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La morsure de l'argent

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Milo S. O'Conell

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Bêta • Meute Sud



¤ AVATAR : Eddie Redmayne
¤ CRÉDITS : (c) Aki
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◮ Taille : 1,84 m
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MessageSujet: La morsure de l'argent Dim 1 Juil - 11:53


La morsure de l’argent

Feat. Alistair Colt
Le ciel se recouvrait lentement d’un linceul sombre tandis que l’odeur de l’air annonçait la pluie. Les réverbères s’allumaient les uns après les autres, annonciateur des prochaines ténèbres. Les hommes rentraient chez eux, en retrouvant le confort et la sécurité de leur foyer, tandis que les vampires sortaient de leur tanière pour profiter de la nuit et de ses nombreux charmes. En ces temps de trouble, la nuit sonnait comme un couvre-feu pour les humains, alors craintif à l’idée de faire de mauvaises rencontres. Les habitudes des riverains avaient changées, Milo le constatait tous les jours au bureau. Ce soir-là, il le devinait dans le comportement de ses collègues. D’ordinaire, il n’était pas rare de voir l’équipe de Milo encore au bureau après la nuit tombée, planchant sur les derniers sujets, corrections et autre mise en page pour l’édition du lendemain. Dorénavant, il était seul, comme trop souvent. Son rédacteur en chef lui avait même fourni un jeu de clefs, afin qu’il puisse fermer à son départ. Surement était-il las de rester tard à cause de lui. Les heures supplémentaires payés bien, mais personne n’aimait ça. A part Milo peut-être. Selon les dires de beaucoup de collègues, il ne vivait que pour travailler. Quelque part, ils n’avaient pas entièrement tort. Premier arrivé le matin, dernier parti le soir. C’était un train de vie qui lui convenait pour le moment. Il n’avait pas de famille pour attendre son retour, à quoi bon ? Aussi, le soir il avait sa routine. Il fermait les bureaux vers vingt et une heure trente, voir vingt-deux heure. Sur le chemin du retour, il passait à la superette prendre de quoi diner, puis il rentrait chez lui, sortait Sumo, se faisait à manger, bossait pendant qu’il dinait et ressortait pour une bonne partie de la nuit. Morphée n’avait jamais vraiment  voulu de lui, il ne cherchait plus à courir après un sommeil inutile et impossible à conquérir.

Le jeune homme fut arraché de ses songes pour le vibreur de son téléphone. Sur l’instant, il ne prêtait pas d’attention au portable mais sur la dernière photo en cours de développement. Elle baignait dans la solution chimique, prenant ses traits et ses teintes de noir et de blanc. Quand il fut satisfait du résultat, il ôtait le papier du bac avec une pince et l’attachait sur une cordelette avec une attache pour la faire sécher, sans abimer le papier glacé. D’une main, il soulevait ses lunettes, les glissant dans ses cheveux et se frottait les yeux. La lumière rouge de la pièce avait fini par l’achever. Il fermait les ampoules sanglantes pour repasser sur un éclairage blanc et pu enfin regarder son téléphone. Un ami lui proposait de le rejoindre prendre un verre dans un bar du coin. Milo refusait l’invitation et s’en excusa. Il n’avait pas de plan pour la soirée, mais il voulait se ‘préserver’ pour le lendemain. La pleine lune … Sa douce et belle amie. Le simple fait d’y penser lui arrachait un sourire d’excitation. Son loup hurlait de liberté en son sein et il brulait d’y répondre. Son besoin de chasse commençait à se faire grand tout comme son instinct animal … En attendant, il retournait à son bureau, pliait ses affaires, mit sa veste et prit la direction de la porte. Deux tours de clefs et il était partit, direction l’ascenseur. Au pied du bâtiment, Milo humait la douce odeur de la pluie, contemplant ce fin rideau opaque tandis qu’une bourrasque soulevait légèrement ses cheveux bruns. Des conditions idéales pour une balade nocturne. Il aimait les soirées de pluie, avec ou sans parapluie. Son loup le tenait à l’abri des maladies humaines. Aussi, il pouvait en profiter pleinement sans risque le rhume du lendemain. Ainsi, il s’engageait sous ce manteau humide. Il se sentait tellement libre à cet instant, en communion avec la nature … Le ciel, la terre, la pluie, les gouttes, lui. Ainsi il avançait, le visage serein. Il aimait sentir la pluie ruisseler dans ses cheveux, suspendu à ses mèches pour atterrir sur sa peau, longeant ses joues jusqu’à disparait dans le col de sa veste.

Lentement, il prenait le chemin de son appartement. Surement apprécierait-il moins quand il rentrait de sa promenade avec Sumo … Ce dernier irait secouer sa grosse carcasse trempait partout dans le duplex et Milo serait bon pour tout nettoyer. Parfois, être maniaque de la propreté et avoir un chien, ce n’était pas compatible.  Pour le moment, le jeune homme décidait de faire fi de ce détail, il aurait bien le temps de s’en plaindre plus tard. Sur la route, il fit un détour vers une rue voisine pour passer au ‘konbini’, il commençait à faire faim et il y avait de l’écho dans son frigo. Il sentait déjà l’odeur du steak de soja accompagné de sa purée de poireaux tant il avait faim. Par chance, la superette près de chez lui proposer des plats végétarien. Etre loup et ne pas manger de viande, c’était étrange non ? Alors qu’il allait pénétrer dans la boutique, il esquivait de justesse un homme, sortit en trombe, le visage en sang, suivi d’un deuxième, puis d’un troisième et enfin d’un dernier. Le propriétaire criait à la porte de son magasin tandis que les individus reprirent leur bagarre sur le trottoir. Débarrassé des nuisibles, le propriétaire refermait la porte et retournait vaquer à ses occupations. Pendant ce même temps, plusieurs voitures armées de gyrophares prirent place dans la rue, se garant au milieu de la route. Quelques hommes en uniforme quittaient les véhicules pour se mêler à la bagarre. Et quelle ne fut pas leur méprise en prenant Milo pour l’un de ses malfrats ! En deux temps trois mouvements, le jeune homme se retrouvait plaquer contre le capot de la voiture de police, les mains dans le dos, des menottes aux poignets. Aussitôt, il se sentait faiblir, incapable de défendre sa cause, face à l’argent contenu dans ses nouveaux bracelets. Une demi-heure plus tard, il se retrouvait au poste de police, coffrait avec ce lot d’individus louche, des humains stupides … Le loup fut dépouillé de ses affaires et mit en cellule avec les quatre autres. Et on pouvait dire qu’il faisait drôlement tache à côté de ces énergumènes ! D’un côté, il y avait quatre hommes entre vingt et trente ans, en joggings baskets, la gueule en vrac et les vêtements en sang. De l’autre, Milo et son costume anglais impeccable et son visage d’ange. Bien qu’il tournait le dos aux autres, il sentait des regards poser sur lui, celui de ‘prédateurs’. « Ehmm … Excusez-moi ... Gardiens … » Demandait-il en haussant le ton. «  La ferme ! » lui répondit-on en hurlant presque. Charmant …  Milo commençait à faire les cent pas de son côté tandis que les quatre individus se levaient et s’approchaient, faisant craquer leurs phalanges. « Ecoutez, je doute qu’il soit nécessaire d’en arriver là … » avertit-il simplement. Deux minutes plus tard, on entendait plus que des gémissements dans la cellule. Quand le gardien arrivait, il y avait quatre hommes à terre, pliaient en deux, se tenant le ventre pour certain. Et au milieu de tout cela, Milo, droit comme un i, le visage innocent, soutenant le regard du gardien. . « Ils ont glissés … »

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Alistair Colt

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¤ AVATAR : François Arnaud
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MessageSujet: Re: La morsure de l'argent Lun 2 Juil - 15:33

