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''Moon's Spell'' s'inspire du roman ''Salem'' de Sandra Triname. Les autres sources sont diverses et variées.
Redécouvrez certaines races avec des manières de jeux exclusives qui pourront vous ravir. ''Moon's Spell'' cherche plusieurs
PV's très importants pour le développement du jeu. Personnages construits mais libres en plusieurs points, ils ont tous des
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Venez le découvrir !
Freak Show



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Augures ▲ Ivana

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Alistair Colt

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☩ Et Fratres Luminis ☩
Humain



¤ AVATAR : François Arnaud
¤ CRÉDITS : dandelion.
¤ MESSAGES : 213
¤ POINTS : 25
¤ AGE : 31 ans
¤ ZONE LIBRE : .
▲ 1m88
▲ Cicatrices dans le dos (macération)
▲ Arme principale : 9mm
▲ Balles à fragmentation G2R RIP
▲ Armes secondaires :
----- tantō
----- fusil à pompe
▲ Dans les poches :
----- Seringue d'eau bénite
----- Seringue soluté d'argent
----- Corde à piano
▲ Couleur : #6f931c
¤ MEMBRE DEPUIS LE : 29/06/2018


MessageSujet: Augures ▲ Ivana Jeu 19 Juil - 17:41

Octobre 2012 ▲ Rome, Italie.

« Signor ? Signor ! Sei ferito. Apri gli occhi. Sei ferito ! »
La voix aiguë de l'enfant tressautait dans sa tête comme un grelot aux notes incompréhensibles. Il passa la langue sur ses lèvres. Il avait la bouche pâteuse et des courbatures dans tout le corps. « I don't speak italian », murmura-t-il. « Eh ? » répondit l'enfant en ouvrant de grands yeux. Il fit un effort de concentration extrême. La migraine ne l'aidait pas. « Sete. Si prega. Sete... » Le garçon lui tendit alors sa briquette de jus de pomme dans laquelle était plantée une petite paille rouge et blanc. Il tâcha de grimacer un sourire de reconnaissance et en but trois gorgées. Depuis l'autre bout de l'allée, on entendit une voix féminine, une voix d'adulte légèrement inquiète, qui appelait "Vittorio". Le petit garçon sauta sur ses pieds et courut en direction de sa mère. Avant qu'Alistair ait le temps de manifester sa présence, il sombra de nouveau dans un état d'inconscience brumeuse.  
ivana & alistair
AUGURES.

La nuit était tombée lorsqu'il rouvrit les yeux. Il sentait son sang fourmiller avec difficulté dans ses veines. Il sentant son sang se défendre. Idée stupide, si elle n'avait pas été corroborée par un bruit de succion et de déglutition, non loin, trop près. Il baissa la tête et vit un monstre agenouillé devant lui, ou plutôt à moitié couché contre lui, les mains agrippées sur ses jambes. Il fut pris d'un haut-le-cœur, qu'il réprima à grand peine pour se munir très lentement de son revolver. Une seconde plus tard, la cervelle de la créature éclatait comme une figue trop mûre et écumait sur le corps d'Alistair. Il reprit son souffle et ses esprits, convaincu de devoir foutre le camp très vite avant que l'odeur de son sang n'attire d'autres assoiffés dans cette ruelle insalubre où il s'était échoué quelques heures auparavant. Il s'arcbouta contre le mur derrière lui pour se relever, se tourna et s'observa dans une fenêtre du rez-de-chaussée d'un immeuble. Auscultation rapide : le sang noir qui avait coagulé dans son œil droit ne venait heureusement pas de son œil mais d'une coupure superficielle au sommet du crâne ; pas de commotion a priori ; plaie à la jambe, vingt centimètres de long (celle-là même qui avait probablement attiré le vampire sur ses traces) ; nécessiterait des points de suture, mais l'artère fémorale n'était pas touchée ; épaule gauche probablement déboîtée, et ça c'était pas drôle, d'une part parce que les muscles avaient déjà eu le temps de refroidir, et d'autre part parce qu'il était gaucher. Il enfonça sa main droite dans la poche de sa veste en cuir. Il en sortit d'abord une brique de jus écrasée dont il ne savait vraiment pas ce qu'elle foutait là, ses clefs de voiture, et puis, enfin, une seringue de diazépam. Il la déboucha avec les dents et se la planta dans l'épaule en priant intérieurement pour que la dose suffise, pour les minutes à venir. Il savait exactement où il était et pourquoi il s'était traîné jusqu'ici. La douleur seule avait dû l'arrêter à mi-chemin de sa destination finale. Sur la droite, il y avait une benne à ordures, qu'il ouvrit et fouilla de son bras valide. Il mit quelques secondes à trouver ce qu'il cherchait : n'importe quel morceau de linge, en l'occurrence un vieux t-shirt d'adolescent déchiré. Il finit de le mettre en pièces et s'en fit une écharpe de fortune pour maintenir son bras gauche en place. Rien de tout cela n'était très glorieux. Se retournant, il enjamba le corps du vampire au crâne défoncé. Pas le temps ni la force de finir le job ce soir. Heureusement que cette créature était venue seule, et qu'elle n'avait pas eu l'idée de le trainer dans son nid. Il avait eu assez d'échecs. Il trottina en longeant les murs pendant quelques minutes, s'arrêtant devant une porte sur laquelle il asséna trois grands coups du plat de la main.
Il fit bientôt face à deux pierres d'opales irisées, qui illuminaient de leur froid un visage ombrageux. Pendant un bref instant, il en oublia presque la situation et la douleur, frappé d'étonnement, comme si la couleur des yeux de la jeune femme avait quelque chose d'inimaginable et de curatif en même temps.
« Bonsoir Secilia », dit-il d'une voix rauque, en esquissant tout de même un sourire de séduction dérisoire, prenant l'attitude d'un gamin qui viendrait chercher sa cavalière avant le bal du lycée.
Elle était à peine plus âgée que lui, mais elle le lui faisait parfois sentir avec condescendance, et il lui semblait bien que c'est ce qu'elle ferait dans un instant, lorsqu'elle l'accablerait de son célèbre "je te l'avais bien dit, crétin". Ou peut-être que non. Peut-être allait-elle lui fermer la porte au nez. Il ne la connaissait pas si bien que cela. Il ne se sentait pas capable d'appréhender correctement ses réactions. Le charme qu'exerçait sur lui son regard se rompit et il se sentit soudain un peu gêné. Il lui avait toujours trouvé des airs aristocratiques, devant lesquels il ne convenait pas de se présenter tel un manant. Il eut honte d'être en si piteux état, pas parce que cela blessait son orgueil de chasseur, mais parce que cela le déstabilisait dans sa posture habituelle d'homme raffiné sous son holster en kydex. Une porte s'ouvrit non loin : un homme allait la franchir pour fumer sur le perron de sa maison, sortir les poubelles, ou observer ses voisins dans le clair de nuit, peu importait, mais il n'était pas question qu'il vît Alistair et sa gueule pleine de sang séché.
« Pardon », souffla-t-il.
Il poussa la porte qu'elle venait d'ouvrir et s'engouffra dans l'entrebâillement sans attendre qu'elle l'invite à entrer, la frôlant au passage, s'imposant à elle de toute sa hauteur. Il referma la porte en s'y adossant. Elle verrait bien qu'il n'avait pas le choix. Pour autant, il ne comptait pas s'éterniser.
« J'ai juste besoin d'aide pour remettre ça en place. Après, j'm'en vais. »
Il montrait son bras en écharpe. Il se demandait vaguement si elle allait lui servir un sermon, s'auto-congratuler d'être la plus maligne des deux, ou simplement se taire. De son côté, il n'estimait pas lui devoir d'explications. Ou plutôt si, il lui en devait certainement maintenant qu'il l'avait presque forcée à l'accepter chez elle, mais il rechignait à lui en donner. Comme toujours, mieux valait détourner l'attention en jouant la carte de la plaisanterie. Les longs discours risquaient de l'abattre pour de bon. Une lueur d'espièglerie s'alluma dans ses yeux au moment où il tourna la clef dans la serrure pour verrouiller la porte. Il haussa un sourcil en souriant, laissant entendre sans mot à la jeune femme qu'elle était à présent à sa merci, comme s'il ignorait que, dans son état, il suffirait d'une pichenette pour le mettre KO.
« A moins bien sûr que tu ne me supplies de rester », parada-t-il d'un ton enjôleur, faisant un pas vers elle pour la toiser d'un regard sombre et chaud.

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MessageSujet: Re: Augures ▲ Ivana Ven 20 Juil - 20:41


Augures
Ivana ft. Alistair

Un soupir s’échappe des lippes sèches de la brune. Autour d’elle gravitent quelques soldats qui, comme elle, viennent de rentrer de mission. Une mission tout à fait banale, presque ennuyante, qui n’a même pas le mérite d’être appelée mission. Deux Vampires à tuer. Un travail qu’elle aurait pu faire seule. Mais non, il fallait envoyer une troupe. Secilia n’aime pas ça. Elle aime travailler avec ceux qu’elle apprécie et ils ne sont pas nombreux. Lucius est en mission depuis plusieurs jours, loin du Vatican, loin d’elle. Il est le seul qui peut se vanter de parvenir à lui décrocher plus de sourires que de gueulantes. C’est certain. Beaucoup se méfient de Secilia, parce que ses colères sont parfois violentes, parce qu’elle est secrète aussi. Mais à cet instant, tous sentent que quelque chose ne va pas.

- Ne t’inquiète pas, il va finir par rentrer, tu le connais.

Elle soupire encore et lève les yeux vers Fabio, un des rares coéquipiers qui ose adresser la parole à sa sœur d’arme. Autant sur le terrain, tous savent qu’ils peuvent lui faire confiance, autant en dehors, beaucoup évitent sa présence. Il faut dire que Secilia est un soldat exemplaire, depuis son plus jeune âge. Elle n’échoue pas souvent, elle est efficace, rapide, ne rechigne pas. Elle fait le job, comme diraient certains. Beaucoup de jeunes Fratres de sa génération cherchent à avoir un semblant de vie sociale. Pas elle. Elle se moque bien d’avoir ou non des amis. Même si les rares lui sont chers. Cette fois, il s’agit d’Alistair, bien qu’elle ne soit pas certaine de le considérer comme un ami.

- Que Dieu me pardonne, mais s’il ne revient pas, s’il est mort, j’irais cracher sur sa tombe. Je l’ai prévenu !

Elle s’en veut déjà d’avoir parlé ainsi et elle se punira pour ça, plus tard, lorsqu’elle rentrera chez elle. Parce qu’elle a son propre foyer, depuis ses vingt ans. Un petit appartement, loué dans une maison. Petit studio mis à disposition par l’Ordre. Rien d’énorme, mais bien suffisant pour elle. La décoration y était assez maigre, voir presque inexistante. Un logement qu’elle va retrouver, à défaut de parvenir à trouver Alistair. Elle l’a pourtant prévenu de ne pas faire l’idiot, de ne pas partir seul sur une mission trop importante. Mais non, l’homme, par fierté stupide, avait décidé que si, il irait. Et il y est allé. Seulement, il n’est pas revenu. Voilà pourquoi Secilia essuie machinalement son épée déjà propre, qu’elle grogne et rumine. Et personne d’autre, à part Fabio, n’ose l’approcher. Secilia finit donc par aller retrouver son maître d’armes qui peut, depuis toujours, lire dans son regard. C’est lui qui l’a formé, élevée comme une championne. À ses côtés, Secilia a fait ses premiers pas dans l’Ordre. Grâce à lui, elle est un soldat parfait.

- Du nouveau ? 
- Non Secilia. Nous le cherchons. Mais ne t’inquiète pas. Alistair est l’un des meilleurs. Il nous reviendra. Sinon, le Seigneur l’accueillera, tu le sais.
- Son heure n’est pas encore venue. Mais je jure devant Dieu qu’il va regretter d’être parti ainsi.

Il sourit, le mentor. Il sait que Secilia ne s’attache pas facilement, ce n’est pas faute d’avoir voulu l’y pousser. Mais il sait, que Lucius et Alistair sont les rares hommes à parvenir à l’approcher, en dehors de lui évidemment. Il ne sait pas à quels genres de plaisirs ils s’adonnent et ne veux pas le savoir. Il sait que Secilia ne ferait rien qui pourrait décevoir leur Seigneur. Il sait, aussi, qu’elle mérite parfois de souffler un peu. La main du vieux mentor se pose sur l’épaule de Secilia, il la presse doucement, dans un geste tendre, pour la rassurer. Et elle aime ça. Elle sait qu’elle peut compter sur cet homme qui est ce qui se rapproche le plus d’une figure paternelle. Finalement, Secilia quitte le QG. Habillée en civile, elle se faufile dans les rues, au milieu des touristes, des passants. Le ciel est sombre en cette journée d’octobre. Où es-tu bordel ? Elle fait un détour Secilia, se disant qu’elle pourrait peut-être le trouver, à boire un verre. Même si cela l’énerverait, elle préférerait le voir en pleine forme quelque part plutôt que de le trouver mort. Ou pire : devenu Vampire.

