avait pas une vision claire des choses et de la situation et Mary semblait être celle qui lui permettrait de dégager un peu les nuages sombres qui planaient au-dessus de sa tête. Il lui fallait ça. Une sorte d’électrochoc, pour ouvrir enfin les yeux. Il lui fallait quelqu’un, pour lui poser les bonnes questions. Quelqu’un qui la mettait au pied du mur, au lieu de la conforter dans sa souffrance et de la laisser gérer seule. Certains étaient plus familier que d’autres avec le deuil. D’autres ne savaient pas gérer. Personne n’était responsable de la souffrance de Joanne, ça, c’était certain. Personne n’était coupable de cette douleur qu’elle ressentait en permanence dans sa poitrine, ni des larmes qui coulaient, encore et toujours, le long de ses joues. Relevant les yeux vers la Louve, Joanne l’écouta à nouveau, même si elle pouvait semblait être trop perdue dans sa souffrance pour ça. Mais les mots s’imprégnaient, c’était évident. Alors, quand Mary lui demanda si elle en voulait à la meute, à Jack ou à elle-même, Joanne secoua la tête, doucement, de droite à gauche. Non, elle ne leur en voulait pas. Jamais elle n’aurait pu leur en vouloir pour ça. D’ailleurs, au départ, Joanne n’avait pas voulu mêler la meute à ses soucis personnels. Mais Jack avait promis de l’aider. Une meute. Une famille.

Mary se montrait à la fois piquante dans ses propos et réconfortante dans ses gestes. Un mélange qui déboussolait un peu la jeune Sorcière. La Louve avait très bien saisi la douleur de la Chamane et ses envies, sombres, mortelles. Si elle ne le disait pas clairement, elle le lui faisait comprendre. Au fond, Joanne savait qu’elle avait raison de lui parler ainsi. Mais elle parvenait difficilement à imaginer quelqu’un souffrir de sa mort, de son absence. Elle peinait à croire qu’on tenait à elle. Mais elle pensait ainsi à cause de cette peine immense, de cette colère envers elle-même. Pourtant, elle était la première à dire qu’une mort causait de la peine à ceux qui restaient. Et la sienne en causerait également, c’était évident. Même si elle n’avait pas énormément d’amis en ville, elle manquerait à sa meute. Et puis elle avait raison. Yuma n’avait pas choisi de mourir. Joanne, elle, serait responsable de la souffrance qu’elle infligerait aux autres si elle décidait de s’enlever la vie. Et elle ne voulait faire souffrir personne.

Alors les choses commençaient doucement à se bousculer dans l’esprit de la Chamane. Elle remettait les choses en ordre, essayait en tout cas. Les mots de Mary faisaient effet. En tout cas, ils s’incrustaient là où il fallait, titillant la conscience de la Chamane, chatouillant sa joie de vivre naturelle, sa combativité. Il y avait une partie de Joanne qui semblait se battre pour la vie. Et la Louve ne laissa pas de répit à la Chamane, continuant à poser des questions, à bousculer par ses mots.

- Je ne veux pas… je ne veux pas que vous souffriez. Pour ça, Joanne était claire. J’ai tellement l’impression que cette douleur ne me quittera jamais, comme si elle allait me tuer si je ne le fais pas avant.

Les mains tremblantes vinrent essuyer les joues humides de larmes ainsi que les yeux rougis. Fermant les yeux quelques instants, Joanne inspira profondément, comme pour retrouver son calme, avant de les rouvrir.

- Viens, on monte.

Et Joanne se releva, un peu gênée. Elle rangerait la pièce plus tard, invitant Mary à remonter au rez-de-chaussée.

- Tu as le temps pour un thé et un morceau de ta tarte ?

Après l’acceptation de Mary, Joanne se rendit dans la cuisine pour faire chauffer de l’eau. Elle revint quelques minutes plus tard avec, sur un plateau, de l’eau chaude, des tasses, des sachets de thés faits maison et deux assiettes de tarte faite par Mary. L’invitant à s’installer sur le canapé, Joanne prit place dans le fauteuil. Isha, son hibou, vint se poser sur l’accoudoir, réclament quelques caresses, réconfortant sa Sorcière par la même occasion. Un baiser fut déposé sur la tête de l’animal qui ferma les yeux. Leur complicité était frappante. Joanne reporta finalement son attention sur Mary, toujours un peu gênée de s’être montrée ainsi face à la Louve.