22h37, ennui mortel devant la machine à café. Soixante-dix centimes pour un « ristretto forte » tiédasse dans un gobelet en plastique, lequel indignerait tout Italien qui se respecte, c’était plutôt cher payé. Avalé d’un trait sans plier le poignet, comme s’il se fût agi d’un shot de tequila, à cela près qu’il n’avait jamais bu de tequila et que de toute manière le poste de police à cette heure ressemblait davantage au rayon de nourriture pour animaux d’une supérette de quartier éclairé au néon blanc qu’à un bar branché rempli de jet-setters. Badinage machinal avec Lucy, une bleue qui gardait toujours l’armurerie le mardi soir. Petite femme sèche serrant à outrance ses maigres cheveux, sans couleur définissable, dans un filet à chignon en résine noire, et qui lui faisait des yeux de merlan frit à chaque fois qu’il passait devant elle. Quand allait-il enfin advenir quoique ce soit d’intéressant ? se demandait-il en poussant un soupir à fendre l’âme alors qu’il détachait des photographies du tableau de la salle principale.
milo & alister
LA MORSURE DE L'ARGENT.
Il retourna à son bureau, qui était séparé de l’openspace par un panneau en plexiglas transparent (comme pour bien signifier qu’il ne faisait décidément pas partie des officiers de police, ce qui était convenable mais quelque peu ostracisant, au fond). Il agrafa les clichés à l’intérieur d’un dossier sur lequel il tamponna l’inscription « Classé » à l’encre rouge. Cette affaire avait été pour lui une véritable déception. Pas pour ses collègues, qui étaient d’ailleurs presque tous sortis « fêter ça » au pub d’à côté, bienheureux d’avoir coffré un criminel de seconde zone qui avait agressé un passant dans une ruelle d’un quartier chaud. Ledit passant présentait des blessures dont Alistair avait d’abord supposé qu’elles lui avaient été infligées par une créature surnaturelle, ce qui lui aurait permis de se remettre en chasse (l’on s’autorise à se réjouir du malheur d’un tiers, dès lors que celui-ci s’en est tiré avec des plaies superficielles et continue de couler des jours tranquilles depuis sa sortie de l’hôpital). Comble de la déception, l’agresseur s’était tout simplement servi d’une arme blanche qu’il maîtrisait fort mal et avait déguerpi en vitesse après avoir fait les poches du pauvre gars, laissant derrière lui des traces d’amateur que les collègues d’Alistair n’avaient eu aucun mal à suivre. Il enfila son blouson en cuir et s’autorisa une pause de trois minutes à l’extérieur du bâtiment. De toute manière, à cette heure-ci un mardi soir, personne n’était réellement indispensable. Il pleuvait, dans la cour. Une petite bruine oblique passait dans la lumière d’un réverbère, halo mouillé qui aurait eu sa place dans un film d’auteur français. Alistair fit les cent pas, à défaut de pouvoir s’allumer une clope. Il adoptait souvent une attitude de fauve en cage, lorsque l’inaction lui devenait particulièrement insupportable. Il s’était parfois dit que la nicotine pourrait calmer ses nerfs, mais il était hors de question pour lui d’introduire quoique ce soit de nuisible dans ce corps qui ne lui appartenait pas réellement. Les opiacés ne comptent pas, lui servant dans un dessein purement spirituel. Au moment où il songea que rien de palpitant d’adviendrait ce soir, il entendit les sirènes d’une patrouille qui avait été envoyée au Sud de la Tamise suite à un appel pour tapage nocturne. Il gravit quatre à quatre les marches qui séparaient la cour intérieure de l’entrée ouest du bâtiment, et regagna dare-dare son bureau, curieux de voir ce que les camarades avaient ramené. En passant devant l’agent Rowe, Alistair lui adressa un signe de tête qui équivalait à un « Qu’est-ce qu’on a ? » inarticulé.
« Wells et Atkins ont ramassé des petites frappes qui se battaient sur Kennington Road, expliqua Rowe en haussant les épaules. Ils les mettent en cellule, on va les laisser mariner un peu. »
Pas franchement captivant, mais mieux que rien. Alistair finit de trier et de classer des dossiers et commença à sortir des documents pour un relevé d’empreintes. C’est alors que se fit entendre une voix bien timbrée et incroyablement anglaise, depuis le fond du couloir des cellules.
« Excusez-moi… Gardiens… ? »
Il est sérieux, lui ? « Gardiens » ? Alistair pouffa de rire. Il se croyait où ? Dans la cellule avoisinant celle de Jack Sparrow ? Ou bien peut-être dans une prison fédérale des US ? Ce mec avait vraisemblablement regardé trop de séries américaines.
« La ferme ! » lui cria Rowe d’un ton mal aimable, visiblement beaucoup moins amusé qu’Alistair.
L’un et l’autre savaient qu’il faudrait bien aller voir à un moment donné, mais l’expérience prouvait qu’il valait mieux attendre que les détenus se calment avant d’entrer en communication avec eux. Néanmoins, pas plus de vingt secondes après que Rowe avait émis son injonction gutturale et laconique, des cris étouffés se firent entendre du côté des cellules. Bizarre que Wells et Atkins aient mis tous les hurluberlus dans la même, se dit Alistair, avant de se souvenir que les autres cellules étaient également occupées. Rowe jeta un coup d’œil à Alistair, qui se mit instantanément en position de combat : le poing droit serré dans la paume gauche, il compta trois temps et leva l’index et le majeur. De son côté, Rowe avait opté pour la pierre, qui cassa bien sûr les ciseaux d’Alistair. Match silencieux en un seul point, comme d’habitude, sauf que cette fois Alistair avait fait exprès de perdre. Il se leva donc de sa chaise et se dirigea vers les cellules.
«  Je pense que vous deviez vous attendre à un vieux chien hargneux tenant le trousseau de clefs dans la gueule, chien qu’il vous aurait fallu soudoyer avec l’os du fémur d’un de vos acolytes, malheureusement il n’y a que moi, et je prends seulement les chèques », ironisa-t-il à l’intention du gars qui le prenait pour un « Gardien » de Port-Royal dans les années 1750. Bien sûr, l’excentrique ne comprendrait pas forcément le sarcasme, mais Alistair n’avait pas besoin d’être salué par un public pour apprécier son propre humour. Ceci dit, il avait parlé avant d’arriver devant les barreaux en alliage d’acier et d’argent. La mise en scène qu’il eut sous les yeux avait quelque chose de comique et de légèrement inquiétant à la fois. Une sorte de dandy des temps modernes était planté au milieu d’un ridicule amas de corps plaintifs dont on ne distinguait à vrai dire que des mains appartenant à des bras tatoués, qui se massaient le ventre ou le bas du dos. Alistair émit un sifflement admiratif savamment dosé d’un peu de cette dérision qui ne le quittait jamais. L’homme à la veste de costume parfaitement coupée avait un visage bipolaire : d’un côté, il affichait un petit sourire un brin gêné et plein d’innocence, d’un autre côté ses yeux sombres fixaient Alistair sans ciller, avec quelque éclat d’autosatisfaction qu’il dissimulait avec difficulté.
« Ils ont glissé… » lui servit-il en guise d’excuse.
Alistair se contenta de ricaner. Il avait reconnu sa voix : c’était bien lui qui s’était exprimé quelques minutes plus tôt et que Rowe avait remis à sa place. Difficile de penser que ce beau gosse maigrichon, avec ses airs de garçon de bonne famille, avait envoyé au tapis quatre membres d’un gang de rue à lui tout seul. Cela méritait une investigation plus approfondie.
« Bien joué : à présent vous avez toute mon attention, monsieur, susurra Alister en faisant tourner autour de son doigt une paire de menottes en argent. Dos contre les barreaux, je vous prie. Vous allez avoir droit à la cellule grand luxe. »
Alister indiquait une fente rectangulaire au milieu des barreaux de la cellule, à travers laquelle le sujet était supposé passer les mains. Elle permettait de menotter un détenu avant de le changer de cellule. Alistair était tout sourire. Enfin ! il ne s'ennuyait plus du tout... 

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Milo S. O'Conell

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MessageSujet: Re: La morsure de l'argent Lun 2 Juil - 21:27


La morsure de l’argent

Feat. Alistair Colt
Les chaines et les barreaux, Milo en avait fait l’expérience qu’une fois durant sa longue, mais plus encore, vie. Cela remontait à si loin … Mais sa mémoire n’en avait pas oublié le moindre détail. Il ne se souvenait que trop bien du parfum nauséabond des chairs brulées par l’argent, le sang séché et la rouille, l’humidité et la moisissure. Au sol, des haillons, si on pouvait encore les appeler ainsi, tachés d’excréments, recouvrait un cadavre en décomposition. La chair à vif de ses poignets portait encore le poids de lourdes chaines d’argent. La vision brouillait par des flots de larme de rage et de détresse, il entendait son propre pouls tambouriner dans ses oreilles, ses propres grognements, ou plutôt hurlements, d’agonie, de folie, de mort. Malgré sa silhouette d’homme, il n’était plus digne de porter ce nom. Un animal sauvage, blessé. Les marques sanglantes qui teintaient sa peau n’étaient nullement douloureuse, tout au plus dérangeantes. Mais l’aiguillon dans son âme l’avait fait chavirer au-delà du voile de la raison. Ô quelle douce folie l’avait emporté. Une envie, un besoin de griffer, mordre, déchirer, éventrer, éviscérer, dépecer toute chose qui aurait le malheur de l’approcher, prit de pitié. Et il le savait très bien. Les animaux blessés sont les plus à craindre, il fallait avoir peur … Quand on avait plus rien à perdre, pourquoi ne pas se donner corps et âme, jusqu’à être consumé. Sauf qu’il n’avait jamais eu cette chance. Foutus entraves … Et foutu impuissance. Il avait maudit toute âme qui vive mais bien sûr, en vain.

Aujourd’hui, les conditions de son incarcération étaient bien différentes ! Ceci dit, il n’appréciait toujours pas les barreaux, qu’il soit en argent ou non. Au moins, il n’était pas enchainé comme un animal dangereux, mais il se sentait comme tel. Pris au piège, sans rien pouvoir y faire ... Il devait sortir ! Coute que coute. Sans quoi il allait devenir fou. En lui, il ressentait son loup plaintif et la menace que représentaient ces entraves pour sa liberté. S’il avait été sauvage, Milo aurait cédé à ses instincts et attaqué ses geôliers pour s’enfuir. Mais il n’était pas au Moyen-Âge … Il devait se montrer droit et ‘sage ‘ pour sortir d’ici. Manque de chance, les débuts de sa carrière criminelle commençaient mal ! Ou bien selon les points de vue. Passage à tabac de quatre gus. Encore faudrait-il le prouver ! Sasha n’avait pas du tout l’allure et le visage d’un criminel. Qui aurait-il le croire coupable, lui ? Droit et irréprochable, durant sa vie pas un seul procès verbale ! Il traversait quand le bonhomme était vert et jetait ses déchets dans les poubelles. Un ‘modèle’ de vertu, ou presque. Mais mince alors, il fallait bien qu’il sauve sa peau contre ces malfrats ! Il n’allait pas risquer d’entacher sa fierté d’homme et de loup pour passer par un innocent, une victime, ô grand jamais il ne serait une victime alors … Tant pis. Et puis le loup n’avait rien fait de mal !  Ce n’était guère de son fait si ces olibrius avaient chutés, une chute regrettable, il fallait en convenir.