Chez elle, Secilia commence par prier. Et, pour se punir d’avoir pêché, elle se déshabille. Lentement, elle s’empare de la discipline enfermée dans un tiroir de sa commode. Le petit fouet, fabriqué avec du chanvre par ses propres mains, vient fouetter le dos nu, malmener la chair qui porte déjà bien des cicatrices. Quelques coups seulement, pendant qu’elle prie en latin. La douleur, elle l’encaisse. Ce n’est rien. Finalement, lorsqu’elle sent le sang perler légèrement, Secilia s’arrête. La sensation de bien-être est étrange, forte. Et la brune file à la douche. Elle n’aime pas spécialement se laver au sein de la base, elle se contente du minimum. Pendant ce temps, au four, réchauffe un plat de lasagnes acheté à la supérette du coin. La douche est rapide, sans fioritures. Pas de soins du corps, pas de produits qui sentent la fleur d’oranger ou la framboise. Savon brut, rasage rapide. En quelques minutes, elle quitte sa salle de bain, habillée, les cheveux encore légèrement humides dont quelques gouttes d’eau s’échappent, pour mouiller le débardeur gris qu’elle porte.

(…)

Dehors, la nuit est tombée lorsque quelqu’un frappe à sa porte. Secilia, prudente, glisse son poignard à sa ceinture. Lorsque la porte s’ouvre, c’est le visage d’Alistair qui se dévoile. Le cœur de la brune sursaute, s’arrête presque, de soulagement, de colère et de bien d’autres choses. Les émotions sont difficiles à gérer pour elle, elle déteste ça. Les mots lui manquent lorsqu’il la salue, presque comme si de rien était. Mais les prunelles parlent pour elles, devenues subitement sombres et pleines de colère. Le regard se baisse, observe rapidement la situation. C’est qui sent mauvais Alistair. Il sent l’humidité, les égouts, le sang. Elle n’a pas le temps d’agir qu’il force le passage pour pénétrer dans l’appartement sans y être invité. La porte se referme aussitôt dans le dos du soldat de Dieu que Secilia dévisage, l’air grave. Le calme avant la tempête. En réalité, elle se doute qu’Alistair n’en même pas large. Toujours silencieuse, la belle observe ce bras qu’il lui montre. Le regard se baisse vers la jambe, blessée elle aussi. Elle finit par lever les yeux au ciel lorsque Monsieur se met à jouer le rôle du pseudo-séducteur. La porte maintenant fermée à clé, il semble lui faire croire qu’elle n’a pas le choix. Mais tous deux savent qu’il finirait au tapis rapidement vu son état. Et, lorsqu’il s’approche d’elle, Secilia ressent des choses étranges en elle. Ces deux-là sont des amants, parfois. Il y a ce quelque chose d’étrange entre eux. Ni amis, ni réels amants. Elle n’a jamais su comment le définir. Et ça l’emmerde au fond. Parce qu’elle aime gérer sa vie, comprendre les choses, pouvoir les analyser. Mais en réalité, elle n’y connaît rien aux relations humaines. Secilia est entrée chez les EFL à l’âge de quatre ans. Son éducation a été faite par ces hommes et femmes de Dieu, par ces soldats, faisant d’elle une machine à tuer, non pas à penser ou à aimer. Alors, lorsque ces émotions humaines viennent se percuter dans son crâne, Secilia perd un peu pied. C’est ce qui lui arrive, lorsque le regard d’Alistair semble lui brûler le bas du ventre, le cœur et lui filer la nausée en même temps. Parce que la colère se mêle à ça. Alors elle frappe. Le coup est retenu, elle ne veut pas trop lui faire mal. Elle frappe l’épaule qui n’est pas blessée, mais elle sait que l’onde de choc lui fera mal, partout dans le corps. Cela lui prouvera qu’il est bien vivant.

- Tu as de la chance d’être encore en vie, qu’elle grogne entre ses dents avant de finir par hurler. J’ai juré que j’irai cracher sur ta tombe si tu étais mort. Tout le monde te cherche, tu en as conscience hein ? Je t’avais dit de ne pas y aller ! Espèce d’imbécile. Elle râle Secilia. Mais elle est heureuse de le voir au fond. Tu crois que tu peux te pointer chez moi comme ça ? Elle le dévisage, le visage défiguré par cette colère qui la ronge. Va t’asseoir ordonne-t-elle en lui indiquant le canapé d’un signe de tête, abandonnant son poignard sur la table basse. Parce qu’elle n’en a pas besoin avec lui.

L’appartement n’est pas bien grand. Une pièce à vivre, qui regroupe la cuisine assez simple, ainsi qu’un canapé, une table basse et une télévision. Sa chambre est tout aussi simple, car elle se contente d’un lit, d’une table de chevet et d’une commode. Puis il y a la salle de bain, vide de produits de beauté. Sans attendre, elle s’en va déjà chercher sa trousse de soin, obligatoire vu leur ‘profession’. Secilia sait recoudre une plaie, la farfouiller pour en sortir une balle. Cela ne l’écœure pas. Au passage, elle s’empare d’une bouteille de Whisky. Elle ne boit pas souvent. Mais parfois. Lorsque les douleurs sont trop fortes et que sa foi ne suffit pas à les oublier.

- Bois avant qu’on remette ton épaule en place. Et lorsque tu seras soigné, je jure devant Dieu que tu vas m’entendre te hurler dessus. Tu as de la chance que je ne frappe pas un homme déjà à terre.

Elle sait, Secilia, que ses mots ne sont pas toujours les plus sympathiques. Mais elle ne comprend pas toujours l’impact qu’ils peuvent avoir sur la fierté des autres. Alors elle dit les choses, comme elle les pense, comme ça se bouscule dans son crâne.


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Alistair Colt

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MessageSujet: Re: Augures ▲ Ivana Ven 27 Juil - 18:06

Le ciel était frais et lumineux, bien qu'ici bas tout avait commencé à prendre l'aspect d'un théâtre d'ombres chinoises. Le soleil gardait une certaine proximité avec le paysage : il semblait avoir simplement tourné au coin de l'horizon, invisible mais soupçonnable, jetant un dernier trait de lumière comme une femme pressée laisse l'empreinte de son parfum derrière elle, lorsqu'elle marche d'un pas vif. Tous les jours, le ciel témoignait avec plus de magnificence de la présence de Dieu dans l'univers : comment pouvait-il encore y avoir des incroyants parmi les hommes, de ridicules athées qui ne levaient vraisemblablement jamais les yeux de leurs petites vies étroites faites de bitume et de matérialité ? Ils demandent comment croire ce que l'on ne voit pas : Dieu est à leur fenêtre toute la journée, mais leur esprit n'est qu'une paupière fermée, ils sont intellectuellement aveugles, voilà tout.  
ivana & alistair
AUGURES.
Secilia ouvrit la porte et immédiatement les ombres bleues entrèrent en conflit avec l'orangé artificiel qui régnait à l'intérieur, saignèrent sur son visage et le nimbèrent de leur glacis magnifique. Elle n'était pas maquillée, elle n'était pas arrangée, il aurait même été exagéré de la dire habillée, et pourtant son visage portait des traces de divinité. Quelques gouttes perlaient encore à la pointe de ses cheveux, scintillaient une seconde puis tombaient avec légèreté quelques centimètres plus bas, sur un tissus gris que la jeune femme avait dû choisir pour sa sobriété et son manque d'intérêt esthétique (croyait-elle), mais qui ici et là laissait deviner les formes douces de ce corps fin et athlétique. Le plus beau était qu'elle ne savait rien de toute cette sensualité qu'elle exhalait, elle ne savait pas que, pieds nus sur le seuil de sa porte, elle était un tableau de Klimt à elle seule, un dangereux patchwork de lumière et de nuit. Alistair fut frappé par cette vision, et resta étonné quelques instants, avant d'entrer chez elle. Il se rendait compte qu'il avait été injuste avec elle. Quand il l'avait tenue entre ses bras, qu'il avait pressé ses lèvres contre les siennes, quand il l'avait incarnée de fantasmes éphémères, il ne lui avait pas rendu justice car il ne s'était pas aperçu de ce qu'il contemplait ce soir, il n'avait pas remarqué à quel point elle était radieuse et surréelle. Il l'avait prise comme elle le voulait aussi et parce qu'il l'aimait bien, mais il lui semblait qu'il ne la comprenait soudainement que ce soir, dans toute la complexité de sa beauté paradoxale. Bizarrement, il sentit qu'il devrait se faire pardonner auprès d'elle, une prochaine fois, pour ne jamais l'avoir vue avant ce jour comme elle le méritait.
Elle lui asséna un coup dans l'épaule droite alors que sa voix partait dans les aigus. Alistair ne se formalisa pas ; si elle avait vraiment voulu lui faire mal, elle aurait visé son membre déboîté et récemment shooté au diazépam. Elle cria avec une certaine théâtralité qu'elle serait allée cracher sur sa tombe. L'image lui plaisait bien. Sa silhouette endeuillée commettant une impiété vulgaire sur son épitaphe, c'était une vision à la fois drôle et déplacée qui ne manquerait pas de le faire s'esclaffer depuis l'au-delà. Il reçut ses cris gentiment, avec la patience d'un écolier subissant des réprimandes mais ne pensant en réalité qu'à aller jouer dehors, dès que l'orage serait passé. Il y avait quelque chose de charmant et de flatteur dans ses glapissements courroucés, car, bien qu'elle se voulût féroce, Alistair y ressentait une marque d'inquiétude et un mal dissimulé "tu m'as manqué". Il contourna la jeune femme et pris la direction du salon tout en se débarrassant lentement de son écharpe de fortune ainsi que de son blouson en cuir, qu'il déposa sur une chaise. Du coin de l'œil, il vit Secilia abandonner le poignard qu'elle avait dissimulé dans son dos par précaution. Elle lui promit de se mettre franchement en colère et d'abuser des décibels dès qu'il serait soigné, macabre prophétie dont le chasseur espéra qu'elle ne se réaliserait pas. Il était trop sonné pour vouloir entendre davantage de bruit. Il se tourna vers elle lorsqu'elle l'eût rejoint devant le canapé, munie d'une bouteille d'alcool. Alistair ne buvait pas. Il ne commencerait pas ce soir, surtout pas pour une simple épaule luxée. Il posa un doigt sous le menton de la jeune femme pour lui faire lever le visage et la regarda avec un très grand sérieux.
« Que dirais-tu d'être gentille, pour une fois ? souffla-t-il. Range-moi ces griffes, je ne suis pas venu pour me battre. »
Il espérait intérieurement qu'il n'aurait ni à raconter ni à expliquer. Il ne voulait pas reparler de cette chasse, il ne voulait pas faire face aux critiques de la jeune femme, et, par-dessus tout, il ne voulait pas se sentir faible devant elle. Son regard serpenta quelques secondes sur le visage de la jeune femme, erra sur ses lèvres, hésita, puis s'ancra de nouveau dans le sien. Il sembla en proie à quelques rapides réflexions, dont il sortit finalement en esquissant un sourire narquois. Il relâcha Secilia et s'assit lourdement sur le canapé.
« De toute manière, je sais pour qui tu t'inquiètes réellement. Que l'on troue ma pauvre carcasse ne te dérangerait pas tant que ça, si quelqu'un te proposait en échange d'assurer le retour de Mr. Boring. Je suis étonné de ne pas le trouver ici avec son air morne et préoccupé, d'ailleurs. »
Oui, c'est ainsi qu'Alistair parlait de Lucius Trevisiani, l'amant de Secilia. Cet homme avait toujours un visage figé par le souci, tout prenait des proportions toujours si sérieuses et si importantes avec lui qu'Alistair tâchait de ne pas se trouver trop souvent en sa présence, de crainte d'être foudroyé par l'ennui. Du moins, c'est ce qu'il disait et laissait croire.
Alistair tendit le bras et enserra le col de la bouteille de whisky, la prenant des mains de la jeune beauté pour la poser à terre.
« Je n'en ai pas besoin. Bien que je sois charmé à l'idée que tu veuilles abuser de ma personne en me noyant dans l'alcool, je suis prêt à parier que tu éprouveras beaucoup plus de satisfaction en essayant de me faire crier. Vas-y, fais-toi plaisir. »
Chez Alistair, la lubricité s'accompagnait toujours d'une fine dose d'humour. Il se laissa glisser sur les coussins du canapé et s'allongea de tout son long, car cette position était plus pratique lorsqu'il était question de remettre un membre en place. Il ne s'attendait pas à ce que Secilia fasse preuve de beaucoup de sollicitude, ni d'une délicatesse particulière. C'était une guerrière, par une douce aide-soignante. En fait, il ne recherchait même aucune cajolerie, aucune compassion. Quelque chose lui disait qu'il méritait d'avoir mal, et souffrir par elle, souffrir sous ses mains blanches et légères, c'était un supplice qui lui convenait et face auquel il courberait volontiers l'échine.