Tu avais vraiment besoin de ces plantes, ou tu es venue spécialement pour prendre de mes nouvelles ? Je n’ai pas d’amies ici tu sais… en dehors de Jack, je n’ai personne à qui me confier. Je suis désolée que tu aies eu à me voir comme ça… Mais merci, ça m’a fait du bien.

Parce qu’il fallait l’avouer, même si cela ne se voyait pas forcément, Joanne se sentait déjà un peu mieux après cette crise ; après les mots de la Louve.


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MessageSujet: Re: This suffering never disappears Dim 11 Nov - 20:19

Joanne & Mary ~ 15 Septembre 2018

Cette épreuve du survivant, du dernier vivant, Mary l’avait connu elle aussi. Se relever, continuer à avancer, avoir l’impression d’abandonner l’autre étaient des épreuves difficiles à surmonter pour tout le monde. Voir sa chamane dans cet état était loin d’être agréable, bien au contraire. Si elle avait pu subir sa peine à sa place, elle l’aurait volontier fait. Joanne semblait petit à petit perturbée, déboussolée. Les mots de la louve finissaient-ils par atteindre leur objectif ? Même si la cruauté n’avait jamais fait parti de la brune, elle savait qu’elle devait la bousculer, la forcer à penser à ce qui était arrivé du bon point de vue, celui qui lui laissait entrevoir une suite, un nouveau chemin à arpenter. Cela allait être dur, très dur, mais ce n’était pas impossible de poursuivre sa vie après une telle perte. La seule crainte qu’avait la jeune femme était d’être arrivée trop tard et que la colère de la sorcière n’est pris le dessus au point d’étouffer tous les mots, toutes les choses que la plus ancienne lui disaient.

Ne voulant pas précipiter sa réflexion de trop, Mary avait pris soin de se taire par moment, laissant la chamane analyser ce qu’elles disaient et choisir ses réactions au possible. Lorsque quelques mots s’échappèrent des lèvres de la métisse, un petit sourire se dessina au coin des lèvres de la louve. La guerre n’était pas finie mais de toute évidence, elle lui avait permis de remporter une bataille. D’un autre côté, la jeune femme était un peu déchirée. Comme elle l’avait dit plus tôt, cette douleur allait l’habiter probablement jusqu’à la fin de ses jours. La seule chose, c’est que le temps la rendait plus supportable, moins omniprésente. Mais il arrivait envore à Mary d’avoir des pensées pour Joachim. Si seulement à cette époque, elle avait pu faire quelque chose pour lui. A vrai dire, le meilleur moyen qu’elle aurait eu de ne pas le blesser, ne pas le faire tuer, était tout simplement de ne jamais voir le jour. Ses parents avaient obtenu ce mariage arrangé en payant des vampires qui, non satisfait de leurs gains, étaient venus se venger sur le couple qui n’était absolument au courant de rien. Ce sont les paroles de Joanne qui la ramenèrent rapidement à la réalité. Elle voulait remonter. Se redressant, la louve n’eut pas le temps de l’aider que déjà la sorcière se dirigeait vers l’escalier. La brune lui emboîta le pas rapidement et une fois en haut, elle lui fit un simple signe de tête pour accepter son invitation à boire le thé. Elle laissa la chamane s’occuper de tout, songeant au fait que quelques minutes auparavant, lors de son arrivée ici, elle aurait juré qu’elle était plutôt gênante de par sa présence. Et ça, c’était pour pas dire autre chose. Plantée en plein milieu du salon, on aurait pu croire que la jeune femme jouait les statues.