Aussi il se trouvait là, comme un cheveu sur la soupe, au milieu des déchets … Et le gardien … Officié ? Agent de police ? Homme, arrivait. « Je pense que vous deviez vous attendre à un vieux chien hargneux tenant le trousseau de clefs dans la gueule, chien qu’il vous aurait fallu soudoyer avec l’os du fémur d’un de vos acolytes, malheureusement il n’y a que moi, et je prends seulement les chèques ». Aussitôt, il répliquait sans contrôle tandis qu’il l’observait déambuler parmi les cellules, pour arriver jusqu’à lui. « Un chien ou un homme, peu m’importe tant qu’on me fait sortir. » Son ton et son léger sourire gêné retiraient toute la malice de sa phrase. Donc son tortionnaire allait être cet humain ? Il le sentait sur sa peau. Il distinguerait également dans son comportement, une sorte de plaisir à faire cela. Se pavaner entre les geôles, les clefs tournant autour de son doigt, une démarche de cow-boy. Il ne manquait plus que le poncho poussiéreux, l’épi en coin des lèvres et l’étoile d’or attaché à la poitrine. Le bon, la brute et le truand, remake ! Bon là, il fallait adapter par : les truands. Ils étaient au nombre de quatre ce soir. Et dans cette histoire, qui était le bon, qui était la brute ? Le contexte jouait contre lui … C’est Sasha qui était derrière les barreaux, pas l’autre. Mais les apparences étaient trompeuses parfois. Et puis … C’était quoi ce policier sans uniforme d’abord ? Il travaillait vraiment ici ? Ha ! Milo avait compris ! Il devait être un stagiaire, du coup pas d’uniforme ou quoi, à la limite des armes pour se défendre, sans plus. Donc … Ouais, là c’était logique. Les pensées de Sasha prirent fin quand le stagiaire ricanait et se plantait devant lui, menotte en main. Le journaliste baissait un instant les yeux sur les bracelets d’argent. Il allait encore devoir enfiler ces machins ? Débandade totale. Un soupir discret passait ses lèvres alors que le policier en stage lui accordait toute son attention, l’invitant à tourner le dos  et présenter ses poignets. « Je suis obligé ? » Question purement rhétorique. Face au sourire du stagiaire, Milo fut quelque peu désarmé, il devait être un peu sadique pour aimer menottes les pauvres innocents. « Me faire enchainer, c’est pas trop mon truc désolé. » Ses pupilles le défiaient outrageusement mais rien dans son comportement n’était menaçant. Soudainement, son attention fut tirée par l’un des rebuts à ses pieds. Il avait rampé sur quelques mètres pour atteindre les barreaux, en attrapant un dans son poing pour se soutenir et regarder l’agent de police. Son nez avait une forme de champignon ensanglanté et son visage était découpé par une trainée de sang partant de son arcade sourcilière jusqu’au milieu de sa joue. Il avait pris une bonne raclée … Il devait s’estimer heureux d’avoir uniquement le nez et quelques cotes de cassés … Il aurait pu finir la tête éclatée par le béton, par exemple. « C’’est un monstre M’sieur l’Agent ! L’laissez pas m’approcher ! » Milo fut un instant déconcerté par ces aveux. Par un soupir résigné, Sasha haussait les épaules. . « Tout bien réfléchi … » Il fit quelques pas, tandis que la victime sursautée de terreur. Il était si terrible que ça ? Mince alors, cet humain craignait le vide. Milo se plaçait devant l’encadrement des barreaux, tournait le dos et présentait ses poignets, prenant garde à ne pas toucher les barreaux. . « Je préfère m’en remettre à vous qu’entendre de tel ânerie. » Ô comme il regrettait déjà son choix. Sans même les avoir autour des poignets, il sentait l’odeur du métal sur ces anneaux. Il prit une inspiration, prêt à subir cette torture, ‘priant’ pour qu’elle soit brève.


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MessageSujet: Re: La morsure de l'argent Mer 4 Juil - 0:46

Le dandy incarcéré dévisageait Alistair sans insolence mais avec une curiosité qui se mua vite en quelque chose qui ressemblait à de la suffisance. C’est sûr que monsieur Colt ne portait pas l’uniforme, mais si ce pauvre agneau pensait que cela faisait de lui quelqu’un de négligeable au sein de la police, il se mettait le doigt dans l’œil. Sans se départir de son sourire courtois mais légèrement moqueur, Alistair lui rendit son regard avec l’impassibilité d’une statue de sel. Quand il lui demanda s’il était obligé d’exécuter ses ordres, le sourire d’Alistair s’agrandit, lui donnant un air de crocodile patient mais narquois. S’en suivirent des tergiversations à propos du fait que l’on n’aime pas être « enchaîné » et, là encore, Alistair ne jugea pas utile de se fatiguer à répondre. L’un des gars tombés à terre se tourna soudainement vers lui et lui présenta un visage ensanglanté, désignant directement l’homme debout comme le coupable ou, pour être précis, comme un « monstre ». Voilà qui commençait à résoudre le mystère.
milo & alister
LA MORSURE DE L'ARGENT.

« Agent Rowe, il va nous falloir la trousse de secours, par ici », lança-t-il en tournant la tête en direction des bureaux.
Alistair n’avait nullement l’air ému par les affres dont témoignait le visage crispé et effrayé du malfrat. Il appliquait simplement le règlement. Quand un homme en cellule se prend un coup de poing, on l’éloigne des autres, mais on s’en fiche pas mal, au fond. Quand il pisse le sang, on le soigne et on s’en fiche un peu moins, parce qu’il ne faut pas qu’il y ait la moindre suspicion de vice de procédure, en cas de procès. Il n’y en aurait probablement pas, dans la situation présente, mais c’était la loi. Le dandy eut l’air exaspéré par les plaintes de son adversaire déchu. « Tout bien réfléchi… », soupira-t-il en se retournant. Il passa les mains à travers les barreaux tandis que l’autre s’éloignait de lui en tressaillant d’effroi. Alistair le menotta puis ouvrit la porte de la cellule. Il faisait sortir l’excentrique au moment où Rowe arriva de son pas nonchalant, la trousse de secours à la main.
« Celui-ci pleure sa mère, ces deux là ont le nez cassé, et le dernier a un drôle d’air mais c’est peut-être seulement sa tronche qui me chagrine. »
Compte-rendu laconique prononcé d’un ton d’ennui en désignant chacun des blessés d’un geste vague. Rowe répondit par un « ça marche » qui indiquait qu’il allait de toute façon traiter les quatre de la même manière : un peu de mercurochrome et un bandage fait à la va-vite. Si ces mecs étaient de vrais durs comme ils le prétendaient, ils ne geindraient pas pour des petits bobos. Alistair poussa doucement son dandy vers l’avant, sans brutalité aucune, simplement pour lui faire comprendre qu’il devait se diriger vers le fond du couloir.
« Ca va aller ? Vous voulez un verre d’eau, ou quelque chose ? »
Ce serait peut-être les seules paroles de sollicitude que le détenu entendrait de la soirée, mieux valait qu’il les savoure. Alistair venait en effet de remarquer que l’homme n’avait pas l’air tout à fait à l’aise, depuis quelques instants. Il semblait serrer les mâchoires et sa respiration était différente de tout à l’heure. Peut-être qu’il n’aimait vraiment pas l’ambiance qui régnait au poste de police, ou peut-être qu’en fin de compte il avait une bonne raison pour ne pas apprécier les menottes. Il faisait donc plus ou moins semblant de s’intéresser à son bien-être pour entendre la réponse qu’il lui adresserait, afin d’en tirer des conclusions. Sur ces aimables paroles, ils arrivèrent cependant devant la fameuse « cellule grand luxe ».
Ils furent accueillis par des cris rauques et inarticulés, émis par un individu débraillé aux cheveux gras. Une forte odeur d’urine émanait de ses vêtements crasseux : l’homme avait été embarqué par une patrouille pour état d’ébriété et exhibitionnisme sur la voie publique. Le fait est qu’il avait jugé bon de se laisser aller sur une statue commémorative, au milieu d’un carrefour bondé, tout en hurlant à tue-tête une chanson de Katy Perry (nul ne saurait dire pourquoi cet air). Il avait passé un peu de temps en cellule de dégrisement et, dès qu’il avait semblé moins enclin à chanter, il avait été placé tout seul dans une cellule normale. La solitude avait néanmoins dû lui peser beaucoup, car, dès qu’il aperçut le nouveau venu, il s’approcha en ouvrant grand les bras, comme s’il voulait le serrer contre lui. Alistair ne le laissa pas faire pour cette fois, car il voulait prendre le temps d’installer le dandy au fond de la cellule. Il le fit asseoir sur une sorte de banc en ciment au milieu duquel se trouvait un anneau en métal. Libérant seulement le poignet gauche du détenu, il attacha la menotte à l’anneau en question : ainsi était-il obligé de rester assis à la même place, le poignet droit solidement lié à ce siège inconfortable.
« Alors maintenant, laissez-moi vous expliquer ce qu’il va se passer. Je vais aller chercher vos affaires personnelles, vérifier votre identité, et ensuite je reviendrai pour que vous me racontiez votre version des faits. Tout cela peut se passer vite et bien. Mais si, à mon retour, vous me regardez toujours comme si j’étais un blanc-bec, je tournerai les talons et vous laisserai mijoter avec votre nouveau compagnon de cellule jusqu’à ce qu’il vous ait chanté tout l’album Teenage Dream en vous serrant fort dans ses bras qu’il a déjà laissé traîner je ne sais pas où. C’est bon, on se comprend ? »
Discours prononcé d’une voix suave et ponctué par une petite tape amicale sur l’épaule. Ouais, Alistair se trouvait vraiment drôle, tant pis s’il n’y avait que lui qui était en mesure de rire.
« Et au fait, je suis Alistair Colt, et de nos jours quand on est détenu dans une simple prison municipale, on nous appelle plutôt agents que gardiens, mais très franchement pour ce que j’en ai à faire, vous pouvez aussi me siffler quand vous serez prêt, du moment que vous comprenez que c’est moi le gars qu’il ne faut pas emmerder, ici. »
Sourire ravageur et volte-face. Il maîtrisait à fond l’attitude passive-agressive, mais tout ça n’était que de la poudre aux yeux. En réalité, il agissait de la sorte seulement pour ne pas s’ennuyer, seulement pour jouer, seulement pour faire semblant que ce job aberrant de banalité l’intéressait pour de bon. Il referma la porte de la cellule et laissa les deux nouveaux acolytes faire connaissance quelques minutes. Comme il l’avait annoncé, il alla chercher sa carte d’identité dans les affaires personnelles du suspect. Milo O’Conell. Enfin un nom sur ce visage angélique ! Que le spectacle commence !
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Milo S. O'Conell