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MessageSujet: Re: Augures ▲ Ivana Dim 29 Juil - 11:49


Augures
Ivana ft. Alistair

Un frisson parcourt l’échine de Secilia lorsque Alistair lui relève le visage, plongeant son regard dans le sien. Elle cligne des yeux, retient presque son souffle. Il y a quelque chose chez lui qui la rend différente. Rien que pour ça, elle pourrait le cogner. Parce qu’elle n’est pas réellement elle avec lui. Un peu comme avec Lucius, bien que sa relation avec les deux hommes ne soit pas comparable. Inconsciemment, la belle se mordilla la lèvre, plissant alors les yeux en scrutant le visage de son frère d’armes, cherchant à déchiffrer ses traits. Qu’espère-t-elle lire chez lui ? Aucune idée. C’est bien ça le souci. Secilia ne sait pas. À les voir, personne ne pourrait croire qu’ils ont eu la même éducation. Il est évident qu’ils n’ont pas la même psychologie et le même caractère. Seule leur foi et leur combativité les rendent proches. Secilia n’est pas sociable. C’est connu. Pourtant, Alistair persiste. Et c’est bien. Au fond, même si cela peut l’agacer parfois, elle apprécie de voir qu’il s’intéresse à elle pour autre chose que ses talents au combat. Elle, elle n’a pas l’impression d’être une belle fille ou d’être quelqu’un d’intéressant. Pourtant, peu de gens le savent, mais elle est cultivée. Secilia aime la littérature et la musique. Elle aime le cinéma aussi, mais moins. À ses heures perdues, on peut même la surprendre à flâner dans un musée. Seul Lucius le sait. Mais Lucius n’est pas là et ça lui pèse à la brune.

- Je veux bien faire un effort. Finit-elle par lâcher.

Elle apprécie ça aussi, qu’on la remettre à sa place, qu’on lui dise comment se comporter. Parce qu’elle n’a pas les codes de la société et du bon fonctionnement entre individus. Mais trop rares sont ceux qui essayent de la reprendre. Alistair n’a pas peur d’elle et c’est tant mieux. Mais bien vite, le regard de la belle s’assombrit, lorsqu’il ose parler de Lucius. Ces deux-là ne s’aiment pas, du moins, c’est ainsi que Secilia décrypte les choses. Elle ne comprend bien évidemment pas pourquoi, tout ça lui échappe totalement.

- Ferme là ou tu sortiras d’ici encore plus blessé qu’en y étant venu. Lucius n’est pas ennuyant. C’est quelqu’un de bien. Vous devriez arrêter de vous détester. C’est complètement idiot. Je ne vois d’ailleurs même pas pourquoi tu parles de lui. Qu’elle grogne presque. Il est en mission à l’étranger pour plusieurs jours, ou semaine. J’en sais rien. Il fait ce qu’il veut. Mais il est évident qu’en parler l’emmerde et lui fait mal. Lucius est son seul point de repère et elle ignore si Alistair pourrait comprendre ça. Finalement, Alistair arrive à détourner son attention et parvient même à la faire sourire. Et ça, ce n’est pas donné à tout le monde.

- Je vais me régaler de ta souffrance lâche-t-elle amusée. En réalité, Secilia n’en pense pas un mot. La souffrance fait partie du jeu, ils y sont habitués. Mais faire mal à ses frères d’armes n’est pas une partie de plaisir, surtout lorsqu’il s’agit de l’un des deux hommes qu’elle apprécie. Mais il est évident qu’elle ne se montrera pas douce. Après tout, remettre une épaule en place demande de la force et non de la délicatesse.

- Si tu ne pleures pas, dit-elle en se rapprochant pour se mettre en place, tu auras le droit à mes restes de lasagnes.

Alistair allongé, Secilia attrapa doucement son bras blessé, le positionnant convenablement, dans un angle d’environ quatre-vingt-dix degrés. Maintenant son poignet avec force, un pied placé contre son torse, Secilia tire lentement, mais fermement, sur le bras. Elle sent les os bouger, elle sent le bras qui reprend doucement sa place initiale. Alors elle insiste, jusqu’à ce que le claquement se fasse entendre et que l’épaule soit finalement en place. Cela lui prit plus de temps qu’à la normale, l’épaule ayant déjà eu le temps de se refroidir.

- T’as pas pleuré, c’est bien !

Un sourire amusé aux lèvres, Secilia se relève et va farfouiller dans un placard pour y trouver une écharpe noire, la nouant pour pouvoir la passer autour du cou d’Alistair, si ce dernier se laisse faire, bien évidemment.

- Bon, il reste ta jambe à soigner, dit-elle en lui jetant l’écharpe ainsi qu’une poche de glace froide pour soulager l’inflammation. Et t’as pas intérêt à dire non. Tu n’es pas obligé de me dire ce qui s’est passé, mais ici, c’est moi qui commande.

Se réinstallant sur la table basse, Secilia ne cherche pas à savoir si Monsieur sera d’accord ou non. Elle attrape sa jambe sans grande douceur et déchire le reste de tissu. La plaie fait environ vingt centimètres de long et n’est vraiment pas belle à voir.

- Va falloir amputer. Je suis navrée.

Le regard planté dans celui d’Alistair, Secilia fini par perdre son sérieux. Elle rit la belle et ça aussi c’est rare. C’est qu’elle s’essaye à l’humour parfois. Finalement, sans rien dire de plus, elle enfile des gants et commence à désinfecter la plaie. Compresses, antiseptique. Ce n’est pas beau à voir, mais ça ne la dégoûte pas. Elle est minutieuse, concentrée, si bien qu’un léger pli se forme entre ses sourcils.

- Je suis contente que tu sois en vie, lâche-t-elle sans regarder Alistair, toujours concentrée sur sa tâche. Et je suis contente que tu sois venu chez moi. J’étais vraiment inquiète.

Et ça lui coûte de dire ça. Parce que ses sentiments, Secilia ne les exprime pas. À croire qu’elle s’interdit d’en avoir et qu’elle s’interdit de les exprimer. Pourtant, il faut qu’il sache, qu’elle avait peur pour lui. La plaie nettoyée, la belle propose une injection de lidocaïne, pour soulager la douleur avant qu’elle ne fasse les sutures. C’est qu’elle est minutieuse et qu’elle a apprit à le faire.



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MessageSujet: Re: Augures ▲ Ivana Mer 1 Aoû - 19:46

C’était quelque chose qu’Alistair savait faire. Dire aux gens comment se comporter. Et, généralement, sans même avoir à hausser le ton. Il imposait sa volonté en usant de sa voix grave comme une caresse et en adoptant le visage de celui qui ne s’attend pas à ce que l’on ose se comporter différemment de ce qu’il exige. L’expression une main de fer dans un gant de velours ne saurait s’adapter mieux à quiconque qu’à sa personne. Il apprivoisait. En l’occurrence, pourtant, il ne tenait pas à contrôler Secilia. Il était juste fatigué des cris et des luttes. Il émettait un désir plus qu’un ordre, en lui demandant d’être gentille avec lui. Aussi fut-il surpris de la trouver docile sous des doigts, lorsqu’elle battit des cils d’un air lointain pour lui répondre finalement qu’elle ferait un effort. Il s’était attendu à des rebuffades, voire même à recevoir un coup de coude dans les côtes, ou quelque chose de gracieux de ce genre et dont la jeune femme avait le secret. Une telle souplesse laissait supposer soit qu’elle était elle-même fatiguée, soit qu’elle éprouvait plus de soulagement que de fureur, à l’avoir chez elle.
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Dans un cas comme dans l’autre, Alistair se dit qu’il pouvait se détendre et en profiter, pour le peu de temps que cela durerait.
Affalé sur le canapé, il eu le déplaisir d’évoquer Lucius, tenant des propos dont l’effet ne tarda pas à se faire sentir. Secilia partit au quart de tour, lui donnant des détails sur l’emploi du temps du bellâtre sans qu’Alistair n’ait émis le souhait d’être tenu informé. Il éclata d’un rire franc et sonore lorsque la jeune femme termina ses explications par ce « Il fait ce qu’il veut » presque boudeur.
« Permets-moi de te dire que ça n’en a pas l’air, ou du moins fait-il ce qu’il veut après t’en avoir parlé, de toute évidence. Quoiqu’il en soit, peu importe, je ne le déteste pas, prononça-t-il d’un ton détaché, j’ignore royalement tout de sa personne. »
En tant qu’EFL, s’il était amené un jour à devoir sauver la vie de Lucius, quitte à prendre celle d’un autre, il le ferait sans l’ombre d’une hésitation. Il était certain qu’il en irait de même, dans la situation inverse. La loyauté, c’était la base de tout. Rien ne pouvait exister, sans cela. De fait, Alistair ne détestait pas le soldat de Dieu, il tenait simplement à ne rien avoir à faire avec lui en-dehors du travail. Il ne le connaissait ni ne s’intéressait à lui, voilà tout. Et réciproquement, sans doute. Son seul lien solide avec lui était cette charmante créature qui, après l’avoir foudroyé du regard, s’était de nouveau détendue : peut-être même avait-elle souri, mais d’une manière si fugace qu’Alistair ne pouvait qu’en douter. Il fut légèrement attendri lorsque la jeune femme suggéra de le nourrir s’il se montrait brave, échange de bon procédé qui lui parut honnête et plutôt mignon, car Secilia était souvent mignonne malgré elle. Il était par ailleurs persuadé qu’elle le laisserait effectivement crever de faim et d’indignité si ses agissements étaient un jour ceux d’un couard, ce qui, fort heureusement, ne risquait pas d’arriver.
« T’as pas pleuré, c’est bien ! » le félicita-t-elle comme une maîtresse distribuerait un bon point.
Alistair ricana jaune en reprenant son souffle. Ni pleuré, ni crié, bien sûr que non, mais il avait laissé échapper la moitié d’un juron entre ses dents serrées au moment où le craquement s’était fait entendre, signe que la tête de l’humérus était passée sous son omoplate, d’où elle n’aurait jamais dû être délogée. Une forte chaleur envahissait les muscles de son bras, mais il put à nouveau le bouger, modérément, et il n’avait plus la désagréable sensation de traîner un morceau de chair morte. Il se demanda combien de temps ça allait prendre pour qu’il puisse à nouveau tenir une arme de la main gauche. Il savait aussi tirer de la droite, mais moins bien. Ses prochaines chasses seraient sans doute moins subtilement exécutées que d’ordinaire, et il faudrait envisager de se battre au corps à corps. Mais pas tout de suite, quoiqu’il en soit. Bien que cette idée le mette en colère, il savait que pendant les jours à venir, il serait tout à fait inutile sur le terrain.
Il eut un mouvement de recul quand Secilia se rapprocha de lui en déclarant qu’elle devait soigner sa jambe. Elle ne lui laissa pas le temps de s’éjecter hors du canapé : la voilà qui déchirait son jean.
« Eh doucement ! Tu ne m’avais encore jamais déshabillé aussi vite, j’suis pas habitué… »
Sourire en coin. N’empêche qu’il avait dit la vérité : il ne voulait pas s’éterniser. Il ne considérait pas sa jambe comme une absolue priorité, contrairement à son épaule. Et puis aussi, plus implicitement, il savait que si elle se penchait vraiment sur la question de cette plaie à la jambe, elle pourrait sans doute y voir aussi la marque distinctive des crocs du buveur de sang dont il avait explosé la tête une demi-heure auparavant. Et cela le gênait. Il n’avait pas envie qu’elle ait de lui une telle image, celle du pauvre mec trop dans le coaltar pour réagir à temps quand un vampire s’approche de lui. Il n’avait pas envie qu’elle se le représente tel qu’il avait été à ce moment là, à moitié évanoui au fond d’une venelle crasseuse, entre deux bennes à ordures.
Son rire le charma, quand bien même était-il né pour se moquer de lui, et agit comme un onguent bien plus efficace que ne pouvait l’être cet antiseptique que Secilia appliquait. Il n’entendait pas très souvent le rire de la jeune femme. Il s’était parfois demandé si elle éprouvait des émotions au sens courant du terme, à vrai dire.
« Je suis contente que tu sois en vie », confia-t-elle soudain comme en réponse aux pensées du chasseur.
Le contentement, c’était déjà bien, c’était mieux que rien. Alistair hocha la tête. Il n’avait pas cru qui allait mourir, mais il avait du retard sur son planning, alors, il comprenait que ceux à qui il n’avait pas donné de nouvelles en temps et en heure aient pu s’inquiéter. En fait, il n’aurait pas cru non plus qu’il reviendrait avec deux jours de retard et dans un si piteux état.
Elle faisait un travail d’orfèvre avec sa jambe, mais il n’en demandait pas tant. Il s’impatientait. Il se pencha en avant et chercha à capter le regard de la jeune femme, l’incitant silencieusement à cesser ce qu’elle était en train de faire.
« Tu n’aurais pas une agrafeuse chirurgicale ? Ou au pire, du fil et une aiguille ? J’ai pas besoin que ce soit joli, j’ai besoin que ça aille vite, d’accord ? Et puis… j’ai faim. »
Une lueur passa rapidement au fond de ses yeux noirs lorsqu’il prononça ces derniers mots en regardant la jeune femme bien en face. A cet instant, nul n’aurait su dire s’il convoitait les providentielles lasagnes annoncées quelques minutes plus tôt, ou bien si c’était plutôt ce visage si gracieux qu’il avait l’intention de dévorer. Il esquissa un sourire carnassier et se recula de nouveau, mais cette fois sans aucune nonchalance ; quelque chose dans ses gestes et dans la tension qui l’habitait lui donnait l’allure d’un félin qui prenait son élan.