Joanne ne mit pas très longtemps en revenir, tenant entre ses mains un plateau complet pour qu’elles puissent s’installer. Un signe de la chamane et la brune prit place dans le confortable canapé qui se trouvait d’un côté de la table basse, son hôte s’installant à son tour dans un fauteuil qui lui faisait face. L’animal totem de la sorcière vint réconforter sa maîtresse. Un lien entre son animal et son propriétaire pouvait être fort d’ordinaire déjà. Mais cela n’avait rien de comparable entre l’animal d’une chamane et son binôme. Mary s’en était déjà rendue compte par le passé. Il y avait cette symbiose entre les deux qui ne s’expliquait pas. Son interlocutrice reporta son attention sur la louve avec un regard que la jeune femme décoda rapidement, un regard que Joachim avait très souvent discerné dans les prunelles émeraudes de son épouse. De toute évidence, la perspicacité de la métisse était toujours aussi présente. La brune ne put s’empêcher un petit rire qui pouvait signifier beaucoup de choses : moquerie, confirmation, détente de l’atmosphère. Il était clair que la louve ne se serait pas embêtée à discuter ainsi avec sa chamane pour se moquer d’elle par la suite.

Tu as vu juste pour les deux. J’ai voulu passer prendre de tes nouvelles et quand tu as ouvert la porte j’ai songé à ce prétexte qui n’est pas qu’une excuse vu que je compte bien donner à mon amie tes plantes.

Un petit sourire au coin des lèvres, il était temps de détendre un petit peu l’atmosphère. Attrapant sa tasse, Mary souffla doucement sur le liquide brûlant aux senteurs rafraîchissantes et florales. L'honnêteté de sa chamane était tellement appréciable. En l’absence de réactions supplémentaires, la louve avait songé repartir pour la laisser réfléchir à tout ça et souffler un coup. Mais son invitation à boire le thé avait été si spontanée, qu’elle ne se serait pas vue refuser.

Tes remerciements me touchent mais je préfère éclaircir un point. Ne crois pas que cela m’ait dérangé ou gêné. Je ne serais pas venue sinon. Donc je suis contente que ça t’ait été profitable.

Un petit sourire accompagné d’un clin d’oeil et la louve reporta son attention sur sa tasse. Soufflant à nouveau sur le liquide chaud, elle reposa cette dernière sur la table avant de jeter un oeil autour.

Dis-moi, que fais-tu de tes journées ? J’ai cru comprendre que tu ne travaillais plus beaucoup à la librairie.

Elle avait entendu une louve de la meute habituée de la boutique de la chamane faire la remarque une semaine plus tôt. Il est sûr que dans pareille situation, il était compliqué de poursuivre son train-train quotidien. Mais la sorcière allait devoir y songer pour son bien personnel. D’un autre côté, les sujets “fâcheux” avaient peut-être été déjà suffisamment abordé aujourd’hui. Mary aviserait selon la réaction de la métisse.
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MessageSujet: Re: This suffering never disappears Mer 14 Nov - 12:00



This suffering never disappears
Joanne ft. @Mary Thellier


Il ne fallait pas croire que Joanne ne souffrait plus, loin de là. Mais l’espace d’un instant, elle acceptait de mettre cette douleur en sourdine, soulagée par ce pétage de plomb pas prévu, mais qui faisait du bien malgré tout. Elle se sentait un peu plus légère, comme si une partie du poids sur ses épaules venait de tomber. Elle souffrait, mais un peu moins. A vrai dire, l’idée de mourir s’envolait doucement. En tout cas, elle n’était plus aussi certaine de vouloir quitter ce monde, se rendant compte que cela ne changerait rien. Yuma était perdu, mort et mourir elle aussi ne lui ramènerait pas cet amour perdu. Car elle n’était pas certaine de le retrouver dans l’au-delà, là où leurs Ancêtres se réunissaient. Une petite voix lui soufflait à l’oreille qu’elle avait encore des choses à faire, des choses à vivre ; que sa vie ne faisait que de commencer. Une sorte de renaissance après la perte d’une vie. Joanne aurait bien besoin d’un rituel de purification, de retrouver son lieu sacré par la méditation, retrouver ses ancêtres, faire la paix, aussi bien avec elle-même qu’avec ses défunts. Il était temps qu’une page se tourne, pour en écrire une nouvelle, moins douloureuse. Alors cette pause, aux côtés de Mary, était nécessaire. Elle lui ferait le plus grand bien. Joanne avait besoin de se reconstruire en tant que femme et Chamane. Elle qui vivait sans réelles amies, qui s’était toujours consacrée à sa meute, puis à son fiancé, à son boulot, à sa magie ; avait besoin aujourd’hui d’apprendre à vivre pour elle. Réellement pour elle. Mary venait de bousculer tout ça dans l’esprit de Joanne. Un mal pour un bien à vrai dire.