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MessageSujet: Re: La morsure de l'argent Mer 4 Juil - 21:54


La morsure de l’argent

Feat. Alistair Colt
Bien qu’il pensait être prêt, Milo se rendit vite compte de son erreur. Les menottes ne tardaient pas à enlacer ses poignets, tandis que son bourreau faisait un topo à l’arrivant. Ce collègue, celui-là même qui les avaient mis en cellule, apparu. Les deux policiers échangeaient quelques mots dont Milo n’écoutait plus rien. Il ne pouvait que se focaliser sur cette nouvelle sensation, douleur même. Le mal du loup se faisait sur la durée, selon le temps passait au contact du métal. D’abord, son malaise s’annonçait comme une simple gêne, simple mais on ne peut plus derangeante. Le toucher était nocif. La blessure se traduisait par une brulure, plus ou moins nette et profonde, dépendant de la durée du contact. Puis, cette gêne devenait une douleur lancinante qui se propageait du point d’origine jusqu’à atteindre tout le corps. Ensuite, la souffrance se faisait pongitive, difficilement supportable. Tout ceci agrémenté de malaise, étourdissement, pâleur extrême, souffle instable, tremblements. Quand l’homme ressentait l’approche de l’argent, sa transformation volontaire était difficile. A son contact, le loup ne pouvait plus se manifester, coincer dans ce corps d’humain. Le plus atroce était la blessure ouverte, plaie causée par une lame. Les particules d’argent pénétraient le sang et c’était la mort assurée quelques heures plus tard, si l’argent n’était pas extrait rapidement. Aussi, il n’osait imaginer mourir de la sorte, sans rien pouvoir faire pour se défendre. Pour la fierté des loups, c’était une mort indigne et déshonorante.

Mais Milo n’en était pas à ce stade. Il souffrait mais ne disait rien, ne montrait rien, il ne voulait pas donner cette satisfaction à l’agent en stage.  Alors il serrait la mâchoire et baissait la tête, cachant sous quelques mèches sa pâleur naissante. Bordel, que cela cesse au plus vite. Le jeune homme devait se concentrer sur sa respiration pour ne pas alerter le gardien, il ne devait pas … Cette même concentration rendait son souffle plus bruyant, mais encore stable. Sortie de sa cellule, il n’eut aucun regard pour quiconque. Une petite ‘bousculade’ sur son épaule et il emboitait le pas au gardien. Déambulant parmi les cages, il s’autorisait quelques regards curieux sur le côté, observant le lot d’énergumènes qui peuplait la ‘prison’. Il y avait de tout … Des blousons noirs aux bras tatoués et longues barbes tressées. Des femmes légèrement vêtues, du maquillage affreux sur le visage et les cheveux mal coiffés. Des hommes plus ou moins normaux mais a la démarche hésitante, l’haleine défraichi par l’alcool. « Ca va aller ? Vous voulez un verre d’eau, ou quelque chose ? » demandait-il l’autre, faussement compatissant. « A merveille » soufflait-il simplement entre ses dents. Il ne répondait pas pour le convaincre, mais pour paraitre parfaitement ironique. Simple réplique, puis plus rien. Silence total.  Le bruit de son souffle rapide était couvert par le chahut des autres détenus. Et surtout d’un, en particulier. En s’approchant de la cage, Milo put voir le chanteur. Un gros crado. Ce fut sa première impression. Il ne devait pas être si catégorique, mais vous allez comprendre. L’individu était à moitié débraillé. La braguette de son pantalon était ouverte. Son t-shirt, que Milo soupçonnait d’être blanc, était jaune par endroits, avec des traces de doigt gras et des miettes de chips. Les lacets de ses chaussures pendaient autour de ses pieds, en titubant il marchait dessus, manquant à tous les coups de tomber. Ses pommettes étaient rosées par son ivresse. Ses cheveux gras retombaient sur son crane comme une serpillière mal lavée. Le pire, pour un loup a l’odorat surdéveloppé, devait être le mélange de fragrances. Une odeur d’alcool bon marché, saupoudrait par la très forte senteur d’urine. Combo assassin. O’Conell ne put se retenir de plisser le nez, quel horreur … En voyant les deux hommes approchés, le troisième se collait aux barreaux, tendant les bras dans un élan d’affection qui dégouta le loup. Si ce type posait ne serait-ce qu’un doigt sur lui, il allait tomber malade, vomir, mourir … C’était une certitude. En rentrant, il brulerait ses vêtements, le pressing ne pourrait plus rien faire pour sauver son pauvre costume.

A son grand malheur, le bourreau ouvrit cette même cellule, s’y engouffrant avec le loup, de plus en plus mal. Ses poignets commençaient à rougir sous le contact constant, bientôt il ne tarderait pas à saigner. Guidé jusqu’au banc, il y prit place sans ronchonner. Quand le calvaire fut enfin fini, Milo déchantait très vite. Certes, il avait une main libre, mais l’autre venait d’être menotté au banc … L’empêchant de se défendre du puant à quelques mètres. Seigneur … Attaché comme un chien, Sasha posait les yeux sur le Tyran qui refermait derrière lui.  Ce dernier prit son ton le plus effrayant et expliquait le prochain déroulement. Il allait vérifier son identité et venir l’interroger sur les faits. Bordel ... Les procédures étaient vraiment comme ça ? Aussi lente ? C’était un supplice. « Mais si, à mon retour, vous me regardez toujours comme si j’étais un blanc-bec, je tournerai les talons et vous laisserai mijoter avec votre nouveau compagnon de cellule jusqu’à ce qu’il vous ait chanté tout l’album Teenage Dream en vous serrant fort dans ses bras qu’il a déjà laissé traîner je ne sais pas où. ». Un rire moqueur lui échappait. Enfin il se présentait sous le nom d’Alistair Colt et lui fit tout un blabla. Avant qu’il tourne les talons, Milo lui adressait un sourire presque provocateur malgré son état. « Vous êtes bien susceptible … » Il l’était même carrément, mais le jeune loup s’en fichait. Dans l’immédiat, il avait d’autres chats à fouetter comme on dit. Et quel chat !! Un gros chat de gouttière dégueulasse. Quand le policier fut partit, il regardait son bras enchainé et tirait dessus pour tenter de se libérer. Si ces menottes avaient étés classiques, il les aurait arraché au socle sans le moindre problème. Mais ici, il se déchirait la peau plus qu’autre chose. En voyant, et sentant, son épiderme s’effilocher, Sasha arrêtait aussitôt de se débattre. Il n’en avait pas la force. Il ne voulait pas non plus prendre le risque de se saigner et s’empoissonner.  Aussitôt ses narines reniflaient l’odeur d’urine proche, trop proche ! Le gros crado venait d’atterrir devant lui. Les bras tendus pour venir l’enlacer. Haa ! Il allait faire des cauchemars !! Milo se levait comme il le pouvait et tendit le bras. Il posait sa main sur son front pour le tenir à distance. « Ha, me touche pas ! J’vais vomir …. » Même s’il était mal, il gardait une force supérieur à celle des hommes. Aussi, il émit une petite pression sur son visage tout plein de sueur et le repoussait un peu plus loin, sans violence. Presque triste d’avoir été repoussé, le gros moche se mit à pleure. « Ma femme m’a quitté et toi tu veux pas m’faire un câlin ! » Seigneur, c’était quoi ce type ?... Le journaliste était complétement déconfit. Dans un souffle qui se faisait compliqué, il lui ‘conseillait’ « Prendre une douche, offre lui des roses, mets-toi au sport. Ça ira déjà mieux. Et pour l’amour de Dieu, remonte moi cette braguette ... J’ai déjà vu assez d’horreur de par le monde … » Et là c’était clairement au-dessus de ses forces ! Il aurait préfère voir une attaque nucléaire que d’assister plus longtemps à ce spectacle.  C’était plus une remarque qu’un conseil mais l’ivrogne le prit au mot. Il reniflait fortement, se mouchait dans sa manche et ravalait ses larmes. « Euh … Ouais … Ouais ! C’est une bonne idée ! J’vais faire ça ! T’es un gars beau toi, t’dois avoir du succès avec l’femmes ! J’peux faire quoi d’autre ?! » Par pitié …. Il l’avait pris pour un conseil conjugal ou quoi ?! Il était en plein ‘’féérie’’ …  Milo ne répondit pas, il était bien trop mal. Il la plaçait, il réclamait en haussant le ton. « Il est ou mon coup de téléphone ?! » Merde quoi, il avait droit à un coup de téléphone ! Mais qui allait-il appeler ?... Un collègue ? Surement pas … Peut-être Jesse. Ou bien Arthfaël.  Il saurait quoi faire pour le soulager de la morsure de l’argent. Et puis, merde, il ne se sentait vraiment pas bien. Il posait de nouveau son derrière sur le banc, se courbait. Son coude prit place sur l’un de ses genoux tandis que son visage se posait dans sa main, complètement dissimulé entre ses doigts et ses cheveux bruns. Le gros crado s’approchait des barreaux, et glissait le bout de son visage dedans. « Et les poulets ! Le petit gars il a l’air souffrant ... YOUHOU ?! Les poulets ??! Tain de flics ! Sont jamais la quand il faut c’cons là … » Toujours le pas ivre, il revenait auprès de Milo et posait une main sur son épaule. La réaction fut immédiate. Un grognement peu humain grondait parmi les cellules alors qu’il le repoussait avec plus de virulence, mais pas de quoi lui casser une patte. «J’tai dis de pas me toucher ! » Quand un animal se sentait vulnérable, en danger, il pouvait devenir agressif …  L'homme fut quelques pas en arrière, choqué plus par le son animal que par la phrase humaine. « Fau'pas s’énerver hein ... »