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MessageSujet: Re: Augures ▲ Ivana Ven 3 Aoû - 9:12


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Secilia est consciencieuse. Toujours. Elle s’applique dans tout ce qu’elle fait et il faut l’avouer, elle a beaucoup de mal à ce qu’on lui dise de faire autrement. Les reproches, elle a du mal sauf s’ils viennent de son mentor. Et puis elle veut bien faire. Les cicatrices, ils en ont tous. Des grandes et des petites. Des laides et des bien recousues. Ce qu’elle redoute le plus, c’est l’infection. Parce qu'il ne faut pas la prendre pour une idiote, elle voit les traces de morsure. Et elle se mord un peu la langue, pour ne pas poser de question. Elle n’a pas à savoir. Le plus important, c’est qu’il soit en vie et qu’il ne soit pas devenu Vampire. Le reste n’a pas d’importance. Pourtant ça lui travaille l’esprit. Alors elle se concentre sur la plaie, sur les soins à apporter. Si une saloperie y a foutu ses dents et sa langue, il faut que ce soit propre. Si les rats sont venus y mettre leur nez, il faut encore plus désinfecter. Hors de question qu’il meurt parce qu’elle n’aurait pas bien fait ça. Concentrée, elle ne se rend pas compte tout de suite du regard qui pèse sur elle. C’est lorsqu’elle bouge un peu qu’elle le sent et que ses yeux se lèvent. Il est là, à la regarder, la scruter. Et il parle. Il veut que ça aille vite. Pourquoi ? Tu veux aller où ? Nul part. Il prétend avoir faim. Mais son regard semble vouloir dire autre chose. Une chose que Secilia ne comprend pas vraiment.

- Ferme-la. Je ne te pose pas de questions alors tu me laisses faire comme bon me semble. Tu as vraiment envie que ça s’infecte et qu’on t’ampute ? Mhm ? Tu es bien plus efficace sur deux jambes. Alors laisse moi faire. Tu auras tout le temps de manger après.

Les soins sont terminés. La plaie est propre, autant que possible, autant que l’exige Secilia. Dans ses affaires, elle fouille. C’est qu’elle ne manque pas de matériel et bien vite, elle sort une agrafeuse chirurgicale à usage unique, enfermé dans un emballage stérile. Lorsque l’on est un combattant, la douleur est secondaire. Lorsque l’on est blessé, souvent, on apprend à se soigner tout seul. Les hôpitaux n’accueillent pas les EFL… Disons qu’ils n’ont pas le droit de s’y rendre pour si peu. Ils se soignent dans les infirmeries et, durant ses heures de libre, Secilia a apprit à le faire. L’agrafeuse en main, Secilia s’active. Elle sent bien qu’Alistair est impatient. Alors elle ne se fait pas douce. La plaie se referme. Elle ne sera pas belle. Tant pis pour lui. Finalement, elle attrape de quoi bander la jambe, pour protéger cette paie trop fraîche.

- Je vais réchauffer les lasagnes, repose toi un peu.

Et elle range ses affaires, minutieuse, un peu maniaque certainement. C’est vers la cuisine qu’elle se dirige ensuite, gardant un œil sur Alistair. Le frigidaire s’ouvre, les lasagnes sont sorties et déposées dans une assiette qui finit son chemin dans le micro-onde. Secilia se retourne, s’appuie sur le rebord du plan de travail et observe Alistair. Et la colère monte de nouveau, quand elle le voit là.

- Pourquoi ? Pourquoi t’étais obligé d’y aller seul bordel ? Tu … Tu es irréfléchi ! Tu es têtu et … Et … T’aurais pu y rester  ! T’as pas le droit ! Tu peux pas…. Tu...

Elle grimace de colère. Elle n’arrive pas à comprendre les émotions qui grondent en elle. Parce qu’on ne lui a pas appris, qu’on a certainement voulu faire d’elle un soldat trop parfait, qui réfléchit pour tuer, mais pas pour aimer. Alors elle se retourne, pour ne plus le regarder. Et elle cogne dans un verre qui sèche à côté de l’évier. Verre qui cogne et se fracasse. Elle gueule, elle grogne, elle rougit de colère. Elle le sent, près d’elle. Elle sent sa présence et son odeur. Parce qu’elle ne le dit pas, mais elle pourrait le reconnaître parmi une foule tant elle est habituée à lui. Alors elle se retourne, le dévisage, se mord la lèvre presque à sang. Et la main se lève, gifle la joue de manière incontrôlée. Elle s’en veut presque aussitôt. Elle s’en veut aussi pour ce qu’elle ressent. Pour ce qu’il le fait ressentir. Elle s’en veut, pour ses lèvres qui s’écrasent sur celles de son coéquipier. Elle s’en veut, pour ce grognement qui s’échappe. Elle s’en veut d’y mettre fin. Elle a le regard fou, perdu. Les émotions, elle déteste ça. Parfois, elle aimerait les faire taire. Ce n’est pas la première fois qu’elle l’embrasse. Mais jamais elle ne l’a fait pour ça.

- Je t’interdit de me refaire un coup comme ça !

Je ne sais pas pourquoi. Je ne comprends pas. On est des soldats, on sait qu’on peut mourir demain, ce soir même. On sait tout ça. On ne doit pas s’attacher. Jamais. Alors dis moi bon sang, dis moi pourquoi je ressens tout ça. Dis-moi pourquoi j’ai peur pour toi, pour Lucius. Pourquoi...

Elle recule, d’un pas. Elle le dévisage. Le micro-onde sonne et Secilia ne sait plus ce qu’elle doit faire.



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MessageSujet: Re: Augures ▲ Ivana Sam 11 Aoû - 23:42

Après avoir avalé une assiette d’osso bucco tardive à l’Osteria Del Cavaliere, Alistair avait quitté sa chaise en osier blanc en laissant un beau pourboire à Lucia, la sémillante petite serveuse aux yeux verts qui l’accueillait toujours avec une exclamation joyeuse dans la voix, en l’appelant « Il Francese ». De fait, poussé par cet étrange surnom dont elle l’affublait sans qu’il sache pourquoi, il se sentait obligé de lui dire au revoir en s’inclinant pour laisser un baisemain sur sa peau mate. Il n’avait jamais eu le cœur de la contredire sur ses origines. Quand bien même l’aurait-il fait, que lui aurait-il dit ? Qu’il n’était pas français mais qu’il n’était pas très sûr de ce qu’il était au juste ? Saugrenu et inutile. Mieux valait garder le charme, au mépris de l’exactitude. Ce soir, pourtant, Alistair était convaincu de voir Lucia pour la dernière fois. Voilà des semaines qu’il venait à Marino pour faire du repérage, et c’était maintenant qu’il allait passer à l’action. Non loin d’ici, au fond d’une impasse portant le nom de Via Farini, une minuscule boutique à l’auvent rouge faisait étalage d’un nombre incalculable de tapis soi-disant venus du Maroc, mais dont les fibres de polyester sentaient les usines chinoises à plein nez.  Vincenzo, le patron, était mort depuis une cinquantaine d’années et pourtant, dès la nuit tombée, continuait de s’installer dehors pour compter les billets de sa caisse, entouré de deux gros bras aux veines sèches.
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Ce petit monde subsistait en drainant de pauvres touristes dans une vieille baignoire au fond de l’atelier, et en vendant des poches de sang frais, bien emballées dans des tapis marocains, à de riches semblables qui se les sifflaient lors de soirées mondaines avec des gens de leur espèce. Ecœurant. Les acheteurs iraient certainement voir ailleurs, quand Vincenzo et sa clique seraient mis hors circuit, mais, quand bien même, Alistair ne pouvait pas les laisser s’en tirer, après avoir compris ce qu’il se tramait.

Le bruit sec et métallique de l’agrafeuse chirurgicale le fit revenir à la situation présente. Secilia agissait efficacement, mais sans douceur, refermant la plaie à l’aide d’une quinzaine d’agrafes régulièrement disposées. Alistair grimaça. Sans dire qu’il avait mal, c’était moyennement plaisant, ce regard froid et quelque peu énervé qu’elle leva sur lui lorsque sa tâche fut accomplie. Elle aboya qu’il devait se reposer un peu, qu’elle allait lui faire à manger. Sans plus lui accorder un regard, elle gagna la cuisine en cinq enjambées vaguement furieuses. Alistair se dit qu’il trouverait plus tard un moyen de se faire pardonner auprès d’elle. Il sentait bien qu’elle contenait sa rage à grand peine. Il ne pouvait tout simplement pas prendre en charge cette colère, pas tout de suite. Fermant les yeux quelques secondes, il laissa sa tête aller en arrière pour effleurer le coussin du canapé.
« Pourquoi ? Pourquoi tu étais obligé d’y aller seul, bordel ?... »
Bon, la sieste pour plus tard, en fin de compte, se dit-il à regret en tressaillant, les yeux grands ouverts. Il tourna la tête vers la lumière de la cuisine, sous laquelle Secilia faisait de grands gestes. Non, décidément, pas de repos ce soir. Il porta sur elle un regard de moins en moins ahuri à mesure qu’il se convainquait de ne pas tomber de fatigue tout de suite. Il se releva et se téléporta jusqu’à elle avec une surprenante célérité et sans presque faire le moindre bruit. Il ne lui répondit pas, pas encore. Il se contenta de se planter devant elle et de lui imposer son calme comme on place une lame sur la carotide d’une victime. Elle ne comprenait que cela. La raisonner et lui parler doucement, quand elle était dans un état pareil, c’était inutile. Il fallait qu’il lui impose les conditions du dialogue, et d’abord, il fallait qu’il lui montre qu’elle devait commencer par baisser de quatre tons. Cela fonctionna, d’une certaine manière, puisqu’elle se tut et lui tourna le dos, visiblement désemparée. Il attendit sans rien dire, immobile derrière elle. D’un geste, elle envoya valser un verre contre le mur, et au fond Alistair sentait bien que ce verre symbolisait sa propre tête, mais il ne s’en offusqua pas. Il supposa que cela l’avait apaisée pour un moment. Il supposait mal, comme l’en convainquirent les lueurs furieuses qui crépitaient au fond de ses yeux sombres lorsqu’elle lui fit de nouveau face, le visage bouleversé et pour ainsi dire irrésistible. Alistair ne sut jamais si c’était le sourire qu’il venait d’esquisser en contemplant les traits tirés et les prunelles ivres de rages de la jeune femme, ou tout simplement son attitude désinvolte suite à une situation périlleuse, qui lui valut cette grande gifle mais, des années après, il se souviendrait toujours avec émotion de cette jolie main qui s’écrasa violemment contre son visage. Le choc finit de le réveiller pour de bon. Elle n’avait aucune idée de ce qu’elle venait de déclencher. Elle voulait la bagarre ? Très bien, miss Teigne, vous l’aurez !
« Tu… »
Prêt à en découdre, il allait lui balancer une de ses fameuses tirades tirées par les cheveux et témoignant d’une incroyable mauvaise foi, quand tout à coup la jeune femme s’agrippa à lui et plaqua ses lèvres sur les siennes. C’était à peine un baiser, plutôt une seconde gifle sur un autre mode. C’était brutal et désespéré, maladroit et colérique. Possessif. Adorable.
« Je t’interdis de me refaire un coup comme ça ! »
Sa voix partait dans les aigus. Elle se recula contre le plan de travail, les yeux agrandis par la rage et l’étonnement, peut-être. Au-dessus de sa tête, le micro-onde se mit à sonner dans le silence assourdissant qui venait de s’installer au milieu de cette minuscule cuisine. Sans détacher son regard de celui de la jeune femme, Alistair tendit le bras, tira d’un coup sec sur la porte du micro-onde, puis la referma aussitôt dans un claquement, pour l’empêcher de sonner à nouveau. Quelques secondes défilèrent. Une odeur de thym et de pâtes fraîches flottait autour d’eux.
« Je suis désolé », souffla-t-il finalement d’une voix caverneuse.
Il n’avait jamais voulu lui faire de peine. Il n’était qu’un gosse, qui n’était pas habitué à ce que qui que ce soit compte sur lui, ou s’inquiète pour lui. Il réagissait très mal, n’importe comment, il ne comprenait vraiment rien, mais il faisait semblant. Elle n’entendrait pas d’autres excuses, ni ce soir ni jamais, mais elles avaient le mérite d’être profondément sincères. Il espérait qu’elle y croirait. Qu’elle s’en contenterait. Mais une odeur de thym et de pâtes fraîches flottait autour d’eux, et la voix de l’Italienne lui revint à l’esprit : « Il Francese », et cette voix était et le Paradis et l’Enfer. C’était un dernier souvenir heureux avant le sang et l’humiliation. Il sentait qu’il devait y remédier. Y foutre le feu.
Il avança d’un pas et se retrouva presque contre Secilia, la frôlant, mais la laissant s’échapper si elle en émettait le souhait. Comme elle ne le repoussait pas, pas encore, il se pencha sur elle, lentement, suspendu à quelques centimètres au-dessus de ses lèvres. Et puis il empoigna quelques mèches de ses cheveux et tira doucement dessus, sans lui faire mal, mais assez fermement pour l’obliger à tendre le cou en arrière. Il pouvait happer son souffle à travers ses lèvres entrouvertes, et le souvenir du baiser brusque et enfantin qu’elle venait de lui donner lui vrillait encore le cerveau. Lui en voudrait-elle, de mendier pour un peu plus que cette ébauche ? Allait-elle repousser un soldat blessé qui ne cherchait à recueillir qu’un peu de tendresse sur cette bouche en forme de cerise ? Incertain de sa réaction, mais s’octroyant le bénéfice du doute, il réduit à néant l’espace qui les séparait et pressa ses lèvres sur les siennes. Il l’embrassa d’abord doucement, et puis de plus en plus fort, insinuant sa langue entre ses dents et s’enivrant de son souffle qui palpitait en s’échappant contre sa peau.