Alors elles étaient là, assise dans le salon, avec du thé et la tarte faite par Mary. Isha était de retour pour apporter du soutien à sa maîtresse. Le lien avec l’animal et la Chamane était puissant, mais le hibou souffrait lui aussi de la situation, de la perte de Yuma et de la douleur qu’éprouvait sa maîtresse. Joanne était touchée par l’envie de Mary de prendre de ses nouvelles. Il fallait avouer que certains loups de la meute avaient encore un peu de mal à se confier à elle, à venir la voir, souffrant encore de la mort de Manoé et de la précédente Chamane de la meute. Joanne était un peu la remplaçante, imposée à la meute. Et malgré sa bonne humeur et sa gentillesse, tous n’étaient pas encore proches d’elle, pas au point de la considérer comme une amie. Mais Mary avait fait cet effort, celui de venir la voir et non pas que pour obtenir quelque chose d’elle. La Louve ne s’était pas forcée à venir et cela touchait Joanne. Après tout, Jack aurait très bien pu demander à Mary de venir, ne parvenant pas à faire parler lui-même Joanne pour la libérer de ses souffrances. Mais non, Mary avait fait ça assez spontanément et de son plein-gré.

Joanne bue une gorgée de thé, écoutant Mary lui demande ce qu’elle faisait de ses journées. Depuis la mort de Yuma, Joanne s’était faite beaucoup plus absente, autant au sein de la meute que dans sa librairie. Heureusement, Léanie, son employée, avait géré la librairie qui du coup, avait changé temporairement ses horaires d’ouvertures.

- Je gère la librairie d’ici, je passe les commandes avec mon ordinateur, mais… C’est vrai que je ne sors pas beaucoup. J’ai énormément de mal à voir du monde. À croire que la foule m’angoisse. J’ai peur de franchir le seuil de ma porte, en dehors des fois où je vais me recueillir chez Jack... Hausse d’épaules, soupir. Je me suis renfermée sur moi. Tu sais, voir les gens heureux, voir les couples qui marchent main dans la main… Entendre les rires des autres, me forcer à sourire ou à être polie… C’est au-dessus de mes forces. J’ai peur de retourner travailler et qu’on me présente des condoléances pas toujours sincères ; peur de parler de lui et de souffrir, encore et encore.

Pourtant, elle savait que si la mort n’était pas une solution, rester cloîtrée chez elle n’en était pas une non plus. Elle finirait agoraphobe à ce rythme, elle qui aimait pourtant tant la vie et les gens. Elle devait se bouger, reprendre sa vie.

- C’est certainement de l’auto-flagellation, mais je n’ai pas arrêté de me dire que je n’avais pas le droit d’être heureuse et d’avancer alors que Yuma a tant souffert et en est mort… Quand est-ce que c’est le bon moment pour sortir de son deuil, de recommencer à vivre, à voir des gens ? J’en sais rien… Quand ma meute est morte, j’ai dû enterrer nos morts, accompagner leurs âmes et soigner Yuma qui était terriblement blessé. Je n’ai pas eu le temps d’y penser, pas tout de suite en tout cas. Alors… je ne sais pas comment j’ai le droit d’agir. C’est bête hein ?

Chacun gérait son deuil à sa manière et ça, Joanne le savait. Pourtant, elle avait peur d’être jugée, peur que Yuma la trouve trop vite heureuse.


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MessageSujet: Re: This suffering never disappears Mer 14 Nov - 22:32