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MessageSujet: Re: La morsure de l'argent Mar 24 Juil - 22:32

Susceptible ? Pas tant que ça. Il estimait n'avoir rien à prouver à personne. Sauf peut-être à John ; il aimait rendre son mentor fier de lui. Jeune prodige parmi les EFL dès les premiers mois de son recrutement, son parcours professionnel était exemplaire, impeccable. Il était efficace, patient, faisait preuve d'un sadisme étonnamment chirurgical, et, surtout, il avait beaucoup de sang froid, tout cela sans jamais se départir ni de son humour très second degré, un peu cynique sur les bords, ni de son joli sourire carnassier. Atterrir derrière l'un des bureaux du poste de police, c'était contrariant, pour un homme d'action tel que lui, et par ailleurs amoureux de l'élégance (quelle sorte d'élégance pouvait-on trouver dans ces couloirs au sol recouvert de linoléum gris et aux murs criblés d'affiches de mise en garde contre l'ivresse au volant, vulgairement scotchées ?), mais c'était pratique. Abruti par le train-train quotidien qui faisait se mouvoir fort lentement l'agent Rowe, lorsqu'il déplaçait son énorme séant de son siège à roulettes vers les machines à café, Alistair se divertissait généralement en songeant à sa prochaine chasse, ou bien, comme ce soir, en interagissant avec les spécimens retenus en cellule. S'il y avait eu susceptibilité, cela ne faisait partie que du personnage, pas de son propre caractère. Pour être susceptible, il faut avoir de l'amour-propre, ou être un crétin prétentieux. Alistair était très intelligent et se haïssait cordialement.
milo & alister
LA MORSURE DE L'ARGENT.
 

Le voici donc qui verrouillait la porte de la cellule en affichant un sourire d'autosatisfaction qui pouvait tenir lieu de salut face à un public imaginaire mais forcément élogieux et admiratif. Il repartit d'un pas tranquille en direction des bureaux, laissant l'autre déjanté faire son travail de persuasion à sa place. Nul doute que l'individu passablement éméché, pauvre hère comme en produisait aujourd'hui la société consumériste dont le but était de thésauriser et d'exclure, agirait sur le dandy comme un agent corrosif particulièrement nauséabond. Alistair, pourtant, éprouvait pour l'heure bien plus de sympathie pour le dégénéré que pour l'anonyme, qui semblait affecter une attitude docile pour tromper son adversaire, cachant des pensées beaucoup moins bénignes. Lorsqu'il ouvrit la porte du casier et sortit d'une pochette plastifiée ses effets personnels, il apprit que l'homme au costume s'appelait Milo O'Conell. Question : pourquoi Milo O'Conell se serait-il retrouvé sur Kennington Road à pareille heure du soir, se battant avec quatre "petites frappes", ainsi que les avaient désignés l'agent Rowe ? Etait-ce de l'auto-défense ? Les autres auraient-ils voulu lui voler sa montre et son portefeuilles, par exemple ? Pourtant, quelqu'un qui se défendrait innocemment en pleine rue ne se mettrait pas, trente minutes plus tard, à tabasser en cellule les individus auxquels il aurait été confronté. Le dandy avait le sang chaud, sous des dehors de bon garçon. Alistair réunissait quelques papiers, dans le but de prendre la déposition de M. O'Conell, quand un bruit guttural, bas et inquiétant, se fit entendre du côté des cellules. L'agent Rowe, dont le bureau faisait face à celui d'Alistair, leva à peine le nez de ses papiers et cria pour demander à un autre agent s'il avait besoin d'aider pour "déplacer la table". Et effectivement, ce son pouvait ressembler au bruit que ferait une table lourde que l'on tenterait de trainer. Alistair n'était simplement pas dupe. Il connaissait ce bruit à faire trembler les vitres. Il lança à Rowe un "J'men occupe" précipité et bondit en direction des cellules, attrapant la trousse de soins au passage. L'instinct de chasseur reprenait le dessus aussi rapidement que lorsque l'on appuie sur un interrupteur pour faire de la lumière dans une pièce sombre.

Quand il arriva devant la porte de la "cellule grand luxe" qu'il avait quittée seulement quelques minutes auparavant, il vit l'énergumène, mains tendues devant lui en signe d'apaisement, yeux écarquillés et sourcils haussés, reculer d'un pas face au fameux O'Conell. L'ivresse semblait soudainement s'être évaporée hors de son corps, liquéfiée et volatilisée pour ne céder la place qu'à une vive panique.
« Dos contre le mur », ordonna Alistair à l'hurluberlu d'une voix profonde et autoritaire.
Eloigner du danger la cible potentielle, c'était la base. Mais sans diriger les soupçons sur O'Conell. Si cet home était ce qu'il croyait, Alistair n'avait pas besoin que le pauvre éméché le remarque à son tour et devienne hystérique. Par chance, il n'eut pas à se répéter : l'autre se plaqua immédiatement contre le mur latéral de la cellule, le plus loin possible de O'Conell, comme s'il avait voulu s'y encastrer et y disparaître. Pour le coup, il ne chantait ni ne disait plus rien du tout, il se contentait de fixer le dandy d'une mine grise et perplexe. Alistair entra dans la cellule et verrouilla derrière lui. Il posa la trousse de soin sur le banc, à côté de Milo O'Conell, dont il s'efforça ensuite de décrypter l'expression. Il avait l'air excédé, mais pas encore trop furieux. Il semblait encore capable de maîtriser sa rage. Alistair baissa les yeux sur son poignet droit, celui qui était entravé. S'il avait eu encore besoin de preuves, cette peau rougie et abîmée, son aspect tuméfié et au bord du saignement, aurait pu finir de le convaincre.
« Monsieur O'Conell, commença-t-il, vous allez tout à fait pouvoir appeler quelqu'un dans un instant, mais je dois d'abord soigner ceci et prendre votre déposition. Pensez-vous être en mesure d'attendre encore quinze minutes ? »
Bizarrement, il parlait sans se montrer ni narquois ni désobligeant comme cela aurait pu être le cas encore quelques minutes plus tôt. Il parlait à voix basse, peut-être pour que l'homme en état d'ivresse ne l'entende pas, peut-être aussi pour témoigner à Milo O'Conell une certaine sympathie. Il parlait comme il aurait caressé un cheval effrayé ou approché un chien blessé : doucement mais fermement, avec une sorte de respect prudent et de virilité qui témoignaient d'un esprit décisionnaire et alerte. Alistair avait toujours été beaucoup moins con avec les animaux qu'avec les humains, et, même si cela pouvait paraître idiot, il se sentait plus à l'aise et plus solidaire de cet individu depuis qu'il soupçonnait en lui une part de bestialité cachée. Il ouvrit la trousse de soin en reprenant la parole d'une voix encore moins audible :
« Etes-vous allergique à tous les métaux, ou seulement à celui-ci ? »
Histoire de clarifier les choses une fois pour toutes. Tous les surnaturels de son espèce ne réagissaient pas de la même manière à l'argent. Il y a un mois, une jeune femme avait hurlé de douleur à l'instant même où les menottes avaient ne serait-ce qu'effleuré sa peau ; il avait fallu faire venir un médecin (bien que certains racistes du poste de police avaient tergiversé un long moment, n'en ayant, à vrai dire, rien à foutre qu'une louve souffre). Pour ce qu'il en voyait, O'Conell gardait la douleur pour lui mais sa peau ne supportait pas beaucoup mieux ce contact. Il sortit un flacon de désinfectant, du coton, et de quoi faire un bandage. Plus discrètement, il posa juste à côté de la trousse de secours, à portée de main sur le banc, une seringue remplie de trois millilitres d'un produit transparent.
« Cette seringue contient un soluté plein de cet allergène. On l'utilise en cas de danger imminent et de violence incontrôlable. Vous comprenez ce que je veux dire ? »
En clair : Je vous prie de vous tenir à carreau et de ne bouffer personne, sans quoi je serais obligé de vous shooter à l'argent liquide. Il planta son regard dans celui de Milo O'Conell, attendant d'y lire un assentiment et une promesse muette de son entière coopération. L'ayant scruté un instant, il fut convaincu que ce monsieur était quelqu'un de raisonnable, et il détacha la menotte qui enserrait son poignet. Il ne considérait pas que des policiers n'ayant pas été formés à évaluer des menaces surnaturelles devraient avoir le droit de jouer avec des menottes d'argent. D'un autre côté, il comprenait que les humains se soient sentis vulnérables et démunis après la grande révélation de la Saint-Patrick. Contrairement à ces crétins du poste de police, notre chasseur savait faire la différence entre un loup inoffensif poussé dans ses retranchements et une créature malsaine dirigée par ses instincts les plus vils. En théorie, Alistair n'avait absolument pas le droit de prendre sur lui de détacher Milo O'Conell, mais il lui semblait qu'un contrat tacite venait de s'établir entre eux : Alistair allait le soigner, et en échange Milo allait la fermer. N'est-ce pas ?

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MessageSujet: Re: La morsure de l'argent Ven 27 Juil - 23:05


La morsure de l’argent

Feat. Alistair Colt
Quand un animal se sentait vulnérable, ou blessé de quelque façon que ce soit, il pouvait vite devenir agressif, violent. Il protégeait juste sa vie contre d’éventuels menaces. L’instinct de survie était très fort chez les lycanthropes. Face au danger, il y avait les avertissements. Quand ils étaient inefficaces, le loup passait à l’attaque. Mais Milo était encore loin de ce stade. Bien qu’il ne soit pas faible, ses blessures le rendaient plus vulnérable. La moindre approche était considérée comme une menace. Poser la main sur lui était une très mauvaise idée, l’énergumène semblait l’avoir compris. Choqué et effrayé par le grognement qu’il venait d’entendre, le soulard reculait vivement. Débarrassé de ce nuisible, il prenait une légère inspiration, il devait se calmer … Comment pouvait-il avec le boucan des autres détenus ?! Son attitude n’était pas vraiment passée inaperçue et éveillait les soupçons. Bien qu’éloigné des autres captifs, les paroles bourdonnaient contre ses oreilles. J’crois que c’est un d’s’est foutus monstres qu’on voit à la télévision . Faut l’abattre sinon il va tous nous dévorer, vous avez jamais vu underwolrd ou quoi . Grillé ? Se concentrant sur sa respiration, il calmait les battements furieux dans sa poitrine, faisait fi des remarques qu’il écoutait. Par moment, O’Conell regrettait d’avoir un cœur aussi bon. D’antan, il avait sauvé des vies humaines, mais finissait toujours par se faire chasser, la queue entre les pattes. Quand bien même il était sauvage, jamais il n’aurait mangé de cette viande là … Catins, junkies, alcooliques … Que de la barbaque avariée, même son loup n’en voudrait pas, par crainte de tomber malade. Bien sûr, sa malédiction le protégeait de la maladie, mais pas du racisme contre sa race.  