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MessageSujet: Re: Augures ▲ Ivana Dim 12 Aoû - 17:42


Augures
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Parfois, Secilia aimerait être une vraie machine de guerre. Sans envies. Sans désirs. Sans émotions. Ces émotions qu’elle ne comprend pas, elle les déteste, elle en a presque peur parfois. Parce qu’elle a ce sentiment qu’elle devient faible en ressentant toutes ces choses ingérables, incompréhensives. Pourquoi personne n’a cherché à lui apprendre ça ? Pourquoi s’est-on contenté de faire d’elle une tueuse ? Pourquoi a-t-on oublié de lui apprendre l’empathie, l’amour, la douceur ? Parce que tu serais un piètre soldat avec tout ça. Lui avait-il dit un jour son mentor. Alors elle se tient là, le cœur et la tête en vrac, avec ce maudit micro-onde qui sonne et qu’elle est incapable d’éteindre. Elle est là, à dévisager Alistair, à lire dans son regard ce qu’il peut ressentir. Il n’a pas apprécié la gifle. Elle le sait. A-t-il apprécié le baiser ? Elle l’ignore. Elle-même ne sait pas si elle a aimé ça. Lorsque l’homme s’approche et tend le bras, Secilia n’a aucun mouvement de recul. Elle n’a pas peur de lui. De toute manière, il se contente d’ouvrir la porte du micro-onde, stoppant ainsi le bruit incessant, avant de la claquer violemment. Mais même là, elle ne sursaute pas. Et ils sont là, à se dévisager l’un et l’autre. Ils ont leur fierté. C’est ainsi que sont fait les soldats de Dieu. Les lèvres se mouvent et le son sort. Alistair s’excuse et Secilia n’en croit pas ses oreilles. Et quelque chose de bizarre se met à grouiller en elle. Comme un soulagement, comme… Non, définitivement, elle ne sait pas définir ce qu’elle ressent à cet instant précis. Elle ne sait pas à quoi correspond ce pincement au cœur. Au fond, elle est touchée, c’est bien ça qu’elle éprouve. Touchée par cette excuse. Touchée par ces trois mots qui veulent dire beaucoup. Même si elle a du mal à le comprendre, ces mots lui font du bien, prouvent qu’il tient à elle d’une certaine manière et qu’il comprend ce qu’elle a pu ressentir.

Elle ne sait pas quoi répondre à ça. Y a-t-il quelque chose à répondre d’ailleurs ? Doit-elle le remercie de s’être excusé ? Elle n’en sait rien. Alors elle reste là, bêtement, à le regarder cherchant à faire tomber cette colère, cette peur et toutes ces choses qu’elle éprouve. Et puis il avance vers elle, encore. Il la frôle, mais ne s’impose pas, ne l’écrase pas. Elle l’observe et déjà, elle sent son cœur qui s’emballe. Secilia ne le repousse pas et elle se surprend à observer les lèvres d’Alistair, à éprouver l’envie de les embrasser. Lorsqu’il empoigne ses cheveux, qu’il tire dessus, un râle s’échappe des lèvres de la brune, mélange de plaisir et de plainte. Mais encore une fois, elle le laisse faire. Parce qu’elle en a envie, au fond d’elle. Et Alistair vient presser ses lèvres contre celles de Secilia. Il y a de la douceur dans ce début de baiser, ce qu’elle a du mal a offrir, comme il en a eu déjà la preuve. Puis le baiser prend une autre dimension. Les langues se trouvent et s’enlacent, les souffles se font plus brûlants, plus courts. Le baiser prend en passion, gonfle de désir. Secilia grogne sur les lèvres d’Alistair alors qu’elle glisse ses mains autour de son cou, s’agrippe à ses cheveux. Elle est maladroite, mais lorsque l’envie la submerge, Secilia devient une femme comme les autres. Elle ne répond plus à Dieu, ni à plus rien de rationnel.Malheureusement Alistair et blessé et elle s’en souvient lorsque ses mains glissent pour retirer son vêtement. Elle grogne, se contente de l’embrasse à nouveau, rapidement, avant de lui attraper la main. Elle veut le ménager, alors doucement, sans rien dire, elle l’entraîne jusque dans sa chambre qu’il connaît déjà. Bêtement, elle referme la porte derrière elle, se contente d’allumer la lampe de chevet.

Là, dans cette ambiance particulière, elle observe Alistair, se rapproche de lui. Elle est maladroite, ose à peine le toucher de peur de lui faire mal. - Laisse moi t’aider... Elle murmure, d’une voix rauque, pleine d’envie. Alors elle l’aide à se dévêtir, à s’allonger se mettre sur le lit. Les corps nus, Secilia a du mal à dire s’ils sont réellement beau ou pas. Pour elle, un corps est une arme avant tout. Mais c’est vrai, Alistair a quelque chose de beau. Si elle se réfère à ce que certaines œuvres d’art lui inspire, ou certaines musiques, elle peut dire que oui, il lui plaît. Lentement, sous ses yeux, elle retire ses vêtements. Elle aimerait savoir ce qu’il pense. Les bouts de tissu quittent le corps et s’échouent parterre, laissant la belle entière nue, son corps parsemé, ici et là, de quelques cicatrices, preuves de ses faits d’armes. Et puis elle s’avance, le repousse un peu, s’installe sur ses jambes avec douceur, ne s’appuyant pas de tout son poids pour ne pas lui faire mal. Sa main caresse sa joue, se perd dans ses cheveux, avant de retrouver ses lèvres. Son corps se plaque contre le sien, sa poitrine s’écrase contre son torse. Elle est un peu gauche, il faut bien l’avouer. Elle n’est, en général, pas celle qui guide les choses. Alors elle fait de son mieux la belle, pour gérer tout ça, pour gérer ce feu qui doucement la consume lorsqu’elle sent les mains d’Alistair sur elle.



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MessageSujet: Re: Augures ▲ Ivana Ven 17 Aoû - 3:03

Il ne pouvait pas emprunter directement la Via Farini. Les ennemis, au bout de l’impasse, le verraient arriver de loin. Il passerait par le garage d’un des immeubles de la rue, monterait à pied jusqu’au toit en passant par un ancien escalier de service. Il ne croiserait personne. Les toits des immeubles étaient très proches, il pouvait facilement sauter de l’un à l’autre, et arriverait ainsi directement trois étages au-dessus de la boutique de tapis. Il ne croiserait personne. Du moins, c’était le plan. Les plans, parfois, ça foire.
« Merde, haleta-t-il, à moitié dans le noir.
– Tu crois pas si bien dire, connard », lui répondit une voix nasillarde à l’autre bout de la pièce.
Un son guttural, ou plutôt un grognement de bête, lui parvint et lui fit comprendre qu’il avait vraiment croisé la mauvaise personne, au premier étage de l’immeuble de Vincenzo Vicini.
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La petite lampe sur la table de chevet produisait à peine un halo de cinquante centimètres de diamètre. Les murs de la chambre, ainsi que le reste de l’ameublement spartiate, étaient cachés dans des confins de pénombre. La peau de Secilia semblait boire toute la lumière ambiante et la renvoyer avec un éclat opalescent des plus mystérieux. Quand elle se pencha légèrement en avant pour faire glisser le dernier morceau de tissus qui couvrait son corps gracile, Alistair resserra les doigts sur la couverture, se retenant de l’empoigner et de la renverser sur le lit pour la prendre brutalement. Il aurait pu. Une partie de lui aurait même voulu. Mais une autre l’incitait à la patience. Il prit une longue inspiration, pour faire entrer de l’air frais dans son corps que la jeune femme enflammait. Il était fasciné par l’attitude nouvelle et inattendue de Secilia. Il voulait regarder jusqu’au bout, jusqu’où elle irait. « Laisse-moi t’aider » avait-elle dit tout doucement d’une voix à la fois chaude et prudente, comme si elle s’adressait à un animal pris au piège dans des rets en acier. Il n’avait pas l’habitude qu’on lui parle sur ce ton, ni que l’on suppose qu’il puisse avoir besoin d’aide, surtout dans un moment pareil. Que Secilia soit celle qui l’aide, avec ses grands beaux yeux incertains et ses gestes un peu gauches, tenait du comble, mais Alistair s’était laissé faire. Il avait presque eu envie d’avoir besoin qu’elle l’aide. Elle avait posé ses mains sur lui avec quelque chose qui tenait à la fois de la fébrilité et de la délicatesse et, là encore, Alistair n’en avait pas l’habitude. Aussi loin que remonte sa mémoire, on l’avait rarement touché avec d’autres intentions que celle de le brutaliser. Depuis qu’il était chez les EFL, il connaissait quelques personnes qui lui voulaient sincèrement du bien, mais les contacts physiques étaient rares. Quant aux femmes, même dans des moments intimes, il ne s’abandonnait presque jamais à elles complètement, il restait toujours comme… méfiant. C’est pourquoi il prenait généralement les devants. Mais ce soir, Secilia était soudainement habitée par l’idée qu’elle devait prendre soin de lui, et elle le manipulait aussi précautionneusement que s’il avait été en cristal. Le jeune homme s’en amusait autant qu’il s’en étonnait. Il n’y avait rien de fragile chez lui. S’il se mettait debout maintenant et refermait ses bras autour d’elle, elle semblerait minuscule et vulnérable ; ce qu’elle n’était pas, mais, en dépit de ses indéniables qualités de chasseuse, dans cette chambre et dans cette situation, Alistair ne ressemblait pas à celui des deux qu’il fallait envelopper dans du papier bulles. Pourtant, elle l’avait fait asseoir et il avait obéi. Elle semblait aussi incertaine de ses prochains gestes qu’enhardie par sa nouvelle posture. Au début, Alistair n’avait pas compris qu’elle puisse le désirer dans cet état. Il se sentait repoussant. Plus il la regardait faire, cependant, plus il comprenait que c’était peut-être justement parce qu’il était blessé, défait et piteux, qu’elle voulait de lui ce soir. Malgré sa légère maladresse, elle paraissait rassérénée par le fait que le jeune homme était plus faible que d’habitude, comme si cela lui laissait de l’espace pour jouer les décisionnaires. Et elle avait raison d’agir ainsi, car elle était magnifique, en cet instant.

Elle vint s’asseoir sur lui en évitant au maximum de s’appuyer sur la plaie à peine suturée. Mais Alistair n’avait pas mal, il était incapable de ressentir quoique ce soit d’autre que de l’excitation, alors que ce corps souple et léger venait de se presser contre lui. Il la laissa encore un peu l’embrasser comme elle le voulait, le caresser comme elle l’entendait, mais il n’était pas certain de pouvoir rester docile encore longtemps. Dans un baiser fiévreux, elle plaqua sa poitrine immaculée contre son torse musculeux et ce contact était trop réel et trop puissant pour qu’Alistair y résiste. Emettant un râle de satisfaction, il fit remonter ses deux bras le long du dos de la jeune femme, resserra les doigts autour de ses épaules fines et la tira vers le bas, pour l’asseoir plus fort contre lui, pour qu’elle sente contre son corps l’effet ardent qu’avaient sur lui sa délicatesse et ses baisers. Il était enflé de désir, au propre comme au figuré. L’une de ses mains s’ancra au niveau de sa nuque tandis que l’autre redescendait lentement en suivant le tracé raffiné de la colonne vertébrale dans une longue caresse. L’instant d’après, il se retourna et étala la jeune femme sur le lit dans un mouvement rapide mais sans violence. Quand elle était au-dessus de lui, le contre-jour l’empêchait de bien la voir. Là, au moins, la lumière la révélait complètement sous ses yeux. Pour Alistair, aucun des sens n’était plus érotique que celui de la vue. Il ne ferait jamais l’amour les yeux bandés. Secilia avait quelques cicatrices, mais elles lui apparaissaient beaucoup moins laides que les siennes, et puis, contrairement à lui, certaines zones de son corps avaient été épargnées, comme si le dieu Arès en personne avait jugé trop abject d’infliger des marques brutales sur le cou, le visage ou la poitrine de la chasseuse. Il se pencha sur elle, appuyé sur son coude droit, et l’embrassa dans le cou avec une tendresse qu’il ne se connaissait pas. Il descendit jusqu’à l’os saillant et fragile de la clavicule, sur lequel il passa sa langue. Sa main gauche, reliée au membre qui était encore déboîté plus tôt dans la soirée, tremblait un peu mais, tant qu’il ne s’appuyait pas dessus, il pouvait s’en servir pour parcourir les doux reliefs de la jeune femme. Il resta un moment hypnotisé par la sensibilité de la chair rose qui surplombait le dôme tendre de son sein, qu’il fit durcir sous la pulpe de ses doigts.
« Touche-toi, susurra-t-il contre son oreille, je veux d’abord te regarder jouir. »

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MessageSujet: Re: Augures ▲ Ivana Ven 17 Aoû - 16:12


Augures
Ivana ft. Alistair

Secilia n’est pas habituée. Secilia est maladroite. Les quelques fois où elle s’adonne aux plaisirs de la chair, les choses sont rarement tendre. La tendresse, elle n’y connaît pas grand-chose. Les choses sont faites à la hâte, de façon presque machinale et bestiale, même si elle y ressent toujours du plaisir. Le romantisme, ce n’est pas pour elle, la douceur semble lui avoir échappé à la naissance. Pourtant, il y en a un qui essaye de l’initié à ça, la pousse à prendre son temps, à apprécier les choses. Jamais elle ne l’avouera à Alistair, lui qui déteste Lucius, mais c’est grâce à lui qu’elle parvient aujourd’hui à se montrer un minimum douce et prévenante. Même si elle se sent ridicule. Elle l’embrasse, savoure le contact chaud de ses lèvres et celui humide de sa langue gourmande. Elle caresse son dos, du bout des doigts. Elle s’empresse, un peu plus, guidée par cette envie qui la ronge. Mais il faut croire qu’elle n’est pas la seule à être pressée, car déjà, Alistair râle, l’appuyant un peu plus sur lui, ses mains glissant le long de son échine, la faisant frissonner. Assise sur lui, elle sent entre ses cuisses la virilité qui trésaille, gonflée déjà de désir. Elle sourit dans ce baiser, flattée, malgré tout ce qu’elle pourrait dire. Car il est vrai qu’elle ne comprend pas ce qu’il lui trouve, pourquoi il la désire. Mais c’est agréable, au fond, de le savoir.