Joanne & Mary ~ 15 Septembre 2018

Après lui avoir posé plusieurs questions, Mary prit le temps d’écouter sa chamane avec toute l’attention possible. Portant sa tasse à ses lèvres, le thé étant enfin à une température acceptable, elle apprit que son interlocutrice ne s’était pas encore coupée totalement du monde extérieur, même si c’était par écran interposé. La technologie pouvait avoir ses bons côtés après tout. La suite des explications de Joanne ne la surprend guère. La louve avait elle aussi eu sa période où elle ne voulait voir personne, ne parlait à personne. Le regard des autres ainsi que leurs condoléances qui sonnaient régulièrement fausses n’étaient que des tourments supplémentaires. Cela pouvait carrément donner des envies de meurtres tant elle les imaginait bien loin de la réalité, à se prononcer sans savoir de quoi ils parlaient. Ces rires qui faisaient échos dans un coin de sa tête avaient été une douloureuse mélodie pendant bien longtemps. Les mots de la sorcière la transportaient dans un passé à présent lointain qui était toujours aussi douloureux, comme si cela n’était survenu qu’hier. La seule chose qui la sauvait, qui lui permettait de vivre et d’avancer, était le fait qu’avec le temps, son esprit songeait moins souvent à cette horrible perte qu’elle avait subi, alors qu’ils n’avaient quasiment pas vécu ensemble encore. C’était le plus gros regret que la brune pouvait avoir, cette sensation qu’ils n’avaient pas profité, qu’ils n’avaient rien eu le temps de faire. Elle avait déjà perdu un an avant de se rapprocher de Joachim, réellement. A l’époque, la jeune adulte qu’elle était n’avait aucune idée des sentiments qui allaient naître entre eux et encore moins du fait qu’elle allait pouvoir regretter cette année passée à se rapprocher, à se détester et à finalement se désirer petit à petit. C’était une année entière où elle aurait pu plus profiter de lui et apprécier sa présence au lieu d’être aussi gênée, aussi timide ...

Tu sais Joanne, ta réaction est plutôt normale. Tu ne peux pas faire comme si de rien n’était. Il va te falloir un temps d’adaptation pour retrouver une vie assez stable.

Il faut dire que la brune, elle, avait mis quelques années pour reprendre le cours de sa vie. Seul Jack avait un réel contact avec elle. Mais il faut dire qu’elle avait bien vite découvert l’implication de ses parents dans leurs tortures et la mort de son époux. Ce n’avait pas été qu’une idée dans un coin de sa tête, ça n’était pas pour se donner bonne conscience en tant que conjoint survivant. Non, la jeune épouse Latil née Blanc était issue d’une famille qui avait signé pour payer le prix fort en échange de ce mariage arrangé et qui n’avait pas tenu sa promesse, les menant à leur perte. Buvant une nouvelle gorgée de son thé, elle continua d’écouter sa nouvelle amie qui semblait tout de même soulagée par l’explosion d’elle-même qu’elle venait d’avoir, évacuant des sentiments de toutes sortes qui étaient en train de l’écraser de l’intérieur.

Penses-tu que parler de lui te fera plus mal que de penser à lui ?

Evidemment, Mary était persuadée que la chamane pensait à son fiancé mort prématurément à longueur de journée ou presque. Que cela soit dans sa tête ou bien à haute et intelligible voix, le résultat était sensiblement le même. Portant une oreille attentive aux nouvelles paroles de la métisse, la louve eut un regard compatissant pour cette femme qui s’en voulait d’être ici pendant que son bien-aimé lui avait quitté la terre ferme. Cela était évident dans son comportement mais les mots qu’elle avait choisi d’employer pour l’évoquer oralement apportaient encore plus de véracité à cette cruelle situation. Le fait qu’elle aborde la perte de sa meute dans le passé la toucha. Joanne semblait de plus en plus à l’aise avec la brune qui ne cherchait qu’à l’alléger du cruel fardeau qu’elle portait sur ses épaules.

Non ce n’est pas bête. C’est humain Joanne.

Prenant le temps de boire une gorgée, la louve cherchait les mots les plus justes pour expliquer à la chamane ce qu’elle avait compris de sa propre expérience. Se replongeant dans ses souvenirs le temps d’un instant, fermant ses paupières quelques secondes, elle se rappela ce moment où elle s’était demandée si elle avait le droit de se relever, de vivre sans lui. S’accorder des moments de joie, de rire, était au début très intense des deux côtés. Lorsque la brune s’était décidée à avancer à nouveau, elle avait eu de bons moments avec la meute, à prendre des fous rires là où habituellement les gens auraient rigolé rapidement. Et l'ascenseur émotionnel était légèrement revenu à ce moment là, la faisant tomber en chute libre lorsque cette fameuse question de pouvoir ou pas profiter lui revenait en tête. Ouvrant ses yeux pour insérer son regard au fond des prunelles de la sorcière, Mary reprit :

Je ne pense pas qu’il y ait vraiment une règle en la matière. Seul le temps le permettra et je crois que tu seras la seule à savoir quand il sera temps, quand tu seras prête à aller de l’avant, d’une manière ou d’une autre. Ce n’est évidemment pas si facile que cela mais tu surmonteras ça comme tout le reste.