A l’instant même, les détenus se turent et enfin, Milo pouvait entendre des pas approcher. Il reconnaissait sans peine l’odeur du dénommé Alistair Colt. Contrarié de son approche mais toutefois curieux, Milo relevait le museau, observant l’humain se présentait devant la cellule, armé d’une trousse de soin. Si tu veux me soigner, laisse-moi partir ... pensait-il sans le quitter des yeux. Que comptait-il faire avec deux trois cotons et de peu antiseptique ? Lui avait surtout besoin qu’on lui ôte ces foutus menottes ! Pour ce qui était de sa guérison, il avait une prodigieuse faculté à se soigner tout seul. D’ici la fin de la nuit, il n’en porterait plus la moindre trace. Avant même l’ordre de M Colt, l’ivrogne levait les mains en signe de paix. Quand une voix autoritaire lui intimait de se mettre dos au mur, il ne résistait pas, s’exécutant quasiment aussitôt. Sans le moindre mot, Milo l’observait prendre sa distance, appréciant de ne plus avoir à sentir sa pestilence … Quand l’humain entrait dans la cellule, Milo dut réprimer un grognement. Il devait se tenir tranquille s’il ne voulait pas rallonger son séjour … Il ne supporterait pas de rester en cage plus longtemps. Alors, le grognement mourut au fond de sa gorge. A la place, il le suivait du regard, un petit aspect menaçant dans le regard. A son approche, il ne reculait pas, le loup trop fier pour fuir. Alistair posait sa trousse sur le banc, à coté de Milo. Le loup regardait un instant le matériel de soin. Se sentant épié pour le policier, l’animal redressait le museau, encrant un regard bien plus lupin sur la créature humaine. Ses pupilles ne changeaient pas de teinte, signe de son statut de paria, mais le blanc de ses yeux viraient au noir. Ce dernier était bien trop proche. Mais aussi très chanceux. Le loup savait parfaitement se contrôler. Né ainsi, il avait eu deux cent cinquante ans pour apprendre à réprimer ses instincts les plus primitifs. Sans quoi … He bien, il l’aurait puni d’une morsure à la jugulaire.

Les ardeurs du loup commençaient à s’estomper quand il entendait la voix de l’humain. Son ton hautain et malicieux s’était envolé. Le volume était bas, comme s’il ne cherchait qu’à capter l’attention du loup. A quoi jouait-il ? Le policier disait d’avoir le soigner avant de prendre sa déposition, seul après il pourrait appeler quelqu’un. Au lieu de l’écouter, Milo s’interrogeait sur son changement d’attitude. Ce n’était pas de la peur à son égard, il n’en sentait pas l’odeur. Etait-ce de la sympathie pour percevait dans sa voix ? Pourquoi ? Avait-il trouvé quelque chose d’intéressant dans ses papiers ? Peu probable. Après une inspiration, il répondait au policier. « Je peux patienter mais soyez bref et concis. La captivité et les chaines, je les ai en horreur. » Quoi de plus logique pour un animal qui n’aspirait qu’à la liberté. Avait-il comprit ce qu’il était ? Milo l’ignorait toujours, même si cela semblait évident qu'il n'était pas humain, ou pas entièrement en tout cas. Ceci dit, la question suivante lui donnait un semblant de réponse. A mesure qu’il parlait, Alistair baissait le ton, bientôt il finirait par chuchoter. Au terme d’allergie, le loup ne put retenir un rire jaune. Si seulement ce n’était que cela. « Uniquement l’argent … Alistair Colt. » dit-il, un peu sec. Dans la souffrance, il  n’arrivait pas à rester charmant et courtois, il ne fallait pas lui en tenir rigueur.  Tout en s’armant d’un coton imbibé de désinfectant, l’homme posait une seringue, pleine d’une solution inconnue, jusqu’à côté de lui … Il comptait faire quoi avec ça ?... Milo passait son regard lupin de la seringue, puis sur l’homme. Très aimablement, Alistair l’informait de son contenu. Agacé, le loup fit claquer sa langue contre palet. « Tch … Je suis peut-être un animal, mais je ne suis pas stupide … Libère moi de mes entraves, c’est tout ce que je demande. » Sa voix était aussi basse que la sienne, légèrement résignée. Durant sa longue vie, Milo avait entendu parler des chasseurs de surnaturels, se pourrait-il qu’il en est un sous les yeux ? Cette hypothèse semblait la plus plausible. Il n’avait pas peur de lui, de ce qu’il était. Le changement de ses yeux ne l’avait pas surpris et maintenant, il lui montrait son arme secrète. Question : Il n’était pas censé tuer ses semblables ou lieu de l’aider ? Quand son poignet fut libère, il se sentait revivre. Ses paupières s’étaient fermées sur des iris de loup, et s’ouvrit sur une paire d’œil parfaitement humain.

Soupirant d’aise face à sa nouvelle liberté, il se montrait sage et reconnaissant. « Merci. » Murmurait-il en toute simplicité. Étrangement, Milo sentait qu’il pouvait se reposer sur cet homme le temps de sa captivité. Alors, il se montrait coopératif et présentait son poignet meurtri pour les soins. Pendant un court instant, il regardait par-dessus l’épaule de l’humain, observant l’ivrogne. Ce dernier semblait s’interroger sur ce qu’ils trafiquaient de leur côté, tandis que les autres détenus étaient – majoritairement – retourné à leur activité. Bien entendu, il entendait encore des remarques à son sujet mais fit abstraction. Après un léger soupir, il reposait les yeux sur le policier, murmurant pour lui seul. « Tu peux ranger ta seringue, Chasseur, je n’attaque pas les humains … » Sauf quand il sentait que sa vie était grandement menacé. «  Ce n’est donc pas tous les surnaturels que vous chassez ? » Prenait-il un risque à l’interroger ? A le suspecter de chasser les monstres sous le couvert de la nuit.




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MessageSujet: Re: La morsure de l'argent Mer 1 Aoû - 19:27

Alistair comprenait, au ton du détenu, que ce n’était pas contre lui qu’il était agressif, mais que l’impuissance seule, étant menotté, le rendait hargneux. Les loups n’avaient probablement pas une vie facile. Le chasseur en savait moins sur eux que sur les vampires ; il ne pouvait qu’imaginer. Lors de sa formation d’ELF, il s’était posé beaucoup de questions et en avait aussi beaucoup posé à ses instructeurs. Si tous tenaient exactement le même discours au sujet des vampires, dès qu’il était question des loups, les propos se faisaient sibyllins voire opaques. Alistair avait vite compris que, sur ce terrain, c’était chacun son opinion. Alors, le jeune homme avait fait des recherches, pour que la décision qu’il prendrait soin fondée sur des arguments logiques, des preuves tangibles, irréfutables. Il ne fut convaincu lorsqu’il fut certain que plusieurs sources indiquaient que, contrairement aux vampires, les premiers loups étaient nés ainsi, c’était en quelque sorte inscrit dans leur gênes. Et si c’était génétique, alors, être un loup devait être aussi naturel et aussi banal que d’avoir les yeux bleus ou bruns. De ce fait, Alistair était résolu à ne pas les chasser.
milo & alister
LA MORSURE DE L'ARGENT.
Les livrer à la justice humaine s’ils étaient fautifs, oui, sans l’ombre d’une hésitation. Mais les écorcher dans des coins sombre à la pleine lune, certainement pas. Et, pour se convaincre qu’il était justifié de penser ainsi, il avait interrogé son mentor, qui, heureusement, lui avait donné raison. L’opinion de John était la seule qui aurait été propre à lui faire changer d’avis, s’il y avait eu un désaccord entre eux.
Alistair observa sans broncher les yeux de Milo O’Conell prendre la couleur de l’encre la plus sombre. Il espéra seulement que l’ivrogne, lui, ne le verrait pas. Dans ce qui semblait être le paroxysme de la tension nerveuse, l’homme tutoya Alistair dans un murmure, l’incitant à le détacher. Le chasseur s’exécuta, non sans avoir pris le temps d’expliquer au détenu ce qu’il était en mesure de lui faire, dans le cas où il ne se montrerait pas entièrement coopératif. Chose faite, il désinfecta son poignet et y attacha un bandage bien net, qui ne servait à rien d’autre, pour le coup, qu’à faire en sorte que ses collègues ne voient pas l’état de la peau de Milo O’Conell. Les loups n’ont pas vraiment besoin de bandages, ils guérissent beaucoup mieux que les hommes. Il fut remercié de sa sollicitude par un regard tout à fait humain qui accompagnait un timbre de voix beaucoup plus maîtrisé. Quel âge pouvait avoir cette créature ? Dès qu’il n’avait plus été en contact avec l’argent, il était redevenu parfaitement calme, ce qui devait exiger une certaine habitude et un très haut niveau de maîtrise de ses nerfs. Alistair glissa la seringue d’argent dans la poche arrière de son jean et se redressa. Mais, quand O’Conell le désigna par le nom de « Chasseur », son sang ne fit qu’un tour. Qu’est-ce qui lui prenait de lui parler comme cela ? Ici ? Est-ce qu’il était fou ? Alistair jeta un coup d’œil par-dessus son épaule. L’ivrogne se balançait d’un pied sur l’autre, l’air hagard, se récitant peut-être un mantra délirant. Bien, il ne l’avait pas entendu, mais quand même. Il n’était pas question pour le chasseur d’évoquer ici les tenants et les aboutissants de sa véritable profession.