Lorsque les rôles s’inversent, Secilia grogne de surprise, se retrouvant le dos collé aux draps. La belle se mordille la lèvre, observe Alistair avant qu’il ne plonge sur son cou. Le souffle brûlant du mâle se perd sur la peau fragile, faisant naître quelques sensations agréables. L’espace d’un instant, elle ferme les yeux, soupire, frissonne. Elle aime ça, c’est vrai. Sous les caresses de son frère d’armes, le corps de Secilia réagit, elle le sent entre ses cuisses déjà humides, prêtes à le recevoir. Pourtant, lorsqu’elle rouvre les yeux, elle est presque gênée par ce regard qu’il pose sur elle, sur son corps… Sur cette poitrine qu’elle a longtemps maudite et bandée durant son adolescence, tant elle exécrait sa féminité. Son corps, quant à lui, dit autre chose. Ses seins frissonnent, leurs pointes s’érigent vers Alistair, comme si elles quémandaient des caresses qu’il savait leur prodiguer. Et puis les mots s’échappent, percutent le crâne de Secilia. Elle cherche son regard, essaye de voir s’il plaisante. - Tu veux rire ? Qu’elle demande. Mais non. Il est brûlant de désir, pour elle, et ne plaisante pas. - Je peux pas faire ça ! Pourquoi ? Parce que ce genre de chose est interdit. Le plaisir de la chair, en solitaire, elle n’y a jamais goûté, ni même pensé. Alors devant lui ? Non ! La panique semble se lire sur son visage, dans son regard. - Je ne sais pas faire... Qu’elle finie par avouer, presque honteuse, espérant que Dieu lui pardonnera ses péchés. Elle essaye même de s’éloigner de lui, mais Alistair gronde. Pas de colère, du moins, elle ne croit pas. Elle plisse les yeux la belle, le sonde comme elle peut. - Tu grondes comme un animal… Mon gros tigre... Elle lui vole un baiser. Elle rit. C’est si rare qu’elle se surprend, semble même se découvrir ainsi. C’est si ridicule que s’en est mignon et elle le lit dans le regard d’Alistair. - Apprends moi... C’est une demande, une vraie. Elle souhaite le satisfaire. Parce que depuis plusieurs heures, elle a cru ne plus jamais pouvoir l’avoir à ses côtés.

Alors c’est Alistair qui la guide. Il ne se moque pas, loin de là. C’est lui qui guide. Secilia lèche ses doigts, les humidifie de sa langue, puis il emporte la main tremblante vers ce mont interdit. Il l’aide, à se découvrir et lorsqu’elle gémit pour la première fois, honteuse, elle peut lire la satisfaction dans le regard de son partenaire. Alors il abandonne, la laisse faire. Hésitante, mal à l’aise, elle s’attelle à la tâche. D’abord comme un bon soldat à qui on donne une mission. Puis comme une femme, dont le corps répond aux caresses. C’est la première fois pour elle. Première fois qu’elle se donne du plaisir. C’est étrange, déroutant. Malgré elle, son corps se mouve et ses doigts s’activent, touchent, découvrent, caressent. Malgré elle, son corps frissonne et elle gémit doucement. Elle voudrait lui crier de la prendre, de la satisfaire lui-même. Mais elle continue. Les minutes s’écoulent et le désir grimpe. Le corps se cambre de plus en plus et une main s’accroche à Alistair, ses ongles s’enfoncent dans sa chair. Et elle jouit, gémit. Son ventre explose et ses jambes tremblent. Son corps se cambre et son dos ne touche plus le matelas, cou tendu, yeux fermés, elle se laisse envahir par ce qui explose en elle. C’est essoufflée qu’elle retombe sur le drap, la bouche sèche. - Tu es… un monstre qu’elle lui murmure en souriant. Il faut avouer qu’elle est troublée d’avoir pu ressentir tout ça, juste grâce à elle-même. Une partie d’elle lui hurle que c’est immonde, là où l’autre réclame le corps d’Alistair. C’est avec un léger coup de bassin qu’elle se frotte à lui, doucement. Prends moi.

Et quelques instants plus tard, Alistair se fait sa place en elle, la comblant entièrement. Ses jambes s’enroulent autour du bassin, les mains s’accrochent au dos, aux cheveux. Cette fois, elle oublie qu’il est blessé. Elle le bouffe, des yeux et de sa bouche. Chaque coup de reins lui arrache un gémissement de plaisir. Elle halète la belle, elle s’accroche aux draps, à lui. Elle oublie Dieu, la mort, la vie. Elle oublie tout, envahit par le plaisir qui la bouffe de l’intérieur, qui brûle dans son ventre.



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MessageSujet: Re: Augures ▲ Ivana Dim 19 Aoû - 14:42

Propulsé en avant, il n’arriva ni à accuser le choc ni à se réceptionner. Il tomba lourdement, à plat ventre sur une vitre posée à terre en attendant de remplacer de faux carreaux en plexiglas. Le verre se brisa sous son poids et un éclat de vingt centimètres s’enfonça dans sa cuisse. Ne prenant pas le temps de retrouver son souffle, il se retourna et l’extirpa de la plaie en gémissant.
« Tu sais quoi ? J’vais même pas prendre la peine de changer de forme. Si en tant qu’homme je t’écrase comme une mouche, j’imagine même pas ce que te ferait mon loup. Ce serait pas marrant ! »
Lui qui calculait tout en avance, qui prenait son temps, lui qui prévoyait méticuleusement chaque aspect de la mission… Comment n’avait-il pas compris que Vincenzo n’était pas protégé par ses semblables, mais par des loups ? Il n’avait tout simplement pas pensé qu’une telle chose fût possible. Alistair avait emporté avec lui assez d’eau bénite pour remplir une piscine, mais il n’avait rien sur lui qui soit en argent. Il allait mourir, ce soir. Il allait mourir par idiotie, et, au fond, il se disait qu’il l’avait bien mérité.
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Le chasseur se laissait aller à l’instinct contre la peau soyeuse de Secilia. Il l’avait toujours désirée, mais jusqu’à présent il n’avait jamais essayé de la bouleverser. Il ressentait puissamment le besoin de la voir se liquéfier de plaisir devant lui, sous lui. Quand il formula une requête qui prenait davantage la forme d’un ordre, il vit toute une palette d’émotions s’entrechoquer sur le visage de sa partenaire : la surprise, la panique, la curiosité, l’effroi. Elle bredouilla des excuses qui accusaient autant son manque de pratique que la perversion d’Alistair. Le jeune homme ne cilla pas, attendit tout simplement qu’elle se rende à son commandement comme s’il n’estimait pas possible qu’il en soit autrement. Quand elle fit mine de s’éloigner de lui, de s’arracher à ses lèvres, il gronda comme un fauve à qui l’on voudrait voler son repas et resserra sa prise autour d’elle. Alors l’expression de la jeune femme changea, elle se mit à lui sourire, à l’appeler « son gros tigre », et elle partit d’un petit éclat de rire qui toucha quelque chose en lui, qui le remua plus qu’il n’aurait su le dire. Elle lui demanda de l’initier, et quelque part il en éprouva de l’orgueil, songeant alors que ce Lucius ne devait pas être un très bon amant si Secilia demeurait à ce jour si ignorante de son propre corps, si désarmée lorsqu’il était question de trouver son propre plaisir. Et puis, l’instant d’après, il ressentit une pointe de honte : lui aussi avait été l’amant de Secilia, et lui non plus n’avait jusqu’à présent jamais cherché à aiguiller la jeune femme. Le plus souvent, il l’avait prise par ennui entre deux missions. Il n’avait jamais été cruel ou mal élevé avec elle, il ne la considérait pas comme un objet, seulement il avait cru qu’il y avait entre eux un échange de bon procédé, un accord tacite qui les poussait à accomplir spontanément un acte naturel pour leurs besoins physiologiques. Il s’était dit qu’elle voulait baiser avec lui, et qu’elle faisait l’amour avec Lucius. Maintenant, il se trouvait idiot d’avoir pu penser que les choses étaient si manichéennes. Si individualistes. Quand elle avait ouvert la porte sur lui ce soir, quand il avait vu la nuit s’emparer de son visage pâle et ténébreux, il s’était promis de se faire pardonner auprès d’elle pour ne l’avoir jamais vue aussi réelle qu’en cet instant.

Elle non plus ne se savait pas réelle. Elle ne se sentait pas exister. Elle pensait à elle avant tout comme à un soldat, une arme au service de Dieu. Aussi scandaleux que cela puisse paraître à la jeune femme, Alistair ne connaissait pas de meilleur moyen de se connecter à soi, de se sentir en soi, que celui qu’il lui avait prescrit quelques instants plus tôt. Il n’était même pas tout à fait certain que Dieu lui donnerait tort. Comment prétendre se battre pour défendre la vie humaine si l’on ne faisait pas l’expérience profonde et personnelle de ce qu’impliquait « être humain » ?
« Ouvre la bouche », dit-il d’un ton plus doux en prenant la main de la jeune femme et en enlaçant ses doigts dans les siens.
Il amena sa main à ses lèvres et fit entrer deux doigts dans la bouche de Secilia, puis il la guida en s’efforçant d’être patient, de ne pas être brusque. Le manque d’assurance de la chasseuse était aussi charmant qu’intimidant. Elle était à la fois perdue et obéissante, et quand pour la première fois elle gémit d’un plaisir mêlé de honte, Alistair se sentit simultanément humble et féroce. Il la relâcha et la laissa faire, d’abord parce qu’il était fasciné, ensuite parce qu’il risquait de ne pas se retenir de la plaquer contre le matelas et de la pénétrer immédiatement s’il n'éloignait pas sa main de sa fente douce et humide. Il ne la toucha plus, bien que cela lui demandât un effort considérable, en particulier lorsqu’elle s’agrippa à lui en poussant un cri rauque et suppliant, le griffant, se cambrant comme pour s’échapper à elle-même. Il haletait, fou de désir, ne perdait pas une miette des expressions qui déferlaient sur son visage, scrutant ses gestes et ses tressaillements incontrôlés qui l’excitaient à tel point qu’il crut qu’il allait jouir dans l’instant, sans même l’avoir touchée. Et puis elle retomba sur les draps, brisée, lascive.
« Tu es… un monstre. »
Sa voix vibrait d’épuisement et de désir, elle ronronnait. Alistair eut du mal à détacher les yeux des doigts luisants que Secilia venait d’introduire en elle, mais il finit par ancrer son regard sombre dans le sien et par hausser un sourcil, l’air de dire : « Tu ne le remarques que maintenant ? ». Alors elle vint se frotter doucement contre lui, appuyant son bassin contre son érection, lui demandant de la prendre. Alistair lui adressa un sourire ressemblant davantage au rictus d’un loup montrant les crocs, qui ne présageait rien de rassurant.
« Je n’en ai pas encore fini avec toi », gronda-t-il à voix basse.
Il se pencha sur elle et commença à se repaître de son corps tremblant, mordant la peau tendre de son ventre, puis lui écartant les jambes pour se laisser assez d’espace entre ses cuisses. Il l’embrassa et la lécha, la découvrit à son tour, guidé par ses gémissements plaintifs et extatiques. Il se sentait de plus en plus avide, s’enivrant de son odeur féminine. Quand il sentit qu’elle allait encore jouir, il se retira, la laissant au seuil de son paroxysme. Il se redressa, lui adressant un regard fiévreux en revenant à sa hauteur. Il se fondit en elle d’un seul mouvement tandis qu’elle s’accrochait à lui comme au seul point fixe dans un monde qui chavire.