Une fois de plus, la louve faisait passer le message que Joanne y arriverait avec le temps. Ca n’était pas facile, loin de là, mais elle devait s’accrocher pour connaître autre chose. Attrapant sa tarte, elle commença à manger sentant la fin de ce moment potentiellement arrivée. Elle n'était pas venue ici pour s'imposer plus que nécessaire auprès de la sorcière après tout.
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MessageSujet: Re: This suffering never disappears Mar 27 Nov - 19:51



This suffering never disappears
Joanne ft. @Mary Thellier


Joanne avait peur, de cette vie qui l’attendait. Elle avait peur de cette solitude, même si elle avait eu le temps de s’y habituer un peu depuis la disparition de Yuma fin février. Depuis la dernière fois qu’elle l’avait vu, dans leur ancienne maison londonienne, Joanne avait appris, malgré elle, à vivre sans Yuma. Quitter leur précédent foyer, dans le nord de Londres, avait été douloureux. Elle avait laissé derrière elle une maison où flottait l’odeur du loup, où ses rires gras résonnaient encore entre les murs. Venue vivre ici, pour se rapprocher de sa nouvelle meute, Joanne avait tenté, tant bien que mal, de construire un petit nid douillet où Yuma aurait pu la rejoindre. Bon nombre d’affaires du loup traînaient encore dans des cartons. Des vêtements étaient rangés dans l’armoire de la chambre ‘’conjugale’’, vêtements qui gardaient son odeur, mais qu’elle avait peur d’oublier. Car ça aussi c’était une peur : l’oublier. Joanne avait peur d’oublier les traits du visage de son loup, l’odeur de sa peau, la chaleur de son corps ; peur d’oublier le son de sa voix grave et de son rire gras. Lorsqu’elle fermait les yeux, elle pouvait encore imaginer les grandes mains du loup qui touchaient son corps si fragile à côté du sien, si imposant. Elle pouvait sentir son souffle sur sa peau, ses doigts dans ses cheveux. Elle pouvait ressentir ses lèvres parcourir sa peau. Mais lorsqu’elle ouvrait les yeux, il n’était pas là. Disparu à tout jamais, lui rappelant qu’elle était seule maintenant. Alors oui, au-delà de la colère qui l’empêchait d’avancer dans son deuil, Joanne avait peur de continuer sa vie et d’arriver un jour à ne plus se souvenir convenablement de celui qui avait été toute son existence jusqu’à ce jour tragique où son corps s’était dévoilé sous le drap blanc soulevé par un médecin légiste. Une partie d’elle lui soufflait sans cesse que jamais elle ne pourrait l’oublier et qu’elle le retrouverait, lorsque l’âme aurait fait son chemin vers les Ancêtres. Elle le retrouverait dans ses songes et ses visions. Joanne savait, pourtant, que Yuma continuerait à veiller sur elle, quoi qu’il arrive. Mais il n’était pas encore prêt à revenir vers elle, il avait encore une route à faire.

Chacun vivait son deuil à sa manière. Joanne le savait très bien, elle qui avait une relation si particulière avec la mort, elle qui était née pour accompagner les vivants et accompagner les morts vers l’autre monde. Elle avait soulagé les pleurs de femmes endeuillées et la colère d’hommes veufs. Mais aujourd’hui, c’était elle la femme qui avait besoin de ce soutien, de ce réconfort. Elle était cette femme endeuillée, qui souffrait. Cette femme qui avait besoin d’avancer. Mais elle ne savait quand et comment le faire. Quand peut-on juger qu’il est bon de ne plus porter le deuil, qu’il est l’heure de fréquenter à nouveau des gens… l’heure de reconstruire sa vie sentimentale. Non pas qu’elle éprouvait l’envie d’avoir un homme à ses côtés, mais elle était faite pour fonder une famille et ce jour finirait par arriver. Mais quand ? Quand dire que ce moment était le bon ?