Il attrapa O’Conell au-dessus du coude et le fit se relever d’une secousse.
« Suivez-moi et taisez-vous, si vous ne voulez pas que je chope une muselière à la brigade cynophile », grinça-t-il entre ses dents.
Il subtilisa discrètement les menottes d’argent, et les mit elles aussi dans sa poche, d’où il extirpa une autre paire. Elles semblaient pareilles aux autres, la différence étant que celles-ci n’étaient pas en argent. L’hurluberlu n’y verrait que du feu, si tant est qu’il ait prêté la moindre attention aux faits et gestes d’Alistair. Le chasseur regarda O’Conell d’un air entendu et lui passa lesdites menottes, inoffensives et donc purement décoratives, avant de le faire sortir de la cellule, qu’il verrouilla derrière eux. Les voici de nouveau repartis. Il ouvrit une porte qui menait à une salle d’interrogatoire. Il installa le loup sur une chaise, puis vérifia que la caméra de surveillance était bien éteinte. Chose faite, il ferma la porte, vint s’asseoir en face de O’Conell, et disposa les papiers pour la déposition sur la table devant lui.
« Bon. Expliquez-moi en détails ce qu’il s’est passé ce soir sur Kennington Road. »
Alistair essayait de se calmer, mais une sourde colère l’habitait, sous ses dehors de nonchalance maîtrisée. Merde. Au moment même où cet O’Conell avait commencé à lui paraître vaguement sympathique, il avait fallu qu’il lui sorte une question à la con en plein milieu d’un poste de police ! Réfléchissons objectivement : chasseur ne voulait pas forcément dire EFL. Cet individu n’était peut-être pas au courant que cette confrérie existait. En effet, depuis la Saint-Patrick, de nombreux amateurs tous plus débiles les uns que les autres s’improvisaient « chasseurs », se croyant dans une série à la Supernatural, et arpentaient la forêt en pleine nuit en faisant mumuse avec de gros calibres. De pauvres sacs de viande fraîche dont la DLC était chaque jour plus réduite. Alistair en venait à prier intérieurement pour que Milo O’Conell, en l’ayant appelé « chasseur », le prenne tout simplement pour un de ces pauvres dégénérés.
« Ensuite, je veux la vérité sur ce qu’il s’est passé dans l’autre cellule tout à l’heure. Si vous ne vous contrôlez pas, je dois le savoir. »
Il n’arrivait toujours pas à retrouver le sourire. Il fit cliqueter le stylo bille qu’il avait apporté et, sans croiser le regard du détenu, il commença à remplir le cartouche de la première page, en attendant qu’il se décide à parler.
« Par contre, il faut vite vous mettre à table. J’ai pas toute la nuit et j’aimerais mieux que cette discussion soit close avant qu’un de mes collègues décide de venir me relayer. »

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MessageSujet: Re: La morsure de l'argent Jeu 2 Aoû - 19:44


La morsure de l’argent

Feat. Alistair Colt
Le poignet bandé, Milo commençait à se détendre. Bien sûr, il n’en avait aucunement besoin. Néanmoins, si celui-ci pouvait lui éviter des regards curieux, il prenait sans poser de question. Le policier accordait sa confiance au loup et fit disparaitre l’objet de sa menace. Tant qu’il n’était pas belliqueux, il n’aurait rien à craindre du loup. De sa première transformation à aujourd’hui, il n’avait jamais attaqué le moindre humain. Ses babines restaient vierges de leur sang, contrairement à celui – complétement infecté et méphitique – des vampires. Milo n’avait aucune rancœur particulière envers ces créatures. Sans grief personnel à leur encontre, le loup leur foutait la paix. Cependant, par deux ou trois fois – bien plus en réalité -, il en avait tué pour sauver des humains. Pas inconscient pour autant, il les savait néfaste pour le monde. Quel genre de créature avait le droit de vivre au dépend de vies humaines ? N’étant personne pour les juger, il laissait le bénéfice du doute. Le loup aimait à croire qu’il y avait du bon en chacun. Naïf dites-vous ? Peut-être bien … Sans trop savoir pourquoi, le comportement de l’humain changeait. Milo le sentait un peu plus tendu, nerveux. C’était le tutoiement passager qui l’avait troublé ? Ou l’annonce de sa nature ? O’Conell ignorait ce qu’il était, ce qu’il pouvait être. Mais il donnait des indices plutôt criants. Un seul en vérité. Ce poison sous seringue. Qui pouvait se vanter d’en connaitre l’existence ? De pouvoir s’en procurer, et surtout savoir l’utiliser. Ce monsieur Colt n’était pas un amateur, voilà ce que Milo pouvait affirmer avec certitude. Pour le reste, il ne savait pas. Et cette ignorance lui convenait parfaitement.

Incité à se lever, le loup n’eut aucune résistance. Le dit chasseur lui demandait de le suivre, et surtout de garder le silence, sans quoi il devrait le museler. A cette menace, Milo eut un rictus, suivit d’un rire léger. Il murmurait à son unique attention. « J’avais raison, vous êtes bien susceptible. » Non, il ne le provoquait pas, il lui adressait juste un petit pique en tout … Sympathie ? On va dire ça comme ça. Bien que les débuts ne fussent pas glorieux, Milo n’avait pas de rancœur contre cet homme. Bien au contraire. Il lui était reconnaissant pour sa compréhension. Après tout, il l’avait délivré de ses entraves. Était-ce la crainte d’un massacre qui l’avait poussé à la faire ? Ou une réelle empathie pour l’animal ? L’un comme l’autre, Sasha ne pouvait qu’apprécier son geste. Mascarade parfaitement en place, Alistair remplaçait les anneaux d’argent par des menottes standards. Le genre de lien que le loup aurait pu arracher sans effort. Sans un mot, le loup suivit l’humain jusqu’à une salle très rudimentaire. Une table, des chaises, un miroir sans tain et une caméra dans l’angle de la pièce. Jamais Milo n’aurait pensé un jour visiter ce genre d’endroit. Du moins, pas en étant de ce côté de la table.

Entré, O’Conell prit place sur une chaise de l’autre côté du bureau. L’homme fermait derrière lui, vérifier l’état des caméras et prit place à son tour. Ce dernier voulait avoir sa version des faits, quant à son arrestation. Vraiment ? Il ne voulait pas plutôt mentionner ce qu’il avait ‘découvert’ ? Milo se pliait à sa volonté. « Comme vous voulez. J’ai quitté les bureaux du Times vers vingt-deux heures trente comme à mon habitude. N’ayant pas encore diner, j’allai me rendre à l’épicerie quand les quatre humains … Hommes, se sont sorti en trombe de la boutique. J’ignore s’ils sont étés chassés par le tenancier ou autre. Quoiqu’il en soit, leur bagarre s’est poursuit dans la rue et votre très amiable collègue m’a embarqué avec eux. » Pure vérité. Il n’avait pas de raison de mentir, et surtout, il ne mentait jamais. Vrai aussi ! Tout en dévoilant sa version, il observait le comportement du jeune homme. Il avait l’air fâché … Nerveux, tambourinant la table avec son crayon. A moins que ce ne soit un geste de batteur en manque de son instrument. Quoiqu’il en soit, ce tam-tam commençait à taper sur les nefs de Milo. Vint alors la seconde question. Que s’était-il passé dans la cellule. Ah ça … Quand l’homme mentionnait son contrôle, le loup ne put que sourire. « Ai-je l’air de ne pas savoir me contrôler ?  Ne vous faites pas plus bête que vous l’êtes … » Il soupirait légèrement, se penchant au-dessus de la table pour venir lui prendre le stylo des mains, mettant un terme à ce tam-tam « Stop, c’est chiant. » Il posait le crayon sur la feuille et retourner à sa place. « Ce qui s’est passé ? J’ignore ce qui se trame dans la tête des humains. Mais ils ont dû se dire que j’étais une cible facile alors ils m’ont attaqués. Je me suis défendu. C’est tout. » Il n’allait pas se laisser tabasser sous prétexte qu’il devait protéger sa nature. Il y avait une limite à tout, la sienne était ici. Très curieux, O’Conell ne le quittait pas du regard, quitte à paraitre impoli. « Je peux savoir ce qui vous rend aussi nerveux ? Certainement pas ma nature. Je suis certain de ne pas être le premier loup à croiser votre route. » Il le fixait toujours, parlant un peu plus bas pour qu’il soit le seul à pouvoir l’entendre. « Si vous consentez à garder le silence sur ce que je suis, j’en ferai de même sur ce que je crois deviner à votre sujet. » Un marché plutôt honnête.