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MessageSujet: Re: Augures ▲ Ivana Lun 20 Aoû - 14:05


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Secilia est rarement docile, au grand désarroi de bien des personnes, surtout de son mentor. Elle a la tête dure et le caractère d’acier. Pourtant, lorsque Alistair lui dit d’ouvrir la bouche, elle le fait, le laissant glisser ses doigts entre ses lèvres pour les humidifier. Lorsqu’il l’a guidé jusqu’entre ses cuisses, elle s’est laissé faire, bien que réticente. Secilia est docile. Elle est bonne élève, c’est bien l’une de ses qualités. Elle sait écouter, apprendre, retenir. Alors, même s’il ne s’agit pas d’un entraînement pour tuer les Vampires, elle se montre attentive, comme si c’était une énième leçon à apprendre. Et elle prend du plaisir, même si une partie d’elle voudrait mourir de honte, même si elle est persuadée que c’est mal, ce qu’elle fait. Non, Secilia n’est pas comme les autres. Ni comme Alistair, ni comme Lucius. Elle ressemble bien plus à Gallicano, avec leurs caractères bizarres et leur incapacité à être sociables. Secilia, elle couche pour baiser, pour répondre à des instincts primaires, pour faire plaisir aux autres aussi. Même si Lucius essaye de la faire aimer ça, il n’y parvient pas toujours. Pourtant, elle a éprouvé du plaisir en se touchant, en caressant son propre corps, sous les yeux d’Alistair. Elle a éprouvé du plaisir, lorsqu’elle a touché cette partie si intime d’elle-même, lorsqu’elle a senti ses doigts s’humidifier. Elle s’est sentie fière, bonne élève, lorsque le regard d’Alistair s’est mis à briller ainsi.

Elle le réclame. Encore. Son corps le réclame. Elle lâche prise la guerrière. Elle abandonne ses croyances, le temps d’un instant. Elle y repensera plus tard, quand elle retrouvera seule avec ses pêchés. D’abord, elle a cru qu’il la prendrait, comme toujours. Qu’il se glisserait en elle avec vigueur. Mais non. Alistair la voulait encore, à lui, pour lui. Il voulait qu’elle ressente encore des choses. Alors il se glisse, entre ses cuisses, là où elle est encore chaude et humide. Non, il n’en a pas fini avec elle. Alistair la déguste, il laisse sa langue glisser sur elle, en elle. La belle soupire, excitée. Elle gémit aussi, s’accroche aux draps, aux cheveux, à tout. Une partie d’elle a envie de lui hurler de continuer, encore, plus fort. C’est fou ce qu’elle éprouve. Secilia le veut, partout, en elle, sur elle. Son corps tout entier l’appelle, vibre sous ses coups de langue, sous ses caresses. Elle gémit alors, toujours plus fort. Son bassin se mouve, instinctivement, accompagnant les mouvements de son amant. Secilia a l’impression de tomber dans un gouffre sans fond, que ce plaisir qui la submerge pourrait la tuer sur-le-champ tant il est intense. Tout son corps vibre, brûle pour lui. Rien que pour lui. Comme jamais avait, Alistair la comble, s’occupe d’elle comme un homme s’occupe d’une femme. Il ne la baise pas juste pour satisfaire ses besoins primaires. Non, il la comble. Et ça chamboule la belle, elle s’abandonne à lui.

- Alistair...

Sa voix n’est qu’un murmure, lorsqu’elle sent qu’elle va jouir à nouveau, que l’intérieur de son ventre se crispe. Elle n’est que gémissement, lorsqu’il abandonne son intimité pour remonter le long de son corps. Elle ouvre les yeux, frustrée d’abord, se disant qu’il va la laisser là, seule avec son corps qui brûle et tremble. Et leurs regards se croisent, se fondent l’un dans l’autre. Jamais elle ne pourra oublier cette nuit. Jamais elle ne pourra oublier ce moment précis, où il se glissa en elle, s’enfonçant dans son antre humide, prêt pour lui. Elle gémit encore, la belle. Elle gémit pour lui. Les jambes l’entourent, l’enfoncent un peu plus. Elle se moque des blessures cette fois. Elle oublie tout dans ses bras. Secilia s’accroche à lui, mordille ses lèvres, lui offre son cou. Elle grogne, râle, jure même, lorsque les coups de reins se font plus vigoureux. Et encore une fois, elle jouit. Elle atteint l’orgasme dans un cri qu’elle ne se connaît pas, se délivrant d’un plaisir qu’elle semble avoir contenu depuis trop longtemps. Plus tard, une fois seule, elle se posera bien des questions sur ça. Mais à cet instant précis, elle ne pense à rien. Elle ne peut pas. C’est dans le cou d’Alistair qu’elle se réfugie, tremblante, attendant qu’il se libère lui aussi.

La sueur perle sur son front, humidifie légèrement ses cheveux. Elle halète encore lorsqu’elle se laisse retomber sur le matelas, toujours accrochée à son amant, comme si elle avait peur qu’il ne s’échappe. Et puis elle le regarde, caresse sa joue. Elle plonge dans son regard avant de dériver sur son nez, ses lèvres. Et, pour la première fois certainement, elle le trouve vraiment très beau. Son pouce, dans une douceur infinie, vient glisser sur les lèvres de son amant. Et, avant de l’embrasser avec tendresse, elle lui murmure un Merci. Elle se surprend elle-même à le remercier ainsi, à être tendre. Elle l’observe ainsi, pour la première fois. Comme si elle le découvre réellement. Alors son front se colle au sien, ses mains glisse dans ses cheveux. Elle ferme les yeux, soupire, le garde en elle encore, entre ses cuisses humides, sur les draps souillés par leurs ébats. Et elle l’embrasse, avec une douceur nouvelle. Fatiguée, mais étrangement, elle en redemanderait encore.



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MessageSujet: Re: Augures ▲ Ivana Lun 20 Aoû - 20:03

L’homme mesurait deux mètres et pesait dans les cent-vingt kilos. Il appuya son pied gauche sur la cage thoracique d’Alistair. Sa respiration devint sifflante, des étincelles bleues lui barraient la vue. Il n’arrivait pas à se dégager. L’homme se pencha, attrapa le poignet du chasseur et, soudain, tira dessus tout en opérant un mouvement de vrille. L’épaule d’Alistair se déboîta dans un craquement sinistre, qui fut néanmoins couvert par son cri rauque et étouffé. De sa main libre, il tâtonna pour récupérer au sol le long éclat de verre qu’il avait retiré de sa jambe quelques instants plus tôt. Avec l’énergie du désespoir, il l’enfonça aussi profondément qu’il le put dans le muscle du mollet de son adversaire. La blessure ne serait pas grave, mais la douleur fut suffisante pour que le surnaturel retire son pied. Alistair roula sur le côté et se redressa avec dans l’idée de s’enfuir par le premier accès qu’il trouverait. Mais c’était sans compter l’étonnante célérité de l’homme massif, qui attrapa le chasseur par le col et le plaqua violemment contre un mur avant qu’il ait même commencé à courir.
ivana & alistair
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« Sale petit merdeux, cracha-t-il contre son oreille en se collant à lui. P’têtre bien que j’vais me transformer, finalement, pour t’apprendre ta leçon avant de te livrer à Vinc’. Tu penses quoi de la zoophilie ? Tu seras plus en état de courir où que ce soit après, ça je peux te le garantir… »
Alistair entendit un bruit métallique significatif, le cliquetis d’une ceinture que l’on défaisait. Il s’était trompé. Mourir n’était pas le plus grave qui puisse lui arriver, ce soir.
« Vas-y, j’suis pas inquiet, murmura-t-il en plantant son regard dans celui de son agresseur et en forçant ses lèvres à esquisser un sourire narquois. Tu sais ce qu’on dit : très grande gueule, toute petite… »
Les yeux révulsés par la rage, l’homme leva le poing et l’envoya de toutes ses forces en avant, prêt à écraser le visage d’Alistair. Celui-ci avait entre temps tendu le bras droit pour attraper la  poignée de la porte la plus proche. Il tira de toutes ses forces pour se faire glisser de quelques centimètres sur la droite, et le poing de l’homme heurta le mur avec une telle force que l’on entendit les os de ses phalanges se briser. Il relâcha sa prise en hurlant de douleur. Une fois libre, Alistair s’empara d’une des seringues d’eau bénite qu’il avait dans la poche et se jeta sur l’homme.  Ils tombèrent en arrière, roulèrent, mais en un instant, Alistair lui planta l’aiguille dans l’œil et l’enfonça de la paume de la main jusqu’au cerveau. Toutes les veines du visage de l’agresseur bleuirent, la salive écumait sur ses lèvres et coulait en longs filets sur la veste en cuir d’Alistair. L’œil intact, injecté de sang, était à peine moins horrible que l’œil crevé, qui pendait hors de l’orbite. Le corps de l’homme se raidit sur celui du chasseur, tressauta, et il mourut. Alistair se dégagea en repoussant le cadavre sur le côté, et se releva en titubant.
« … intelligence », termina-t-il en regardant l’impact du poing sur le mur.
Le bruit qu’il avait fait en se fissurant avait certainement alerté les collègues du loup, il fallait décamper. L’adrénaline seule l’empêchait pour le moment de s’effondrer sur place. Alistair sortit sur un balcon par une fenêtre ouverte et disparut avant que les autres acolytes de Vincenzo aient eu le temps de faire irruption à l’étage.

« Alistair… »
Sa voix avait la densité d’un nuage, mais elle était si vibrante, si intense, qu’elle semblait aussi matérielle que la lampe de chevet ou l’oreiller du lit. Le jeune homme la reçut comme un cadeau d’une valeur inestimable. Il n’oublierait jamais cette voix, ce corps, cet instant. Quand il la pénétra et qu’il la sentit se cambrer sous lui, pour l’accueillir plus profondément, pour l’accepter complètement en elle, il éprouva une excitation féroce qui n’était pourtant pas dénuée… de tendresse ? Il était incapable d’analyser ou de décrire ce qu’il éprouvait, mais il en voulait plus, plus fort, plus vite. Indifférent à ses propres blessures, ignorant tout de sa douleur, il n’existait plus que pour ce moment d’intense plaisir. Grognant sous l’effort, il plaqua la paume de sa main droite sur la tête du lit, pour se maintenir à quelques centimètres au-dessus d’elle, pour continuer de regarder son visage, tandis que son autre main enserra la base du cou de Secilia, sans lui faire de mal, mais seulement pour contrôler ses soubresauts et se permettre d’entrer en elle plus profondément à chaque va-et-vient. Quand ses gémissements se muèrent en cris et qu’elle resserra ses cuisses autour de lui, il retomba sur elle, bouillant d’excitation, glissa ses mains sous ses hanches pour la soutenir et la serrer plus fort contre lui. Il mordait la peau délicate de son cou ou prononçait des moitiés de blasphèmes au creux de son oreille, affolé par l’odeur de sa chevelure, par le son plaintif de sa voix quand elle jouissait. Il atteignit l’orgasme en même temps qu’elle, et à cet instant il avait oublié son nom, ses aspirations, et même son Dieu.

Alistair gérait très bien l’avant et le pendant, mais il ne savait jamais quelle attitude adopter dans l’après. Il n’était pas du genre à s’endormir mollement en lovant la jeune femme dans ses bras. Il ne risquait pas non plus de veiller jusqu’à l’aube pour échanger des confidences à cœur ouvert, les doigts enlacés dans les siens. Il tenait plus du fauve en cage, agité, qui cherchait la bonne position pour trouver le repos dans un espace confiné qui ne convenait pas à ses élans de prédateur. Secilia, elle, semblait parfaitement épanouie. D’ici il voyait ses pupilles dilatées sur l’iris vert de ses yeux, et, quand elle passa un doigt sur ses lèvres, elle était si tendre et si vivante que le chasseur tressaillit comme s’il venait de recevoir une décharge électrique. Il sentit son baiser et ses remerciements sans savoir réagir, ayant l’impression qu’elle attendait quelque chose de lui. Ses doigts fins se perdirent dans ses cheveux. Dans une autre vie, s’il avait été une autre personne, il aurait certainement su apprécier cette gentillesse, cet attendrissement qui émanaient d’elle. Mais il ne s’estimait pas digne de cette affection et il soupçonnait que l’on cherche à le manipuler par des caresses ; il se rebiffait comme un cheval sauvage craignant le licol. Il leva la main et attrapa le poignet de la jeune femme, tirant dessus pour éloigner ses doigts de son visage.
« Ne sois pas douce avec moi, ordonna-t-il d’un ton lugubre. Je ne le mérite pas, je ne… le comprends pas. Je ne sais pas ce que tu veux. »
Il se releva et lui tourna le dos, assis au bord du lit. Ses membres commencèrent à trembler sous la tension qui l’habitait. Il grogna et mit cela sur le compte de ses blessures et de la fatigue nerveuse. Il quitta la chambre tout d’un coup, l’abandonnant derrière lui, déambulant complètement nu jusqu’à la cuisine. Il ouvrit le robinet et regarda l’eau tourbillonner dans l’évier pendant quelques secondes. Des images de l’avant-veille lui revinrent en mémoire. Il se pencha et mit la tête sous l’eau froide. D’un coup, il sentait qu’il avait été égoïste, il se souvenait de son état, de sa défaite, et il se trouvait ignoble d’être venu chez elle dans ces circonstances. Se redressant, il remplit un verre d’eau et referma le robinet. Putain, quel connard.
De retour dans la chambre, il prit la main de Secilia et y posa le verre d’eau sans croiser son regard. Quand il reprit la parole, son ton était froid, presque cassant.
« Je peux te faire jouir, mais je ne peux pas te faire du bien. Je ne peux pas supporter que tu ne m’aies pas foutu à la porte quand tu en as eu l’occasion. »