Mary n’avait pas réellement la réponse, car il n’y en avait pas. Seul le temps et son cœur lui dirait quand elle pourrait avancer. Il n’y avait pas de règles, tout le monde était différent. La louve se voulait rassurante et confiante, persuadée que sa Chamane surmonterait tout ça, comme elle avait toujours réussi à surmonter toutes les épreuves douloureuses de sa vie. Après tout, qui y avait-il de plus douloureux que de perdre sa famille et son amour ? La perte d’un enfant peut-être… Malheureusement, Joanne n’en avait pas encore, elle qui aurait tant aimé donner des louveteaux à Yuma. Cette pensée lui pinça le cœur et lui piqua les yeux.

- Laisser faire le temps… Cela me semble être la meilleure des solutions dit-elle avant de prendre un morceau de gâteau qu’elle trouva excellent. Je te promets, de ne pas faire de bêtises, de ne pas mettre fin à mes jours... Cette fois, Joanne osa dire clairement ce qu’elle avait eu en tête. Moment de détresse que Mary semblait avoir su apaiser. Je dois avancer. Yuma ne voudrait pas que je m’apitoie sur mon sort. Il aimait me voir rire et chanter, me voir sourire. Je lui dois bien ça...

Les larmes piquaient encore un peu les yeux de la Chamane qui se retenait pour ne pas pleurer. Il fallait qu’elle vive, en l’honneur de tous ses défunts, en l’honneur de l’homme qu’elle aimait. Il fallait qu’elle vive, pour le venger. Doucement, l’envie de vengeance s’insinua en elle. Elle se jura secrètement de tuer tout ceux qui avaient été à l’origine de la mort de Yuma, de la mort de sa meute. Car elle n’en doutait pas une seule seconde : les assassins de la meute de Prince Georges étaient ceux qui avaient tué Yuma. Elle les ferait souffrir, d’une manière ou d’une autre, et n’aurait de repos qu’une fois toutes les têtes tombées. La vengeance n’était peut-être pas la meilleure arme, la meilleure solution, pour retrouver l’envie de vivre et de se lever chaque matin. Mais cela l’aiderait à avancer malgré tout.

- Je crois que je vais aller à la librairie tout à l’heure… faire quelques courses aussi. Il va bien falloir que je le fasse un jour. Autant commencer aujourd’hui non ? Un sourire étira les lèvres de la Chamane, léger, mais plein d’une tristesse qui ne partirait pas encore ce jour-là. Merci Mary, d’être venue. Je veux être à la hauteur de mon rôle. Être une meilleure Chamane. La meute a souffert de la St-Patrick et a assez pleuré ses morts. Jack ne m’a pas choisi pour que je sois inutile. C’est promis, dès demain je serai beaucoup plus présente pour vous. Vous n’aurez plus à souffrir à cause de moi.

Oui, Joanne allait se relever. Doucement, à son rythme. Mais elle allait le faire. Et cela commencerait par un retour au sein de sa librairie. Les choses devaient changer, avancer. Et même si elle était terrifiée à cette idée, elle allait le faire. Parce que Mary avait su être là au bon moment, pour l’aider à se relever.

- Peut-être qu’on pourra aller déjeuner un de ces jours, ou boire un verre ? Il est temps que je vive, pas vrai ?

Vivre, plutôt que de mourir...


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MessageSujet: Re: This suffering never disappears Ven 30 Nov - 13:31

Joanne & Mary ~ 15 Septembre 2018

Mary était contente d’être passée voir sa chamane. La voir dans cet état avait fait remonter de mauvais souvenirs en elle, mais c’était un mal pour un bien. La sorcière avait eu besoin de ça, de se vider, d’extérioriser tout ce qu’elle ressentait. La jeune femme avait eu beaucoup de mal à passer cette épreuve. Jack était un bon ami, un homme gentil, mais il n’était pas très causant et il avait mis du temps avant de se décider à la bousculer comme elle venait de le faire avec sa chamane, beaucoup de temps. La brune s’était rongée, renfermée. L’humaine enjouée et souriante qu’elle avait été n’était plus qu’un vague souvenir, presqu’un simple rêve. Quand elle y repense, elle se trouvait plutôt écoeurante à cette époque. Avec le recul, elle serait prête à parier que Joachim lui-même n’aurait pas apprécié de la voir ainsi, même à cause de sa propre disparition. Elle avait été tellement perdue lorsqu’il était parti, qu’il l’avait abandonné du jour au lendemain. Aujourd’hui, elle peinait à se remémorer certains souvenirs, à ce souvenir de sa douceur, de son rire, de sa tendresse, de ses baisers ou encore de son odeur. La louve avait à présent l’impression que cela était très loin. Ses souvenirs aux côtés de son époux se faisaient de plus en plus lointain, effacés.