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MessageSujet: Re: La morsure de l'argent Mer 8 Aoû - 8:24

Entre les quatre murs gris béton de la salle d’interrogatoire, il eût été difficile de déterminer avec certitude qui était l’accusé et qui posait les questions. D’un côté de la table en acier inoxydable, Milo O’Conell était parfaitement serein depuis que les menottes d’argent lui avaient été retirées, supplantées par des leurres. Il émanait de lui un calme qui n’avait rien d’insolent, mais qui témoignait de son habitude à gérer des situations sans doute trois fois plus périlleuses que celle-ci. Il avait retrouvé ses bonnes manières et un ton de voix parfaitement audible et détendu. De l’autre côté de la table, Alistair Colt se frottait l’arcade sourcilière avec le bout en plastique de son stylo, l’air sombre et rageur, le dos légèrement vouté. Ce fut à O’Conell de dire à l’autre de se calmer et d’arrêter de jouer avec ce truc. Alistair n’en prit pas ombrage, trop dépité à l’idée que le loup abuse de sa gentillesse et, tenant sur lui un semblant de moyen de pression, aille tout simplement déballer son secret à la flicaille. Ceci dit, songea Alistair, c’était sa parole contre la sienne, après tout.  
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LA MORSURE DE L'ARGENT.
Une solution d’argent dans une seringue ne signifie pas grand-chose pour quiconque n’arbore pas une luxuriante fourrure une fois pas mois. Il est vrai que tout le monde n’était pas en mesure de préparer une telle décoction, mais les chasseurs n’étaient cependant pas les seuls à le pouvoir. Il pouvait fort bien s’en être procuré pour sa propre protection, et non pour la chasse. D’ailleurs, c’était le cas. Il ne capturait pas les loups, de toute façon. Ses manières étaient un aveu de sa connaissance du monde surnaturel, pas de ses activités extra-professionnelles. En définitive, Alistair s’étonna soudain d’avoir été si vite pris de panique. Il n’avait pas perdu son humour (sa référence à la muselière en était la preuve), mais une certaine tension l’habitait tout à coup. Il n’était pas du genre à se laisser impressionner aussi facilement. Il était plutôt du genre à parfaitement maîtriser les évènements, un sourire désinvolte flanqué sur le visage. C’était assez inattendu que cet individu menotté ait pu le déstabiliser sans effort, se dit le chasseur en plissant les yeux et en inspirant un bon coup.

O’Conell s’exécuta quand Alistair l’invita à lui faire le récit des évènements de la soirée. Content d’avoir ce prétexte pour le pas le regarder en face, il prit scrupuleusement des notes sans émettre le moindre commentaire. Il mit dans un coin de son esprit le fait que l’homme travaillait au Times, ce qui était une information somme toute intéressante. Il afficha néanmoins un rictus léger en l’entendant se reprendre quand il désigna le groupuscule par le terme « humains ». Il avait donc beau arborer de bonnes manières et un style vestimentaire digne d’un magazine de mode masculine, O’Conell réfléchissait quand même en priorité comme un animal. C’était peut-être tout à fait normal au demeurant.
L’homme plaida sa cause en affirmant qu’il n’était qu’un passant sur le trottoir au moment où les flics avaient embarqué les délinquants. Enfin, les « flics »… ses collègues, devrait-il penser, se corrigea intérieurement Alistair en constatant que lui aussi subissait finalement une forme de dédoublement de personnalité. Cependant, le détenu tenait visiblement à évoquer de nouveau le fameux sujet. Il commença par dire qu’il savait fort bien se contrôler puis interrogea Alistair sur sa nervosité. L’inversion des rôles était de plus en plus évidente et commençait à énerver le chasseur.
« Ce qui m’agace c’est votre légèreté, grinça l’EFL du tac au tac, d’une voix aussi basse que celle de Milo O’Conell. Vous avez vu où on est ? La moitié des… de mes collègues ici présents seraient pour faire piquer ceux de votre espèce sans le moindre état d’âme, quand bien même ils ne l’avoueraient pas forcément à voix haute. Donc arrêtez de jouer au chiot inconscient et dites-vous que vous êtes en territoire ennemi. Vous avez quel âge, bon sang ! »
Loin d’être troublé par la révélation de la sauvagerie humaine, le détenu fixait sur Alistair un regard indéfinissable, qui avait quelque chose d’à la fois très ancien et très vivant. Alistair savait qu’il ne lui apprenait rien. Cette créature était tout à fait au courant du fait que la majorité des « humains » n’était rien d’autre qu’une bande de bêtes sanguinaires.

« Si vous consentez à garder le silence sur ce que je suis, dit-il calmement, j’en ferai de même sur ce que je crois deviner à votre sujet. »
Silence à la fois abasourdi et soulagé. Alistair se passa une main sur le visage. Ce loup avait sur lui un pouvoir incroyable. Il était à la fois trop serein et trop téméraire. Alistair, au contraire, avait toujours été tellement prudent, tellement dans le contrôle, qu’il en était aussi devenu légèrement paranoïaque. Une telle pathologie ne semblait pas avoir atteint le loup ne serait-ce qu’une minute.
« Bon, signez ici et là après avoir relu votre déposition », bougonna-t-il en faisant glisser les papiers et le stylo sur la table.
Ce n’était pas à lui de statuer sur la véracité des dires du détenu. Il allait transmettre la déposition aux policiers, qui la reliraient et décideraient de la marche à suivre, pendant que Milo O’Conell passerait son coup de fil. Mais il y avait tout lieu de penser qu’il s’en sortirait bien.
« Je n’aurais jamais rien dit à votre sujet, et je ne le ferai pas, souffla-t-il pendant qu’il signait. Mais si vous atterrissez de nouveau ici à l’avenir, je serai beaucoup moins conciliant. »
Le plus important était que, l’un comme l’autre, ils gardent le contrôle de leur nature et de leur identité. Qu’ils ne commettent pas d’imprudence.

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MessageSujet: Re: La morsure de l'argent Mer 8 Aoû - 21:59


La morsure de l’argent

Feat. Alistair Colt
A mesure du récit, Alistair prenait note sans le moindre commentaire. Il ruminait sa rage et sa frustration, le loup pouvait sentir son trouble. L’un en face de l’autre, c’était le jour et la nuit. Le loup multi-centenaire abordait un calme olympien, le dos bien droit sur sa chaise et la tête haute, il portait la fierté de sa race sans mal. Il transpirait la maitrise et la sérénité. Ce n’était pas entièrement représentatif de sa personne. Sous son visage doux et bienveillant, le loup cachait un mal être de plus en plus farouche. Il souffrait un peu plus chaque jour de son statut de solitaire. Les loups n’étaient pas faits pour vivre seuls. L’appel de la meute était puissant, le besoin d’une communauté qui laquelle se reposait aussi. Mais il en était dépourvu. Seul un loup pouvait comprendre son désarroi, il n’allait pas s’étendre dessus, et encore moins un humain aussi bienveillant soit-il. En face, le policier était loin d’être serein. Son trouble se lisait sur ses traits et dans sa gestuelle. Depuis qu’ils s’étaient isolés ici, l’humain évitait son regard, comme cherchant à fuir une vérité qu’il ne pouvait entièrement assumé. Ou pas ici en tout cas …  

Alors il se contentait juste de faire danser son stylo pour relater les faits. Sa nervosité commençait à disparaitre au fil du récit, affichant parfois des sourires en coin à ses termes. Cet homme était un véritable ascenseur émotionnel ! Un coup, il souriait. La seconde suivante, il pestait. Il se disait agacer par sa légèreté. Milo ne put retenir un rire léger. Quel était sa définition de légèreté ? Ne pas prendre les choses au sérieux ? Apparemment. Il le trouvait inconscient ? Peut-être … Le chasseur lui conseillait de se penser en territoire ennemi car ses collègues n’avaient aucune pitié pour son espèce. A sa dernière réplique, le loup affichait un sourire. Oh il connaissait la cruauté des hommes. Ce n’était qu’une créature vile et mesquine au pouvoir de destruction sans égal. En une seule courte vie, un humain pouvait causer énormément de mal, bien plus qu’un surnaturel, Milo en était certain. Aussi, il ne jugeait pas nécessaire de lui répondre. Qu’aurait-il dit sinon ? Qu’aucun humain ici présent n’avait l’oreille assez fine pour percevoir leurs messes-basses ? Que ses années de vie lui avaient appris à craindre les hommes ? Alistair ne semblait pas idiot, surement avait-il déjà tout cela.

Alors il observait un parfait silence, laissant son tortionnaire dans sa réflexion. Il semblait soulagé d’apprendre qu’il ne dirait rien à son sujet. Le rythme cardiaque de l’humain reprenait une allure stable et normale, montrant qu’il baissait en pression. En échange, Milo était prêt à lui céder un fragment de confiance. Il lui avait apporté son aide et le loup n’était pas ingrat. Glissant la déposition sur la table, l’humain lui demandait de relire et de signer. O’Conell tirait la feuille jusqu’à lui, accordant quelques regards au policier entre deux paragraphes. « J’avoue être tout de même curieux de votre personnage … Vous êtes un homme bien étrange Alistair. » Etrange, c’était le mot oui … Son humeur avait l’air plutôt versatile. Il angoissait à sa simple évocation de son titre. Et il était parfaitement susceptible. Bien qu’il aime affirmer du contraire, Milo n’en était pas convaincu. Lecture faite,  il prit le stylo pour signer le bas de la feuille. Ceci fait, il posait de nouveau les yeux sur lui, plutôt satisfait de l’accord en cours. Le policier se sentait tout de même de l’avertir. « Ma foi, sermonnez plutôt vos ‘amis’. En trois presque siècles de vie, je n’ai jamais eu le moindre procès-verbal, alors ce n’est pas aujourd’hui que je vais commencer les bêtises. » Sa vie avait été bien rempli mais jamais il n’avait été hors la loi. « Enfin … Ce n’est pas tout à fait vrai. Par quelques fois, mon pelage s’est taché du sang des vampires … J’ose espérer que cela ne vous trouble pas. » Il était suffisamment confiant pour avouer cela. S’il était ce qu’il croyait, il ne lui tiendrait pas rigueur. « Que voulez-vous … Le conflit est ancré dans nos gènes. »

Après cet interrogatoire, Milo fit reconduit à sa cellule. L’énergumène qui l’occupait ne le regardait plus, restant dans son coin à jouer avec ses doigts. Heureux les simples d’esprit … Après quelques minutes, le Journaliste eut droit à un coup de téléphone. Il hésitait …. Son choix se tournait vers Alléria, une jeune louve qu’il avait engendrée contre la maladie. Miss Quinell allait surement être casse-pieds, mais elle était la seule à être digne de sa confiance. Entre son arrivé et les procédures judiciaires, il dut se passer deux heures peut être … Ou plus, peut-être moins. On perdrait la notion du temps dans une cage !




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