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MessageSujet: Re: Augures ▲ Ivana Mar 21 Aoû - 11:33


Augures
Ivana ft. Alistair

Le souffle lourd et pourtant apaisée, le corps fatiguée, l’air serein, Secilia se sent femme, certainement pour la première fois de sa vie. Avec Lucius, elle ressent les choses, mais jamais ainsi. Peut-être ne le ressentira-t-elle plus jamais. Peut-être même qu’elle s’en voudra d’avoir pu ressentir tout ça, c’est même presque certain. Comme à chaque fois. Pas à cet instant, la belle ne regrette pas. Elle s’est découverte comme jamais auparavant et elle a aimé ça. Ils s’observent. Ils ressentent. Et le vent tourne. Alistair lui attrape le poignet, éloigne sa main douce de son visage maintenant crispé. Secilia fronce les sourcils. Elle ne le comprend pas. Qu’a-t-elle fait de mal ? Et il ordonne. Ne veux pas de sa douceur. Les yeux de Secilia vacillent, sont troublés, cherchent à comprendre et analyser. Pourquoi dit-il de telles choses ? Et puis au fond, ils sont pareils. Ils ne sont pas faits pour ressentir, pour accepter la douceur. Ils sont des soldats conditionnés. Des soldats brisés, incapables d’aimer, de comprendre ces sentiments de tendresse. Eux, ils comprennent la haine, la rage, la violence et le dégoûts. L’amour ne fait pas partie de leur vocabulaire. Le seul amour qu’il éprouve est un respect pour ce Dieu qui les guide. Paumée, confuse, Secilia ne le retient pas lorsqu’il quitte son corps brûlant et luisant de sueur. Elle ne le retient pas, parce qu’elle doute, qu’elle ne comprend pas tout. Elle l’observe pourtant, le suit du regard lorsqu’il quitte la chambre, le corps tendu. Les jambes remontent sur la poitrine de la brune, le drap vient la recouvrir. Elle soupire, elle rumine. Elle se mordille la lèvre, se la mord même, presque à sang. Ses ongles s’enfoncent dans la chair de ses genoux entourés par ses bras. Elle a besoin d’avoir mal, pour se concentrer. Elle a besoin d’avoir mal, pour se punir. Se punir de ce plaisir qu’elle a prit ; se punir des images qui lui frappent le crâne, celles de sa main qui glisse entre ses cuisses, celle du corps d’Alistair qui la pilonne et la fait gémir.

Secilia soupire, encore. Elle peut comprendre qu’il ne comprenne pas. Parce qu’elle non plus ne comprend pas les regards qu’il pose sur elle parfois ; les sous-entendus qu’il fait. Elle ne comprend pas qu’il puisse s’intéresser à elle, à son corps et à son désir. Elle finit par se ronger les ongles. Doit-elle le rejoindre ? Non. Elle ne saurait pas quoi lui dire, elle n’est pas douée pour ça. Va-t-il partir ? Peut-être. Certainement. Il partira de toute façon. Mais il revient, les cheveux mouillés, l’eau ruisselant sur son corps nu et blessé. Il s’approche, s’installe, lui donne un verre d’eau qu’elle s’empresse de boire alors qu’elle l’écoute. Le ton est dur. Cassant. Désagréable. Mais elle en a l’habitude. Elle l’écoute donc et a du mal a comprendre à nouveau. Alors elle plisse les yeux, l’observe.

- On s’inquiète pour ses frères d’armes. C’est normal. Je n’allais pas te claquer la porte au nez alors que j’étais morte de peur à cause de ton absence. Alistair, regarde moi.

Est-ce un ordre ou une supplique ? Elle-même ne le sait pas.

- Je ne sais pas aimer. Je ne comprends pas les sentiments, les émotions douces et agréables. Pas parce que je ne veux pas, mais parce qu’on ne me l’a pas appris. Je suis… Je suis certainement l’Et Fratres Luminis la plus seule, la moins sociable. Il y a toi, Lucius, Gallicano… Personne ne pose son regard sur moi. Personne n’ose réellement m’adresser la parole. J’ai peur, parfois, de me retrouver complètement seule. Mais si tu préfères, je peux te cogner, ça te rassureras peut-être.

C’est qu’elle s’essaye à l’humour la belle, qu’elle essaye de sourire, à la lueur maigre de sa table de chevet.

- Ne crois pas que je cherche à… À tomber amoureuse ou à t’aimer. Je t’apprécie. J’ai confiance en toi, en tes talents. Et j’aime ce que tu me fais… J’aime le… Le sexe, avec toi. C’est plutôt agréable. Et là tu m’as faire faire et ressentir des choses que je n’avais pas encore expérimenté… C’était nouveau, perturbant et agréable, qu’elle dit presque rougissante. Est-ce qu’on mérite de souffrir ? Est-ce qu’on mérite d’être seul ? Je n’en sais rien. Nous sommes des soldats, créés et formés pour servir Dieu et tuer des Vampires. Mais… est-ce qu’on doit pour autant mourir seul ? Je n’en suis pas certaine.

Elle se redresse la belle, se rapproche du corps nu d’Alistair, frôle son épaule pour capter un peu plus son attention.

- Faisons un pacte toi et moi. On se protège. On prend soin l’un de l’autre. On se tape sur la gueule s’il le faut. Et… On se fait plaisir quand on en a envie. Pas de sentiments, de toute façon, nous n’en sommes pas capables. On ne réfléchit pas. On fait. On vit. Et si l’autre a besoin d’aide, on l’aide. Parce que nous sommes des frères d’armes et que c’est ce qu’on est censé faire non ?

Secilia ne sait pas grand-chose des relations humaines. Mais elle sait qu’elle ne pourrait pas supporter de perdre Alistair.



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MessageSujet: Re: Augures ▲ Ivana Sam 25 Aoû - 20:11

Il se laissa glisser dans l’eau depuis le bord du promontoire en bois monté sur pilotis, puis se laissa couler. Il avait caché sa moto à l’orée de la forêt de châtaigniers qui entourait le magnifique lac d’Albano. Non qu’il craignît les touristes. Si ceux-ci affluaient en masse en pleine journée, il doutait fort de croiser âme qui vive à trois heures du matin. Les traces des pneus étaient trop reconnaissables, surtout pour les pisteurs hors paire qu’étaient les loups. Grâce à elles, ils viendraient jusqu’ici, peut-être même qu’ils repèreraient ses pas dans la forêt. Et après ? Alistair émergea et fit la planche en grimaçant. Son épaule luxée était un poids mort, mais l’eau froide du lac agissait comme un analgésique efficace, pour le moment. Après, les loups trouveraient le promontoire et verraient l’immensité du lac d’Albano pour ce qu’elle était : un énorme doigt d’honneur de la part d’Alistair. Les odeurs corporelles ne survivent pas, dans l’eau.
ivana & alistair
AUGURES.
Le plus dur n’était pas de se laisser échouer sur le rivage après avoir flotté pendant quelques centaines de mètres. Rentrer à Rome à pied avec cette épaule en vrac et la jambe entaillée, ça, ce serait moins drôle. Piquer une caisse en chemin ? Peut-être, mais conduire d’une main était une gageure risquée, et être arrêté par les flics… trop compliqué. Les ondes du lac, légères rides sombres, à peine des vaguelettes, avaient quelque chose de reposant. Un bras replié contre son torse, il gardait serrée à la main l’unique seringue de diazépam qu’il avait sur lui. Il l’utiliserait le plus tard possible, quand la douleur serait vraiment insoutenable, ou bien juste avant de remettre son épaule en place. En même temps que son esprit ne découvrait qu’un monceau de problèmes plus chaotiques les uns que les autres à mesure qu’il songeait à sa situation, l’adrénaline le quittait peu à peu et le calme du lac agissait sur lui comme un baume. Il ne savait pas comment, mais il savait chez qui il irait. Cette pensée était la seule qui vaille. Ce but lèverait tous les obstacles. Il ne cèderait à la honte et aux remords ni aujourd’hui ni demain. Avant tout, il devait revoir ces deux yeux couleur de pluie sur une prairie en été.

« Alistair, regarde-moi. »
Il obéit, se rendant plus au ton de voix paradoxal de la jeune femme qu’aux mots eux-mêmes. Elle savait quoi faire, avec lui. Il ne le lui laissait pas toujours le voir, mais, quand elle le traitait avec cet esprit de domination serti de vulnérabilité, quand elle lui donnait des ordres en les faisant passer pour des prières, il courbait moralement l’échine. Sauf lorsqu’il était question des missions des EFL. Là, il n’écoutait que deux instances supérieures : son propre instinct, et John Danner. Pour la première fois de sa vie, son instinct s’était vraiment pris une sale torgnole, sur ce coup-là. Il serra les mâchoires, ravalant la vague de rage qui montait en lui quand il repensait à cette mission.
Secilia s’exprima d’une voix qui avançait sur la pointe des pieds ; hésitante et légère. Elle voulait lui dire qu’elle ne savait pas quoi faire des sentiments humains, qu’ils l’encombraient, qu’elle avait peur, qu’elle était seule, parfois. Elle rit d’un petit rire qui avait du mal à déployer les ailes. Alistair ne réagit pas, ou peut-être en retard, car il intériorisait profondément les paroles de la jeune femme. Et lui, était-il bon avec les sentiments ? Il croyait les gérer. Les contenir. Les contraindre. Mais peut-être qu’il était juste un pauvre con, en fait. Il regagna son propre corps quand il vit les joues de Secilia rosir légèrement. Il sourit imperceptiblement, attendri par son trouble et par le fait qu’elle commençait déjà à oser parler du sexe, à dire ce qu’elle aimait. Auparavant, ils ne parlaient pas de cela, ils agissaient. A cet instant, il aurait presque pu essayer d’être humain, d’être normal, de l’attirer contre lui et de s’endormir sans un mot. Mais elle demanda s’ils méritaient de souffrir. Et il se souvint qu’il était une bête sauvage.
« On meurt toujours seul, railla-t-il froidement. Naître et crever, personne ne peut le faire à notre place. »
Les larmes des vivants sont donc ineptes. Les morts ne souffrent pas.
« Et celui qui a besoin qu’on lui tienne la main le jour de sa mort est un faible. »
Il avait failli dire : « un égoïste ». Mais il préférait être méprisant plutôt que compréhensif. Pourtant, il le sentait, au fond, qu’aucun homme ne veut mourir seul parce que ceux qui souffrent après lui, par leur douleur, prouvent qu’il a existé et qu’il a eu un impact. C’est peut-être égoïste, mais c’est humain. C’est parce que les humains vivent de l’amour qu’ils prodiguent et de celui qu’ils reçoivent. Mais pas Alistair. Bien sûr que non.

Les doigts fins de Secilia firent partir des frissons depuis son épaule jusqu’au creux de ses os. Elle parla d’un pacte qu’ils pourraient passer. L’enjeu était simple. S’apporter le meilleur et se prémunir du pire. Se faire plaisir. Etre bon l’un envers l’autre. Et vivre. Mon Dieu, si seulement ce pouvait être aussi simple qu’elle le suggérait ! Il glissa lentement son bras autour d’elle et la pressa doucement contre lui. Contrairement à ce qu’elle semblait penser, ils n’étaient pas faits du même bois, elle et lui. Elle savait profiter du moment présent. Lui, il était toujours tendu vers l’ensuite.
« Tu dis toutes ces choses comme si nous n’existions que pour ce soir. Je veux bien te promettre tout cela. Mais demain ? Tu envisages que nous soyons toujours en capacité de prendre soin l’un de l’autre. Mais si demain… si demain je suis pris au piège et que je deviens un vampire ? Est-ce que ce pacte que nous faisons ce soir ne rendrait pas les choses plus atroces ? Tu as raison de ne pas être amoureuse de moi, si tu l’étais je ne ferais que te dévorer et t’assombrir. Mais, moi, je te dis même de ne pas espérer que je vive. Nous sommes seuls, Secilia. Tu t’en inquiètes, mais moi je m’en réjouis. Je ne veux personne pour pleurer après moi. Je veux quelqu’un qui me décapite froidement si un jour je deviens l’un d’eux. Je préfère que tu me promettes cela. »
Il était très sérieux. Elle ne méritait sans doute pas qu’il le soit autant. Pris de compassion pour ce corps mince qu’il tenait contre lui et pour les paroles si douces et si pleines d’espoir qu’elle avait prononcées, il l’emporta et s’assit de nouveau sur le lit avec elle, tirant le drap à lui pour recouvrir la jeune femme.
« Tu peux me cogner, vas-y », conclut-il en souriant.
Mais le sourire n’effaçait pas le coup à l’estomac qu’il reçut quand cette pensée lui vint : et si elle était un jour prise au piège et qu’elle devenait un vampire ?

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