La louve espérait vraiment que ses mots avaient pu soulager un temps soit peu la jeune femme métisse. Elle n'avait rien d'autres à lui dire. Il était compliqué de trouver les bonnes paroles dans ce genre de circonstances. Joanne lui confirma la crainte qu'elle avait eu. De toute évidence la brune avait eu l'idée de lui rendre visite au bon moment. Le timing n'aurait pas pu mieux tomber et le fait qu'elle avoue cette sombre idée qu'elle avait eu était plus une chose rassurante qu'effrayante. Si la sorcière avait encore eu l'idée de passer à l'acte, elle n'aurait probablement pas fait une telle remarque devant la louve. La gratifiant d'un sourire chaleureux, elle profita des confessions de sa chamane pour porter sa tasse à ses lèvres. Alors que Joanne semblait encore un peu perdue, elle donnait également l'impression d'avoir retrouvé l'envie de se battre dans le but d'avancer. Même si ses pupilles étaient encore brillantes à souhait, Mary avait envie de croire que les choses allaient s'améliorer. La chamane osa dire tout haut ce que la jeune femme avait hésité à dire plus tôt même si cela était évident. Lorsqu'on aimait quelqu'un, on souhaitait généralement le meilleur pour cette personne, même si cela n’incluait pas la première personne. C'est toujours ainsi qu'elle avait envisagé sa relation avec Joachim au début de leur mariage. A cette époque, la jeune femme ne pensait pas que le jeune Latil puisse s'intéresser à elle un jour. Mais la suite avait démontré le contraire. C'était lors d'un bal organisé spécialement pour sa mère que le brun ténébreux avait fini par lui révéler son attirance physique mais pas que pour sa jeune épouse. Cela faisait partie des rares souvenirs qui restaient encore dans son esprit.

J'espère que tu sauras venir me voir si tu as besoin.

Accompagnant sa remarque d'un petit clin d'œil, la brune cherchait à lui faire comprendre qu'elle pouvait avoir à nouveau l'envie de craquer. Elle était à sa disposition si elle avait peur de ne pas pouvoir franchir cette nouvelle épreuve seule. Poursuivant la conversation, Joanne lui avoua vouloir se rendre à sa boutique. C'était une excellente idée et un signe supplémentaire positif concernant l'état de la sorcière. Tout n'était pas joué mais la fin de leur rencontre avait un petit goût de victoire, de bonne humeur.

Je suis sûre que ton employée sera ravie de te voir. Mais par contre, concernant la meute, prends ton temps. Tout le monde comprend parfaitement que c'est difficile pour toi. Alors ne te mets pas la pression.

Se remettant à manger sa part de tarte qu'elle semblait avoir plutôt bien réussi, à la louve fut surprise de la proposition de la sorcière. Elle se reprit rapidement le temps d'avaler la dernière bouchée de sa part, avant de reprendre la parole.

Avec plaisir. Tu n'auras qu'à me dire le midi qui t'arrange, généralement j'ai du temps pour prendre ma pause au journal. Ou pourquoi pas sortir boire un verre le soir.

Le fait que la chamane se projetait était un signe de plus que son intervention avait fonctionné mais aussi qu'elle avait assez duré. Terminant sa tasse de thé, elle la repoussa tranquillement avant de se lever tout en prenant de nouveau la parole attaquant par une formule de politesse sur le ton de l'humour.

Merci pour l'accueil en tout cas. Délicieux thé et délicieuse tarte.

Attrapant sa veste sur le canapé qu'elle enfila rapidement, elle glissa rapidement sa main dans sa poche pour attraper le petit paquet d'herbes remis plus tôt par la chamane.

Et merci pour ça.

Tournant les talons, elle sortit laissant la sorcière seule face à elle-même. La louve espérait juste que Joanne saurait venir la voir en cas de nouveaux soucis. Plus légère, contente d'être intervenue à temps, Mary répartit en direction de chez elle espérant pouvoir se livrer dans le canapé devant une série ou un film.
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